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DRAME HISTORIQUE La promesse de l’aube ♥♥

 
La promesse de l’aube est l’adaptation ambitieuse, et qui se veut exhaustive dans la substance et fidèle dans l’esprit, de l’œuvre autobiographique majeure du célèbre écrivain Romain Gary. Le film se développe sur le modèle du drame historique. Aussi le spectateur voyage-t-il beaucoup dans le temps et l’espace avec le héros, le personnage-miroir du romancier Romain Gary, et sa mère, de la Pologne des années 1920 à la France des années 1930-1940. Les aventures du héros comprennent aussi une participation à la lutte de la France-Libre dès l’été 1940 à Londres, puis en Afrique, et de nouveau en Angleterre, et enfin aux épisodes de la Libération de la France à l’été et l’automne 1944.
 

Un grand récit baroque fidèle à l’ambition du romancier

 
Il est très difficile de démêler la part du romancé des souvenirs fidèles. Quant aux souvenirs de l’enfance, ils peuvent être à la fois fidèles et erronés. Le film, tout en parcourant tous ces événements historiques grâce à une reconstitution soignée, ne perd pas le duo central tout au long de son cheminement. Le film traite de la relation particulièrement développée et extrêmement affectueuse, entre une mère juive célibataire – interprétée avec conviction par Charlotte Gainsbourg -, ancienne actrice du temps de la Russie des Tsars, reconvertie en modiste puis hôtelière, et son fils. Cette mère a eu des ambitions immenses, et pour tout dire plus ou moins folles pour son fils. Le plus étonnant est qu’il a exécuté l’essentiel de ce programme maternel, en devenant un grand écrivain d’expression française, et beaucoup d’autres choses. Le film comporte un grand intérêt sinon vraiment sur le plan de l’Histoire véritable, brute, du moins de l’Histoire des mentalités. Cette mère juive russo-polonaise a été possédée par un étonnant amour de la France, de la langue et de la culture françaises ; et tout ceci a été transmis à son fils Romain Gary. Les multiples voyages du héros rappellent aussi un temps hélas totalement disparu, où de la Pologne des années 1920 au Mexique des années 1960, tous les personnages cultivés, des bourgeois de Wilno – alors polonaise et aujourd’hui capitale de la Lituanie sous le nom de Vilnius – à un médecin mexicain à Mexico, s’expriment évidemment très correctement en français.
 
La promesse de l’aube devrait ravir les admirateurs de Romain Gary. Pour les autres, il reste une œuvre de piété filiale à la fois démesurée et sympathique. On déplorera par contre la complaisance au sujet des nombreuses débauches de Romain Gary jeune, dans les années 1930-40, qui ne rendent le film visible, et c’est très dommage, que pour des adultes avertis. On s’en serait vraiment très volontiers passé.
 
Il reste quand même un grand récit baroque fidèle à l’ambition du romancier.
 

Hector JOVIEN