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COMEDIE Le retour du héros ♥


 
Le retour du héros est une comédie française et, chose exceptionnelle, elle réussit à remplir l’ambition première de ce type de film : elle peut faire rire, ou du moins sourire. En 1809, un officier français de cavalerie, M. de Neuville (Jean Dujardin), est obligé de se séparer de sa fiancée, Pauline, qui vit dans le château de ses parents en Bourgogne, afin de rejoindre l’armée française, en lutte contre l’Autriche. Cette campagne de 1809 est réputée pour sa dureté, avec des combats terribles autour de Vienne à l’été, se concluant sur la difficile victoire de Wagram, acquise au prix de pertes énormes dans les deux camps. L’officier avait promis d’écrire tous les jours à sa fiancée. Or, à son grand désespoir, aucune lettre ne lui parvient. Elle en perd la santé. Aussi sa sœur Elisabeth (Mélanie Laurent) décide-t-elle de lui écrire de fausses lettres venant de son fiancé, des épîtres marquées par l’amour le plus vif et un sens du récit des hauts faits militaires. Cet officier disparu vit donc des aventures fictives palpitantes jusqu’aux Indes. Puis, lassée des enthousiasmes de sa sœur pour son héros imaginaire, l’auteur en finit par le faire mourir, comme il se doit après un dernier billet particulièrement héroïque…
 

Le retour du héros distrait et amuse mais montre trop de complaisance envers les escrocs et déserteurs

 
La fiancée finit donc par faire son deuil, et épouser un voisin. Or voici qu’en 1812 a lieu le très inattendu Retour du héros. M. de Neuville est réduit à l’état de clochard, sale, repoussant, grossier ; loin d’avoir été un héros de guerre, il a au contraire lamentablement déserté. Aussi l’écrivain fait-il tout pour l’éloigner, lui donne même de l’argent afin de payer son départ. Mais avec cet argent, il décide au contraire de revenir par la grande porte, propre, poli… Il essaie de se glisser dans les traces de son double imaginaire et chose incroyable y parvient. Il devient la coqueluche des élites locales, chéri des dames ; et les messieurs veulent investir dans ses mines de diamants aux Indes, évidemment totalement imaginaires. Peu honnête, le faux-héros accepte l’argent et met en place une pyramide de Ponzi : l’argent reçu des derniers investisseurs sert à financer les bénéfices versés aux premiers. Par définition ce montage mensonger ne peut que finir par s’effondrer. Enfin le faux-héros réussit à séduire l’auteur de ses aventures imaginaires. Mais il finit rattrapé par la guerre, celle de 1812. Signalons seulement une aberration à ce propos : elle se déroule en 1812 en Russie, et non en France ; les Cosaques n’envahissent la Bourgogne qu’en 1814.
 
Le retour du héros distrait, amuse. L’acteur-vedette Jean Dujardin est en bonne forme. Malheureusement, la morale du film, sur le plan de l’éthique financière comme du devoir militaire, nous a paru beaucoup trop complaisante envers les escrocs et déserteurs.
 

Hector JOVIEN

 
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