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Quand Paul Ehrlich annonçait la famine mondiale… pour 1975

Paul Ehrlich famine mondiale 1975
 
Les informations sont de plus en plus anxiogènes, créant un environnement où la moyenne des consommateurs des médias se laisse persuader que seule une entente internationale dépassant les souverainetés nationales peut répondre aux malheurs qui attendent l’humanité. La grande peur du climat, de la guerre nucléaire et (quoi qu’on en dise) de la migration est quotidiennement entretenue par la presse et sur Internet, effaçant d’ailleurs la seule crainte qui vaille : la peur de perdre le salut éternel. Toutes ces peurs ne sont pas infondées mais c’est leur usage par le pouvoir qui nous intéresse ici. Pour mieux comprendre, il faut repartir en arrière : il y a exactement 50 ans, le prophète de malheur Paul Ehrlich annonçait une famine mondiale qui allait exterminer une grande part de l’humanité avant 1975. Réflexions sur une technique qui dure…
 
Paul Ehrlich était dès cette époque-là considéré comme un expert du climat. L’universitaire de Standford commençait déjà à alerter le monde sur la catastrophe inéluctable qui l’attendait du fait de l’accroissement de la population ; il était sur le point de créer son mouvement Zero Population Growth et publierait l’année suivante The Population Bomb, qui allait notamment servir de soubassement au rapport du Club de Rome réclamant une limitation de la croissance humaine considérée comme néfaste pour la planète.
 

La famine mondiale n’a pas eu lieu

 
Dans un article datant du 17 novembre 1967, le Salt Lake Tribune annonçait déjà la prophétie d’Ehrlich : « Il est déjà trop tard pour que le monde puisse éviter une longue période de famine… Paul Ehrlich a dit que le “temps des famines” est arrivé et qu’il atteindra son paroxysme destructeur d’ici à 1975. »
 
Selon le biologiste et climatologue, il fallait d’urgence remédier à cette situation où les Etats-Unis eux-mêmes étaient en proie à la surpopulation, affirmant selon le journal que « Le contrôle des naissances pourrait être mis en œuvre en le rendant involontaire, en ajoutant des agents stérilisants dans des aliments de base et dans l’eau potable, et que l’Eglise catholique devrait être mise sous pression à prouver des mesures de routine de contrôle de la population ». On était en pleine discussion sur la contraception à Rome : l’encyclique Humanae vitae serait publiée un an plus tard, heureusement sans se soumettre à la propagande malthusienne dont Ehrlich n’était que le porte-parole plus visible.
 
Ehrlich estimait que le monde compterait entre 6 et 7 milliards d’habitants en l’an 2000 au rythme de croissance d’alors – une estimation à peu près juste même si elle ne tenait pas compte de la baisse de la fécondité et de l’allongement de la durée de vie (on se porte mieux qu’il y a 50 ans presque partout) qui ont donné lieu à cette augmentation.
 

Paul Ehrlich : pas de famine mondiale en 1975, mais les catastrophes sont toujours pour bientôt

 
Ce qui compte, c’est que selon lui il serait impossible de nourrir toutes ces bouches : il allait falloir tripler la production de nourriture… « Cela peut être possible en théorie mais c’est totalement impossible en pratique », proclamait-il péremptoirement lors d’un symposium scientifique à l’université du Texas en novembre 1967. Il était « déjà trop tard » pour éviter les famines qui immanquablement allaient survenir, il ne restait plus qu’à espérer que les famines des vingt prochaines années ne provoquent pas « une guerre thermonucléaire et l’extinction de l’espèce humaine ».
 
On sait que les prédictions d’Ehrlich ont toutes failli. Non seulement la production agricole a progressé, mais il y a aujourd’hui plus de nourriture disponible par individu que pendant les années 1960 – la question de la distribution et de l’accès à la nourriture, notamment dictée par des questions politiques, étant mise à part. L’abondance est même sans précédent, largement capable de nourrir l’humanité. Vu que le gaspillage alimentaire atteint au niveau mondial un tiers de la production, il faut ajouter que les divers moyens de contrôle de la population, coercitifs ou non, ont tué une population que la terre était déjà capable de nourrir. Plus d’un milliard de petits d’homme ont ainsi perdu la vie non pour cause de famine, mais par l’action délibérée des Etats et des individus.
 
En 1967, Paul Ehrlich pensait qu’il était inutile d’essayer d’éviter les famines à venir, et qu’il fallait se concentrer sur les moyens de contrôler la population humaine par la suite.
 

Paul Ehrlich un « expert » déconsidéré mais invité au Vatican

 
Cette idée n’a pas disparu malgré les prédictions totalement fantaisistes du scientifique toujours reconnu. A l’époque, il incarnait ce mouvement malthusien qui s’est depuis lors transformé, s’imposant dans de nombreuses facultés et universités, souvent en privant de parole ceux qui n’adhèrent pas à ses thèses, à travers la théorie du « réchauffement climatique » tout aussi adepte des annonces catastrophiques. Théorie qui juge l’homme coupable du mal qui est fait non seulement à l’homme mais surtout à la Nature, de telle sorte que les plus extrêmes des environnementalistes prônent une réduction drastique de la population mondiale.
 
Le suicide de l’humanité est au moins partiellement en cours dans les nombreuses nations qui renoncent à être des « nations » dans la mesure où les naissances y sont en dessous du seuil de remplacement de la population (autochtone du moins). Les pays développés sont presque tous concernés ; certains, de l’Allemagne au Japon et de l’Italie à Singapour s’enfoncent déjà dans l’hiver démographique et même la Chine est confrontée au problème de la diminution de sa population active. Par choix, par pression antinataliste exercée à travers des lois anti familiales, par coercition pure et dure et par propagande des institutions internationales, l’enfant est largement considéré comme un mal à éviter. Le discours malthusien, qui trouve son origine dans la haine diabolique de l’homme, créé à l’image de Dieu, racheté par le Verbe incarné et destiné à la béatitude éternelle, n’a pourtant pas été discrédité par les erreurs manifestes d’Ehrlich. Toujours victorieux à vues humaines, il continue de s’imposer par la panique insufflée aux populations, habilement maniée sur le plan médiatique.
 
Il ne se passe pas de jour sans qu’on nous annonce de futurs malheurs semblables à ceux annoncés par Ehrlich en 1967. Récemment invité au Vatican dans le cadre de l’Académie pontificale des sciences, il continue lui aussi d’annoncer d’innombrables catastrophes, toute honte bue.
 

Jeanne Smits