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Persécution des catholiques fidèles en Chine communiste : un prêtre chassé de sa paroisse et de son ministère

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Le P. Ding Zhanmin, curé d’une paroisse rurale pauvre en Mongolie intérieure, ne célébrera plus la messe pour ses fidèles. L’église de Beishaliang, de l’archidiocèse de Hohot, n’a plus de prêtre. Chassé par le pouvoir communiste de Chine, il a été contraint de quitter son ministère et de retourner aux champs comme paysan à Xilin Gol, pour avoir refusé d’adhérer à l’Association patriotique par laquelle l’Eglise nationale de Chine est placée sous contrôle du Parti. On lui a pourtant promis de l’argent et des aides, s’il se soumettait. Le P. Ding a tenu bon, jugeant qu’il n’avait pas le droit de sortir de l’Eglise clandestine fidèle à Rome, préférant subir la persécution dont celle-ci fait l’objet.
 
L’information, rapportée par AsiaNews, est particulièrement douloureuse, puisqu’il apparaît que les autorités communistes de Mongolie intérieure ont tenté de convaincre le prêtre en brandissant l’argument des négociations en cours et du probable accord entre le Saint-Siège et Pékin. On sait que plusieurs évêques de l’Eglise clandestine ont été sommés de quitter leurs diocèses pour les remettre à des évêques de l’Eglise patriotique sacrés sans l’accord de Rome et de ce fait excommuniés. Le cardinal Zen de Hong Kong a tout dit de cet abandon des catholiques fidèles à Rome, et que Rome renvoie sous l’autorité de leurs persécuteurs.
 

La Chine communiste chasse un prêtre fidèle à Rome : le Saint-Siège ne négocie-t-il pas avec Pékin ?

 
L’expulsion du P. Ding Zhanmin s’est faite le jour de la Saint-Joseph, le 19 mars dernier, sous la conduite des fonctionnaires du Bureau des affaires religieuses de Baotou. C’était au terme de plusieurs discussions avec le prêtre au cours desquelles les autorités communistes l’avaient tour à tour menacé et tenté de corrompre, en lui promettant des sommes d’argent et d’autres avantages pour sa paroisse s’il consentait à adhérer à l’Association patriotique dont l’objectif réel est de parachever l’édification d’une Eglise « indépendante ».
 
Indépendance par rapport à l’autorité du pape, bien sûr, présentée comme une forme d’ingérence étrangère : voilà qui s’inscrit pleinement dans le programme de « sinisation » mis sur pied par Xi Jinping qui resserre de plus en plus les mailles du contrôle communiste en Chine.
 
La promesse d’argent avait la capacité de séduire ce prêtre d’une communauté rurale des plus pauvres, puisque les curés de l’Eglise souterraine dépendent entièrement de la charité des fidèles pour leur subsistance. Des fidèles qui, certainement, donnent de leur nécessaire pour permettre à leurs pasteurs spirituels de vivre.
 

Privé de sa paroisse et de tout ministère, un prêtre victime de la persécution des catholiques fidèles

 
AsiaNews cite un fidèle qui raconte le courage du P. Ding : « Le P. Ding est resté fidèle à sa conscience et aux principes mûris au sein de l’Eglise non officielle tout au long des années. A la fin, il n’eut pas d’autre choix que de perdre sa paroisse et de retourner au travail des champs. »
 
Sa paroisse doit passer ces jours-ci entre les mains de prêtres de la communauté officielle, adhérant à l’association patriotique, qui célébreront le Triduum pascal. « Les fidèles sont inconsolables, ils sont dans la confusion. Je crois que la plupart d’entre eux refusera de suivre ce nouveau chemin imposé par le gouvernement », explique une source restée anonyme.
 
Ce sont des personnes proches du P. Ding qui affirment que les autorités communistes ont tenté de le convaincre en soulignant que « le Saint-Siège lui aussi avait accepté de s’engager dans cette direction » dans le contexte de rumeurs affirmant que désormais, grâce au « dialogue » entre la Chine et le Saint-Siège, l’appartenance à l’association patriotique ne pose plus aucun problème. Alors que de nombreux prêtres de l’Eglise souterraine posent des questions à ce sujet à Rome, aucune réponse n’est venue.
 
L’éviction du P. Ding n’est jamais que la mise en application des nouvelles normes régissant les activités religieuses publiées le 1er février dernier : elles prévoit arrestations, amendes et expropriations pour les communautés clandestines.
 

Anne Dolhein