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Royaume-Uni : 4 milliards de livres sterling de prestations sociales versées en un an aux immigrés de l’UE et de l’EEE

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Au Royaume-Uni, un rapport vient apporter une nouvelle contribution au débat sur le traitement qu’il faudra réserver après le Brexit aux citoyens de l’Espace économique européen (EEE), c’est-à-dire des pays de l’UE ainsi que d’Islande, de Norvège et du Liechtenstein. Ce traitement dépendra bien entendu de l’issue des négociations entre Londres et Bruxelles, mais il pourra être utile aux négociateurs britanniques de savoir que pour la seule année 2013-2014, les immigrés provenant des pays de l’EEE ont perçu pour 4 milliards de livres sterling de prestations sociales. C’est bien entendu sans compter le coût des immigrés en provenance d’autres pays du monde.
 

Un rapport utile pour les négociations avec l’UE sur les modalités du Brexit

 
Pour arriver à ce chiffre de 4 milliards, l’ancien leader du Parti conservateur et ancien ministre du Travail et des Pensions Iain Duncan Smith a compilé les informations des « Recettes et Douanes de Sa Majesté » (HMRC – l’administration responsable de la collecte des taxes et cotisations de sécurité sociale), du ministère du Travail et des Pensions, ainsi que du groupe de réflexion Migration Watch UK.
 
Le chiffre de 4 milliards de livres sterling avancé par M. Duncan Smith comprend 714 millions d’allocations familiales. Les immigrés originaires de dix pays européens, principalement de l’ex-Europe de l’Est, se voient rembourser plus de 20 % de leurs impôts sur le revenu et de leurs cotisations sociales sous forme de crédits d’impôts et d’allocations familiales, contre une moyenne de 16 % pour l’ensemble du Royaume-Uni.
 
Le Telegraph cite toutefois une étude de 2016 de l’University College de Londres selon laquelle les immigrants arrivés au Royaume-Uni après 2000 auraient contribué aux finances publiques à concurrence de 1,34 £ pour chaque livre sterling perçue sur les fonds publics.
 

Les contraintes exercées par les travailleurs de l’EEE sur les services publics au Royaume-Uni avaient servi d’argument aux partisans du Brexit.

 
Une étude paneuropéenne d’IPSOS de juillet 2017 plaçait néanmoins les Britanniques en deuxième position derrière les Italiens en termes de réticences face au poids que l’immigration fait peser sur les services publics. Iain Duncan Smith propose donc d’étendre après le Brexit aux citoyens des pays de l’EEE le système existant de permis de travail pour les personnes non originaires de l’EEE. Il suggère aussi d’exiger des Européens souhaitant travailler au Royaume-Uni qu’ils aient déjà trouvé un employeur avant de venir. Le rapport insiste encore sur la nécessité de priver les nouveaux arrivants de tout accès aux prestations sociales pendant une durée déterminée, car « trop de travailleurs étrangers acceptent un emploi alors que leur seul revenu [au titre de cet emploi] ne saurait subvenir à leurs besoins au Royaume-Uni ».
 

Au Royaume-Uni, la question des prestations sociales versées aux immigrés n’est pas un sujet tabou !

 
Outre le poids sur les prestations sociales et les services publics d’une immigration trop importante, y compris en provenance d’autres pays européens, Migration Watch s’inquiète, dans le message de son président et de son vice-président publié sur son site, du simple fait que, au rythme actuel, le Royaume-Uni comptera dix millions d’habitants en plus dans 25 ans, et que 82 % de cette population supplémentaire sera issue de l’immigration.
 
On notera au passage qu’au Royaume-Uni un rapport officiel peut se servir des données d’un think-tank affirmant haut et fort que « le volume actuel d’immigration est tout simplement insoutenable ». Outre-Manche, il est possible d’énoncer cette évidence sans se faire immédiatement classer à l’extrême droite et mettre à l’index !
 
Le rapport d’Iain Duncan Smith a été transmis à Theresa May et à Amber Rudd, ministre de l’Intérieur, pour nourrir la réflexion du gouvernement de Sa Majesté.
 

Olivier Bault