Plaques à la mémoire des victimes de Staline – mais la BBC révise leur nombre à la baisse

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Staline, le « Petit Père des peuples ».


 
La BBC vient de rendre compte d’une campagne de pose de plaques commémoratives pour honorer les victimes de Staline. L’initiative Dernière adresse connue émane d’un groupe de militants inquiet de voir la popularité croissante du tyran communiste dans la Russie contemporaine. Les plaques métalliques, toutes simples, rappellent le nom, la date de naissance et la profession des victimes ainsi que les dates de leur arrestation et de leur exécution : elles sont apposées sur les domiciles ou les lieux de la mise à mort des innombrables tués. Innombrables ? Pour la BBC, ils se comptent par « centaines de milliers » – ce qui constitue déjà un révisionnisme partisan, selon le site Breitbart London. C’est par millions que les victimes de Staline se dénombrent
 
La répression politique a visé des gens de toutes conditions au temps du stalinisme. L’une des dernières plaques posées à Moscou honore la mémoire du grand-père d’une militante du mouvement : Mikhail Solonino était professeur de linguistique. Arrêté en 1935 comme « ennemi du peuple », il devait être exécuté au camp de travaux forcés de Karlag en 1937. Sa petite-fille se réjouit de voir aujourd’hui une trace visible de la vie de son grand-père : « C’est tellement important que les gens puissent lire le nom de gens qui ont été totalement engloutis par le temps. »
 

“Dernière adresse connue” honore les victimes de Staline par des plaques commémoratives

 
Si certains habitants actuels des maisons ayant abrité des victimes du stalinisme acceptent sans difficulté l’apposition des plaques, d’autres sont plus difficiles à convaincre, se plaignant de voir leur demeure transformée en cimetière ou en monument aux morts, ou expliquant qu’ils ne veulent pas que leurs enfants soient exposés à une réalité aussi morose.
 
La « Grande Terreur » stalinienne a frappé aussi bien des étudiants que des journalistes, des ouvriers d’usine que des membres du Parti communiste, des professeurs d’université et des artistes que des femmes au foyer, tous emprisonnés ou exécutés en tant qu’ennemis du peuple, « contre-révolutionnaires ».
 
Aujourd’hui le gouvernement russe semble plutôt enclin à mettre en place une nouvelle politique de commémoration des victimes du stalinisme, affirmant que la négation ou les tentatives pour excuser les actes passés ne sont « pas acceptables » – notamment en ce qui concerne Staline. Mais il est vrai que la dénonciation de Staline ne date pas d’hier et qu’elle a permis de détourner l’attention des autres horreurs du marxisme-léninisme.
 

La BBC révise le nombre de victimes du stalinisme

 
Malgré cela, les Russes considèrent de plus en plus Staline comme un « bon chef » ou un héros de guerre et les opposants qui dénoncent cet état de fait sont aujourd’hui encore qualifiés d’« ennemis du peuple » par la télévision d’Etat, selon la BBC. L’initiative « Memorial » – qui vise à honorer la mémoire des victimes du stalinisme – a été elle aussi fréquemment dénoncée comme « ennemie du peuple », bien qu’elle se cantonne à la répression stalinienne. Raison pour laquelle, d’ailleurs, Soljenitsyne avait refusé d’y participer : le communisme a tué, massacré depuis 1917…
 
L’époque stalinienne suffit cependant à bien à occuper le groupe Dernière adresse connue : avec 1.000 demandes en cours et 170 plaques déjà apposées dans le centre de Moscou, il remplit un devoir de mémoire et de vérité, fût-elle partielle. « Notre objectif n’est pas seulement de mettre des plaques sur chaque bâtiment du pays – même si cela pourrait probablement se faire. Ce qui est important, c’est de rassembler les gens autour, pour qu’ils puissent expliquer ce qui se passer à ceux qui ne savent pas, et le raconter à leurs enfants », dit Sergueï Parkhomenko, responsable du groupe.
 

Les victimes de Staline honorés – et celles du communisme ?

 
Breitbart observe pour sa part que contrairement à ce qu’affirme la BBC, le nombre de victimes, impossible à déterminer avec exactitude, dépasse largement les « centaines de milliers » même pour la seule période stalinienne. Les estimations – hors les victimes de la Seconde Guerre mondiale, quelque 20 millions – varient entre 20 millions et 60 millions, ce dernier chiffre étant celui retenu par Soljenitsyne. Le site – plutôt favorable à Israël – rappelle que cela fait dix fois plus que le nombre de victimes de la Shoah. Selon les estimations, cela fait une moyenne de 13.000 à 40.000 morts par semaine au cours des trente années de pouvoir de Staline, de 1922 à 1952.
 
Même en écartant les morts par famine organisée ou résultant de la politique communiste, le nombre de victimes de la répression politique proprement dite se chiffre à lui seul en millions.
 
A quoi s’ajoutent bien sûr les dizaines de millions de victimes supplémentaires de l’histoire de la révolution marxiste, dont Stéphane Courtois a donné une estimation sérieuse dans son Livre Noir du communisme.
 

Anne Dolhein