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DRAME/DRAME HISTORIQUE Phantom thread ♥


 
Phantom thread est un drame britannique – pour le cadre – qui s’intéresse à la vie professionnelle et culturelle du grand couturier Reynolds Woodcock. Lorsque l’on n’est pas un bon connaisseur du monde de la mode dans le Londres des années 1950, on peut vraiment prendre ce personnage fictif pour un personnage réel. C’est un indice de qualité du film en général et en particulier de l’interprétation de Daniel Day-Lewis, dans le rôle principal. Vérification faite, le personnage est bien inventé pour le film, mais est inspiré de plusieurs grands couturiers de l’époque. Le titre Phantom thread peut être traduit par le « fil fantôme », métaphore pertinente dans le monde de la haute couture, et renvoie au refus du mariage par le personnage principal.
 
Reynolds Woodcock, bien que vieillissant, reste un célibataire obstiné. Professionnel très consciencieux, il se montre trop léger dans sa vie privée et ses affections. Comme un adolescent instable, il a des attachements de quelques mois au plus. Il délègue la gestion des ruptures à la sous-directrice de sa maison et sœur, Cyril Reynolds (Lesley Manville). Il règne donc dans la Maison Reynolds un dangereux mélange des genres entre vie publique – ou du moins professionnelle, mais un grand couturier est forcément aussi un personnage public – et privée. La reconstitution de l’époque est soignée, et Phantom thread est à la limite du drame historique, brossant une fresque du monde de la mode dans le Londres des années 1950, des grands couturiers aux petites mains des ateliers, en passant par la richissime, parfois aimable ou au contraire capricieuse, clientèle.
 

Phantom thread, pour les curieux de la haute couture londonienne des années 1950

 
Le film joue sur le contraste entre un Reynolds Woodcock irréprochable dans sa vie professionnelle, envers ses clients comme son personnel, et plutôt décevant dans sa vie privée. La première partie du film, qui insiste sur le contexte général, s’avère très intéressante, voire passionnante. Malheureusement le film perd de plus en plus de son intérêt lorsque finit par apparaître, et s’imposer contre toute attente, une Mme Alma Reynolds (Vicky Krieps). La belle Alma a largement l’âge d’être la fille, voire la petite-fille du couturier. La sympathie qu’elle peut éveiller chez le spectateur avec sa volonté de partager la vie d’un artiste capricieux et pas toujours aimable au quotidien est anéantie par certaines bizarreries dangereuses et injustifiables, que nous ne révélerons pas ici, et qui sentent le mauvais roman.
 
C’est regrettable car cette petite histoire, pas forcément passionnante, peu crédible, incongrue, donne l’impression de détourner de son cours logique Phantom thread. Phantom thread aurait pu être un très bon film et il ne l’est donc pas au final. Il intéressera quelque peu, malgré tout, les curieux de la haute couture londonienne des années 1950.
 

Hector JOVIEN

 
Phantom thread drame historique