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Les financements russes de la Fondation Otwarty Dialog aux côtés de la nébuleuse Soros dans les manifestations contre le gouvernement de Pologne

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En Pologne, on assiste depuis deux ans à une certaine convergence d’intérêts entre l’Open Society de George Soros, les élites libérales-libertaires à Bruxelles et ailleurs dans l’UE, et le pouvoir russe. Cette convergence était très visible pendant la campagne de fake news qui a suivi la grande manifestation patriotique polonaise du 11 novembre, quand le média international de l’Etat russe Sputnik n’était pas en reste pour condamner les « fascistes » et autres « extrémistes » polonais. Cette convergence est encore visible dans les financements étrangers qui alimentent depuis l’arrivée du PiS au pouvoir, après sa victoire aux élections parlementaires d’octobre 2015, les manifestations antigouvernementales. Les médias conservateurs polonais ont dévoilé au cours de l’année écoulée, sur la base des rapports financiers publiés par les ONG, des financements venant d’Allemagne, de France, et bien sûr aussi de la nébuleuse Soros. Une équipe de blogueurs-enquêteurs polonais avait aussi publié en août, lors des manifestations contre la réforme de la justice, le détail des financements russes d’une des associations impliquées dans ces mouvements de protestation : Fundacja Otwarty Dialog (« Fondation Dialogue ouvert » – FOD).
 

Un appel diffusé en juillet avec des consignes pour renverser le gouvernement du PiS en Pologne

 
Ce rapport était une réponse à l’appel de juillet du président du conseil de la FOD, Bartosz Kramek, pour renverser le gouvernement polonais à la manière du Maïdan en Ukraine. Le 6 novembre dernier, Bartosz Kramek publiait un communiqué sur le site de la FOD pour démentir l’existence de financements russes ou d’autres liens de la FOD avec la Russie et démontrer son opposition à la politique du gouvernement de Vladimir Poutine en Ukraine (y compris au Maïdan) et ailleurs. Mais le 1er décembre, le site conservateur wPolityce.pl publiait la copie des passeports russes du frère et de la mère de la présidente de la FOD, l’Ukrainienne Lyudmyla Kozlovska, délivrés après l’annexion de la Crimée par la Russie, c’est-à-dire respectivement en juin et en avril 2014. Le site dévoile aussi que la mère de Lyudmyla Kozlovska a fait plusieurs dizaines de fois le voyage en avion de Simferopol, en Crimée, à Moscou, et de Rostov à Moscou.
 

Les principaux donateurs de cette fondation qui organise des manifestations en Pologne ont obtenu des passeports russes après l’annexion de la Crimée

 
Par ailleurs, contrairement aux dénégations de Kozlovska, son frère Petro est bien resté propriétaire de l’entreprise d’éclairage de navires Majak à Sébastopol, et il est même devenu le seul associé de cette société, à l’appui de quoi le site publie une copie d’un extrait du registre russe des sociétés datant du 9 octobre dernier. Cette société de Crimée serait un fournisseur important de la compagnie publique russe de construction navale Sevmash.
 
wPolityce s’est aussi aperçu que d’importants donateurs de la FOD avaient obtenu un passeport russe récemment. L’un de ces donateurs serait aussi directeur commercial de l’agence de Saint-Pétersbourg de la société ZSS Majak de Sébastopol. Un autre possède en Crimée une agence de gardiennage et une entreprise d’électrotechnique ainsi qu’un hôtel et un centre de loisirs. Les montants des dons de ces Ukrainiens devenus russes après l’annexion de la Crimée, tels que décrits par le site polonais sur la base des rapports financiers de la FOD, oscillent entre l’équivalent de 15.000 et 100.000 €, mais ils datent des années 2012-2014.
 

Les financements derrière les manifestations contre les conservateurs polonais ne viennent pas que de Soros

 
D’après le rapport publié en août, ces dons auraient toutefois permis à la FOD de se constituer un trésor de guerre, puisqu’ils correspondraient aux 5/6 des 6,6 millions de zlotys (env. 1,5 million d’euros) amassés à la fin 2016. Parmi les autres donateurs, on trouve la ville de Varsovie, aux mains du parti libéral PO de Donald Tusk, le conseil supérieur des avocats polonais, le ministère de la Culture et du Patrimoine national (sous le gouvernement précédent) et le Conseil de l’Europe.
 

Olivier Bault