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Peur sur la ville : la revue “Science” nous promet un million de migrants par an d’ici 2100, à cause du changement climatique

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Alors qu’on nous promet une réduction de 88 % de la production de café d’ici 2050, des chercheurs publiés par la revue Science, l’une des deux principales revues scientifiques au monde, nous assurent que les migrants seront, eux, multipliés et de manière considérable. Et non plus à cause de conflits ou autres, mais à cause du changement climatique, cause qui doit prévaloir désormais : d’ici la fin du siècle, l’Europe en verrait arriver un million par an.
 
L’« éco-anxiété » selon le mot de Martin de la Soudière ne se raccroche plus à l’environnement mais au phénomène migratoire. De quoi nourrir une grande peur collective ad hoc. Et mettre en place rapidement d’efficaces politiques et outils internationaux.
 

Le changement climatique va créer « la plus grande crise de réfugiés au monde »

 
L’idée n’est pas neuve. Régulièrement, le sujet ressort depuis la fin des années 2000, tel une épée de Damoclès qu’on se plaît à suspendre, l’air grave, au-dessus de têtes occidentales effrayées. Le rôle du climat dans les migrations actuelles est passé de « plus que probable » à « certain » et même catastrophiquement « exponentiel » – un synonyme d’incertitude et de perte de contrôle…
 
Début novembre, des experts américains de l’armée et de la sécurité avaient déjà déclaré, dans le cadre d’une étude pour la Fondation pour la justice environnementale (EJF), que le nombre de réfugiés climatiques se compterait en dizaines de millions dans la prochaine décennie. Mais c’est la première fois que des chercheurs hasardent (le mot est même fort !) des projections en la matière.
 
Selon les deux auteurs de l’université Columbia publiés par la revue Science, le 21 décembre, le constat est que plus le thermomètre s’éloigne de 20°C – température optimale pour les récoltes agricoles – plus le nombre de candidats à l’émigration augmente. Donc dans un sens comme dans l’autre – mais « ces effets sont plus visibles en cas d’élévation de la température »… Forcément, c’est ce qui les intéresse.
 

La grande peur des invasions de migrants

 
Se basant sur l’analyse croisée, pour les années 2000-2014, de plusieurs bases de données chiffrées, ils ont élaboré deux scénarios à l’horizon 2100 : le plus favorable qui prévoit une hausse moyenne des températures de 1,8° C entraînerait un bond de 28 % des demandes annuelles d’asile dans l’Union européenne. Le pire, qui verrait une hausse de 4,8° C, les ferait augmenter de 188 %. Et tout cela indépendamment des autres facteurs politiques et économiques…
 
Or l’alarmisme est plutôt de saison : +4,8° C, c’est 0,5° C de plus que le scénario le plus sombre du très pessimiste GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur le climat) ! Et c’est ce chiffre qui a récemment été retenu par deux chercheurs de l’Institution pour la science de Carnegie à Stanford, dans un article publié le 6 décembre dans la revue Nature, l’autre revue scientifique internationale de tout premier rang.
 

« Une explosion démographique qui nous entraînerait dans un monde inconnu… »

Des dizaines et des dizaines de millions de migrants, donc… c’est quasiment certain, ça va arriver. Peu importe que la courbe des demandes d’asile en Europe ait diminué de plus de 80 % depuis deux ans. Le million, c’est ce que l’année 2015 avait vu arriver sur les canots et à travers les frontières terrestres européennes. En 2016, ce chiffre avait diminué des deux tiers et 2017 promet une nouvelle diminution de plus de 50 % par rapport à 2016, selon l’agence européenne des statistiques Eurostat.
 
Mais c’est sûr, ça va arriver. Bob Ward, de la London School of Economics and Political Science, a déclaré au Guardian que ces résultats devaient impérativement être pris au sérieux par les décideurs politiques : « Cette étude montre comment l’Europe sera touchée par l’un des impacts les plus graves du changement climatique. Des centaines de millions, voire des milliards, de personnes seront exposées à l’élévation du niveau de la mer côtière et aux changements de conditions météorologiques extrêmes qui provoqueront des migrations massives loin des endroits les plus vulnérables. »
 
Et de brandir les menaces de conflits, de guerres… en Europe, tout particulièrement, qui sera une destination privilégiée. De gloser sur les coûts énormes également, à la fois pour les réfugiés et pour leurs hôtes. L’ancien conseiller scientifique en chef du gouvernement britannique, a même évoqué, début novembre, « une menace existentielle pour notre civilisation à plus long terme ». En définitive, aucun citoyen n’échappera à cette remodélisation totale de l’Europe occidentale, telle qu’on la connaît. Et maintenant, il faut en avoir peur, alors qu’avant, il ne fallait pas !
 

« Le changement climatique n’attendra pas. Nous ne pouvons pas non plus »….

 
Pourtant lier climat et migration est tout à fait douteux sinon extrêmement présomptueux, les facteurs qui poussent les gens à fuir leur foyer étant fort nombreux. Il y a certaines réalités localisées, comme il y en a toujours eu. Mais il est absolument pernicieux d’en faire une systématisation à des horizons aussi lointains – on ne sait rien de ce que sera le climat en 2100 – pour obtenir la mise en place de politiques tenant pour acquis ces résultats avancés.
 
Il semble que tous les migrants doivent d’ores et déjà être climatiques. Et que comme ils seront très, très nombreux, qu’il faille laisser les États prendre les choses en main – à titre préventif. On parle de « mesures énergiques », de « mécanisme juridique international »… Il faut savoir que cette étude parue dans la revue Science a été lancée et largement financée par le Centre commun de recherche de l’UE.
 
« Le monde doit se préparer » disait un professeur à Berkeley, en Californie. Mais à quoi exactement ? La peur est si mauvaise conseillère…
 

Clémentine Jallais