fbpx

Une psychothérapeute pour enfants accuse les smartphones d’affaiblir la santé mentale des jeunes

smartphones sante mentale enfants jeunes Julie Lynn Evans
 
La Britannique Julie Lynn Evans est une psychothérapeute pour enfants depuis 25 ans. Elle travaille dans les hôpitaux, les écoles et auprès des familles. Et elle n’a jamais été aussi débordée que ces dernières années. « Dans les années 1990, j’avais une ou deux tentatives de suicide par an – principalement des adolescentes qui avaient avalé une dose excessive de médicaments, rien de très nouveau. Maintenant, j’en ai quatre par mois », confie Julie Lynn Evans. Elle précise que ce n’est pas à cause de sa réputation ou de ses livres : tous ses confrères sont confrontés à la détérioration inquiétante de la santé mentale des enfants et des jeunes adultes.
 
« Il y a eu une explosion du nombre de troubles de la santé mentale chez les jeunes » : son constat est aussi celui de ses confrères. Si les différents candidats britanniques aux prochaines élections ont tous promis d’augmenter les fonds alloués aux services qui ont à connaître de ce problème, Julie Lynn Evans reste sceptique. Pour elle, la solution n’est pas là.
 

Explosion du nombre de troubles de santé mentale chez les enfants depuis l’apparition du Smartphone

 
L’explosion du nombre de jeunes désespérés correspond à un moment précis : elle date de 2010. « J’ai vu mon travail augmenter de manière folle, comme tous ceux avec qui je travaille. Soudain, tout est devenu beaucoup plus dangereux, beaucoup plus immédiat, beaucoup plus douloureux. »
 
Les chiffres lui donnent raison : le nombre d’admissions d’enfants dans les services psychiatriques a doublé en quatre ans, tandis que le nombre de jeunes adultes hospitalisés pour automutilation a augmenté de 70% ces dix dernières années !
 
Le point commun de tous ces jeunes ou enfants désespérés ? « Cela a toujours un lien avec l’ordinateur, internet ou leur smartphone », répond Julie Lynn Evans qui insiste : « C’est une vue simpliste, mais je pense que l’omniprésence du haut débit et des smartphones a pesé sur la fréquence et la gravité de la maladie mentale chez les jeunes ».
 

Les smartphones exposent à la pornographie, et projettent les enfants dans un monde virtuel

 
Avec ces smartphones, les enfants ont accès à internet tout le temps et partout, sans restriction.
 
« Il existe des forums de discussions, des sites nuisibles, d’autres sur l’anorexie ou la pornographie et un monde invisible de sites très sombres. Dans la vie réelle, nous voyageons aux côtés de nos enfants. Quand ils sont connectés via leurs smartphones, ils voyagent la plupart du temps seuls », explique cette psychothérapeute pour enfants.
 
Elle raconte une discussion récente avec l’un de ses patients : un enfant de 12 ans qui se rendait régulièrement sur un forum de discussion sur lequel un homme se masturbait en direct devant plusieurs enfants… Ces derniers pensent alors « que c’est ça, le sexe et cela les laisse vraiment désespérés » raconte Julie Lynn Evans.
 
Outre l’exposition à des sites objectivement dangereux pour ces enfants, les smartphones posent également la question d’une exposition trop longue à des mondes virtuels, tout aussi dangereuse pour la santé mentale des enfants : « Cela ne leur permet pas de prendre du temps pour réfléchir ou pour apprendre des conséquences de leurs actions  , s’inquiète la psychothérapeute.
 

Pour Julie Lynn Evans, les smartphones minent l’intelligence des enfants et des jeunes adultes

 
Mais Julie Lynn Evans pointe également l’addiction aux smartphones des parents : les enfants ont besoin d’amour, d’attention et de temps passé avec leurs parents, insiste-t-elle.
 
Si elle parle, c’est parce qu’elle pense que le problème peut encore être pris à bras le corps, en protégeant les enfants des horreurs que recèle internet : « Cela mine les cerveaux de nos enfants. Ils n’ont plus le temps de profiter des bonnes choses de la vie – la bonté, l’acceptation, la conversation, le face à face, la nature ou la nourriture », dénonce-t-elle. Et pour Julie Lynn Evans, ramener ces enfants à la vie n’est pas d’abord une question d’argent.