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Les recherches de Google sont favorables à Hillary Clinton : la preuve par l’expérience

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Dans un rapport publié par le média d’Etat russe Sputnik News, le psychologue Robert Epstein affirme que Google manipule les résultats de recherche relatifs à Hillary Clinton, ce qui peut selon lui faire basculer au moins 3 millions de suffrages lors de la prochaine élection présidentielle américaine. Son expérience jette un pavé dans la mare, au milieu d’enjeux énormes. Début 2016, Google représentait 64 % des recherches des internautes américains, contre 21 % pour Bing (Microsoft) et 12 % pour Yahoo.
 
En juin déjà, Matt Lieberman, de Sourcefed, avait publié une vidéo qui affirmait que les résultats du moteur de recherche Google faisaient montre d’un parti pris favorable à Mme Clinton. La vidéo est vite devenue virale, et sa version abrégée a été vue plus de 25 millions de fois sur Facebook.
 

Google suggère peu de mots de recherches qui ne soient pas favorables à Hillary Clinton

 
A son tour, Epstein a commencé à faire des recherches sur le sujet avec ses collègues de l’Institut américain de recherche sur les comportements (AIBRT). En attendant d’achever leurs recherches, ils estiment qu’en l’état celles-ci « confortent en général » la thèse de la vidéo de Matt Lieberman.
 
Epstein et ses collègues ont testé sur Google des centaines de différents mots clefs liés aux élections, en utilisant les moteurs de recherche de Yahoo et de Bing comme témoins. Chaque recherche a aussi été conduite via des proxys comme Tor, afin de rendre plus difficile pour Google l’identification des chercheurs et l’adaptation personnalisée des résultats de la recherche.
 
« Il est quelque peu difficile d’obtenir que la barre de recherche Google suggère des mots clefs négatifs concernant Mme Clinton, ou d’obtenir des suggestions de recherches liées à Mme Cinton quand on tape un terme de recherche négatif », affirme ce rapport : « En revanche Bing et Yahoo affichent volontiers un certain nombre de suggestions négatives pour les mêmes termes recherchés. Bing et Yahoo semblent nous montrer ce que les gens cherchent effectivement, Google nous montre autre chose – mais quoi et dans quel objectif ? »
 
Les chercheurs ont observé le même phénomène dans Google Trends : même lorsque des termes sont populaires dans ce cadre, ils ne sont pas affichés ce qui semble indiquer qu’ils sont délibérément écartés. A l’inverse, les termes positifs apparaissent même lorsqu’ils ne sont pas populaires.
 

Google penche du côté de Hillary – cela pèsera en sa faveur à l’heure du vote

 
Selon Epstein, Google a une explication : sa barre de recherche serait programmée pour « éviter des recherches présentant des personnes sous un jour défavorable ». Mais c’est faux, dit-il : « Google supprime les suggestions négatives de manière délibérée, et non en général. Il est facile de faire des recherches négatives sur des personnes célèbres, comme l’adversaire de Clinton. » Les captures d’écran de ses recherches montrent clairement un manque de résultats négatifs pour Clinton, alors qu’ils abondent pour son rival Donald Trump.
 
Epstein estime que ces suggestions de recherche vont avoir un effet imporant sur l’élection elle-même, en exposant « de façon répétitive des millions de personnes à des résultats de recherche baucoup plus positifs pour un candidat plutôt que pour l’autre ». Il invoque des recherches connexes montrant que les résultats arrivant en tête de recherche et qui favorisent un candidat, peuvent aisément modifier le vote de 20 % ou plus des indécis en faveur de celui-ci – une proportion qui peut atteindre 80 % dans certains groupes sociaux, dans la mesure où ils jugent « impartiaux » des résultats engendrés par un ordinateur.
 
Se pose la question du pourquoi : pourquoi Google fait tant pour mettre au second plan les suggestions de recherche et les résultats défavorables à Hillary Clinton.
 

Le parti pris de Google pour Hillary est légal, mais prive de sens la démocratie

 
« Faute de lanceurs d’alerte ou de perquisitions judiciaires, personne ne peut prouver que les dirigeants de Google utilisent des manipulations digitales pour influencer les élections. Il n’y a rien d’illégal à manipuler les gens par le biais de suggestions de recherche et des classements des recherches – bien au contraire, en réalité – et une entreprise a tout intérêt, y compris financier, à utiliser tous les moyens légaux à sa disposition pour soutenir son candidat préféré », note le chercheur.
 
Epstein ajoute qu’il soutient lui-même Hillary Clinton, mais il conclut ne serait pas « juste qu’elle gagne la présidentielle grâce à des manipulations invisibles et à grande échelle d’une compagnie privée. Cela priverait la démocratie de sens ».
 

Louis Moulin