Le Portugal envisage de nouvelles mesures de rigueur « si nécessaire »

Portugal mesures rigueur nécessaire
António Costa, Premier ministre depuis le 26 novembre 2015. « L’important, c’est l’oeillet ! »

 
Le premier ministre socialiste portugais Antonio Costa a assuré dimanche que de nouvelles mesures de rigueur seraient prises « si nécessaire », afin de respecter les objectifs budgétaires du pays. Il a ajouté espérer pour autant qu’il sera inutile d’en arriver là…
 
Bien que le Portugal continue de s’avérer enlisé dans la crise et la rigueur, le gouvernement se veut « confiant » dans la capacité du pays à atteindre ses objectifs « sans mesures supplémentaires ». Une confiance bien faible, puisque, dans la foulée d’un entretien accordé au quotidien Diario de Noticias, le premier ministre assure à rebours que, « si elles s’avèrent nécessaires, elles seront prises ».
 

Le Portugal envisage de nouvelles mesures de rigueur

 
On ne peut pas dire qu’Antonio Costa brille par sa capacité – à défaut de celles du pays… – à inspirer ladite confiance…
 
Quoi qu’il en soit, le chef du gouvernement écarte pour le moment toutes « coupes dans les salaires ou les pensions », ainsi que « des impôts supplémentaires sur le travail ou sur les biens de première nécessité ».
 
Autrement dit, les Portugais peuvent être assurés de conserver au moins le minimum vital. Voilà qui est enthousiasmant !
 
Arrivé au pouvoir au terme des élections législatives d’octobre à la faveur d’une alliance avec l’extrême-gauche parlementaire, le Parti socialiste a adopté pour 2016 un budget censé permettre d’arriver à la maîtrise des dépenses publiques, tout en favorisant l’allègement des mesures d’austérité mises en œuvre par le précédent exécutif de droite.
 
En effet, pour obtenir – comme dans tant d’autres Etats-membres de l’Union européenne – le feu vert de la Commission européenne, Lisbonne avait dû revoir à la baisse son objectif initial de déficit public, à 2,2 % du PIB, et présenter des mesures d’austérité supplémentaires évaluées à 1,1 milliard d’euros – avec notamment une série de hausses d’impôts sur les carburants, les véhicules, le tabac, l’alcool…
 
Malgré tout, la droite était arrivée en tête aux législatives de l’automne dernier, mais en perdant sa majorité, ce qui avait permis à la coalition de gauche de s’arroger l’exécutif.
 

« Si nécessaire » ? Mais c’est nécessaire, déclare le FMI…

 
Alors même que son discours de campagne critiquait la propension à la rigueur de ses adversaires de droite, le gouvernement socialiste se voit aujourd’hui contraint, pour demeurer dans les limites du pacte de stabilité, non seulement de ne pas revenir, comme annoncé à grand renfort de promesses, sur la rigueur mise en place par le précédent exécutif, mais peut-être même de prendre de nouvelles mesures en ce sens, avant que la Commission européenne n’examine à nouveau son budget le mois prochain.
 
On comprend mieux le propos quelque peu embarrassé de l’ancien maire de Lisbonne Antonio Costa tout au long de l’entretien accordé au Diario de Noticias
 
D’autant que le FMI vient de lui donner la marche à suivre, estimant que, sans mesures supplémentaires, le déficit public atteindrait 2,9 % du PIB en 2016. Il appelle donc le gouvernement portugais, entre autres mesures, à revenir sur l’allègement de la surtaxe sur les salaires, et à étaler dans le temps la suppression de coupes dans les revenus des fonctionnaires.
 
En définitive, la rigueur de gauche n’a rien à envier à la rigueur de droite. Bien au contraire…
 

François le Luc