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PEPLUM La Résurrection du Christ ♠


 
La Résurrection du Christ essaie de s’inscrire dans le genre pratiquement disparu du péplum, à la mode il y a plus de soixante ou soixante-dix ans. Un péplum est un film à grand spectacle dont l’action se déroule dans l’Antiquité égyptienne, proche-orientale, ou gréco-romaine. Ce film se rattache au sous-genre spécifique du péplum chrétien. Il propose, suivant un modèle courant des romans historiques, qui peuvent être chrétiens à l’image du modèle du genre Quo Vadis ?, d’aborder la grande Histoire à travers la petite, celle d’un personnage fictif, qui se mêle aux personnages réels.
 
Ce personnage inventé qui se retrouve au cœur de l’Histoire Sainte est le tribun Clavius, bras droit du gouverneur de Judée Ponce Pilate. Il réprime des bandes armées de zélotes insurgés en Palestine romaine, en 33. Puis, il est convoqué pour organiser la garde de trois crucifiés, dont Jésus le Nazaréen. Après quoi, il doit placer des sentinelles autour du tombeau. Or, le troisième jour, la pierre est brisée, et le tombeau est vide. Ponce Pilate le charge de mener l’enquête : où a donc été caché le corps de Jésus ? Il ne le retrouve évidemment pas dans le délai fixé. Alors, il présente en désespoir de cause au gouverneur, pas dupe, un cadavre quelconque de crucifié, de toute façon plus vraiment reconnaissable après quelques jours de décomposition. Enfin, se produit l’impossible, pour un Romain oscillant entre superstitions polythéistes et scepticisme rationaliste, attitude effectivement historiquement crédible : il rencontre au milieu des disciples, recherchés, Jésus-Christ ressuscité. Le tribun qui l’avait vu sur la croix le reconnaît parfaitement. Alors, il abandonne tout, et décide de comprendre, en suivant un temps les disciples.
 

La Résurrection du Christ cumule les dénis protestants

 
On ne doutera pas des intentions chrétiennes du réalisateur, ou des principaux acteurs. Mais les meilleures intentions ne font pas forcément un bon film. La reconstitution de l’époque, pas complètement ridicule, sent parfois l’approximatif. On ne fera pas ici la liste des erreurs manifestes ou probables, des bâtiments à la flore, en passant par certains costumes. Le film n’est pas trop long, ni ennuyeux, du moins à notre sens. Parfois, le chrétien est ému par certaines images ou scènes touchantes ; cela n’est pourtant pas hélas le cas sur l’essentiel du film.
 
De façon générale la Résurrection du Christ propose un point de vue très protestant sur la période entre Crucifixion et Ascension. Cette approche réformée implique de considérer qu’il n’y aurait pas vraiment d’Eglise, du moins au sens catholique ; la communauté chrétienne relèverait d’une libre association de croyants, sans hiérarchie. Il n’y aurait pas de messe, simplement un repas commémoratif, centré sur une bénédiction du pain. Le Christ du film n’enseigne guère. Il se comporte surtout en ami bienveillant, qui prononce des paroles aimables et brèves pour tous.
 
La Résurrection du Christ relève pleinement d’un certain protestantisme évangélique contemporain, avec sa religion sans dogmes ni structures ecclésiales stables, où Dieu parlerait directement au fidèle.
 

Hector Jovien

 
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