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DRAME Petit Paysan ♠

 
Petit Paysan est un film qui entend rendre hommage au travail très noble, épuisant, vital pour la société, et ô combien méconnu, oublié, voire méprisé, des agriculteurs. Le réalisateur est lui-même, rareté sociologique extrême, un fils de paysans. Il connaît donc certainement ce métier et ce monde particulier, celui de le ruralité profonde, que l’on voit très rarement au cinéma. On ne doutera pas des excellentes intentions du réalisateur. Le problème est qu’il n’est évident du tout, au contraire, que le spectacle (car un film est un spectacle, et un film de fiction n’est pas un documentaire) soit une réussite à la hauteur des intentions affichées.
 
L’intrigue repose sur une variation de crise de la vache folle, comme il y a une vingtaine d’années. Des troupeaux entiers avaient alors été abattus à titre préventif. On a souvent négligé le drame personnel pour les éleveurs, et en particulier les petits éleveurs, attachés à leurs bêtes. L’élimination de tout un élevage est toujours la norme en France, et dans l’Union Européenne, en cas de maladie d’un animal. Ceci est appliqué aux vaches, comme, pour des exemples plus récents, aux canards ou aux moules. Le Petit Paysan élève vingt-six vaches, et un veau. Une vache tombe malade, et elle présente tous les symptômes de cette maladie. Il décide de l’abattre clandestinement, et de brûler lui-même le cadavre. C’est exactement ce qu’il n’a absolument pas le droit de faire. Sa sœur, vétérinaire responsable du secteur, s’en aperçoit évidemment. Elle devrait le dénoncer mais s’y refuse, après un débat intérieur. Mais que fera-t-il si une deuxième vache s’avère atteinte du même mal ? Il est impossible de faire disparaître des vaches des registres sanitaires, qui sont très contrôlés.
 

Petit Paysan : des scènes intéressantes qui ne parviennent pas à sauver le film

 
On comprend la tristesse du Petit Paysan, mais il agit pour le moins de manière puérile ! Est-ce crédible ? De façon générale, ce portrait du Petit Paysan, qui se veut incontestablement empathique, en devient involontairement caricatural. Ce grand jeune homme de trente-cinq ans, parfaitement sauvage, sans vie affective, sans conversation, sans guère d’amis ou les négligeant, ne s’intéresse vraiment qu’à ses vaches. La nuit, il rêve de vaches. Il soigne sa maladie de peau au désinfectant pour bovins, qui lui brûle la peau…Ce Petit Paysan paraît finalement à la limite du débile léger ; ce n’était certainement pas l’intention du réalisateur, mais c’est bien ce que peut percevoir le public, même de meilleure volonté. De nombreuses scènes de Petit Paysan présentent un caractère intéressant, quasi-documentaire, qui peut retenir l’attention mais ne parvient pas à sauver le film.
 
Nous aurions aimé vraiment dire le plus grand bien de Petit Paysan mais ce n’est, hélas, vraiment pas possible.
 

Hector JOVIEN

 
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