Poutine contre Lénine, l’homme qui a fait « exploser » la Russie… en 1991  

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Vladimir Lénine, mort en 1924 est toujours vénéré par beaucoup de Russes.


 
Le président russe Vladimir Poutine a jugé jeudi que le dirigeant soviétique Vladimir Lénine, mort en 1924, et qui demeure malgré tout une icône en Russie, était responsable d’avoir fait, par ses idées, « exploser » la Russie. Mais en 1991…
 
« Il faut que les idées aboutissent à de bons résultats, et non pas l’inverse comme cela a été le cas avec Vladimir Ilitch », c’est-à-dire Lénine, a déclaré Vladimir Poutine, lors d’une réunion du conseil présidentiel sur les sciences et l’éducation. Car ce sont les idées de Lénine qui « ont finalement abouti à la chute de l’Union soviétique » en 1991, a-t-il déclaré.
 

Lénine, l’homme qui a fait « exploser » la Russie… en 1991

 
Afin de préciser sa pensée, le président russe a ajouté : « On a déposé une bombe sous l’immeuble appelé la Russie et elle a explosé ensuite. »
 
L’explication n’a sans doute pas suffit, puisqu’un porte-parole du Kremlin a, un peu plus tard, tenté de minimiser la portée des propos présidentiels. « Le président n’a fait que dire son point de vue, a ainsi déclaré Dmitri Peskov. (…) Chaque personne, y compris le président, a le droit d’avoir son attitude envers le rôle de telle ou telle personnalité dans l’histoire. »
 
Mais, a ajouté le porte-parole, pour l’heure, un éventuel enterrement de Lénine, dont le corps embaumé repose toujours actuellement dans son mausolée de la place Rouge, à quelques mètres de la tombe de Staline, « n’est pas à l’ordre du jour »…
 
Il est vrai que la popularité du fondateur de la Russie soviétique semble aujourd’hui bien plus grande que celle de son successeur, et que son enterrement ne peut signifier qu’un acte politique, visant à l’éloigner du cœur de Moscou.
 

Poutine, contre Lénine, tourne-t-il la page d’une Russie révolue ?

 
Cette idée semble néanmoins présente dans la réflexion de Vladimir Poutine, qui a peut-être lancé un ballon d’essai pour tester les réactions de ses compatriotes, mais aussi de ses proches. Au lendemain d’autres considérations sur Staline, il ne s’agit sans doute pas d’un simple hasard.
 
On notera d’ailleurs, et cela vient préciser la réflexion politique d’un Vladimir Poutine qui ne semble pas renier la Russie soviétique en tant que telle, que le président russe accuse son prédécesseur d’avoir, par ses idées, fait exploser la Russie soviétique. Il ne lui reproche nullement, comme cela apparaîtrait plus logique, d’avoir fait exploser la Russie tsariste.
 
En définitive, on peut se demander si Vladimir Poutine ne cherche pas à fermer une parenthèse. Il y a eu la Russie du Tsar ; il y a eu la Russie soviétique. Il y a la Russie de Poutine…
 

François le Luc