Salah Abdeslam préparait une « action » depuis Bruxelles

Salah Abdeslam action Bruxelles

Le ministre belge des Affaires étrangères, Didier Reynders.


 
Depuis son arrestation vendredi dernier, Salah Abdeslam parle aux enquêteurs et à la justice belges. De ces propos il ressort, selon une déclaration faite dimanche par le ministre belge des Affaires étrangères, Didier Reynders, que le terroriste islamiste préparait une « action » depuis Bruxelles.
 
Le chef de la diplomatie belge, qui s’exprimait dimanche à l’occasion d’une conférence à Bruxelles, a affirmé que Salah Abdeslam, qui semble vouloir coopérer avec la justice belge, « était prêt à recommencer quelque chose depuis Bruxelles ». Didier Reynders a estimé que cela était vraisemblable : « C’est sans doute la réalité, car nous avons trouvé beaucoup d’armes lourdes durant nos investigations, et nous avons vu un nouveau réseau graviter autour de lui à Bruxelles. » Et le ministre de préciser que les enquêteurs belges et français avaient trouvé plus de trente personnes impliquées dans les attaques de Paris.
 

Salah Abdeslam préparait « quelque chose » depuis Bruxelles

 
De fait, Salah Abdeslam a été inculpé de « participation à des meurtres terroristes et participation aux activités d’un groupe terroriste », et incarcéré dans une prison de haute sécurité à Bruges.
 
Il faut être cependant prudent quant aux propos tenus par le terroriste du 13 novembre. Il va de soi que, s’il parle effectivement à la justice belge, il ne dit que ce qu’il veut bien dire. La découverte d’armes dans le milieu d’un homme qui fait profession de monter des attentats n’a rien que de très logique, comme de lui trouver des complicités.
 
Il va de soi que Salah Abdeslam ait été dans la disposition d’esprit de recommencer ses actions terroristes. Cela dit, le « quelque chose » évoqué dans le discours ministériel n’a rien de très précis. Et l’on peut se demander si Salah Abdeslam n’accrédite pas l’idée, facile et logique, d’un prochain attentat à partir de Bruxelles afin d’être retenu le plus longtemps possible par la justice belge, et retarder, autant que faire se peut, un transfert en France qu’il sait ne pas pouvoir, à terme, éviter.
 

L’action juridique contre la France

 
Autre manœuvre manifeste en ce sens. Après que le procureur de Paris, François Molins, a déclaré que, selon ce qu’il avait dit aux enquêteurs, Salah Abdeslam « voulait se faire exploser au Stade de France », mais qu’il avait « fait machine arrière », l’avocat du terroriste, Me Sven Mary, a annoncé son intention de porter plainte contre lui, l’accusant de violation du secret de l’instruction : « C’est une faute, et je ne peux pas la laisser passer. »
 
« Je ne vois pas en quoi un procureur de la République doit, dans le cadre d’une instruction belge à ce stade-ci, communiquer », a-t-il ajouté.
 
Il est évidemment de l’intérêt de Salah Abdeslam, après avoir amené la justice belge à s’intéresser à lui sur des hypothèses, de s’opposer à la justice française. La encore, il joue la montre…
 
La prochaine comparution de Salah Abdeslam aura lieu mercredi prochain.
 

François le Luc