Sondage : la stratégie du Royaume-Uni contre la radicalisation jugée inefficace par 96 % des Britanniques

Sondage stratégie Royaume Uni radicalisation inefficace
 
Quatre sur cent… C’est par hasard, sans doute, et malgré d’impérieuses raisons de penser le contraire, qu’une toute petite minorité de Britanniques affirme encore faire confiance au gouvernement de Sa Gracieuse Majesté pour empêcher la radicalisation de musulmans sur le sol du Royaume-Uni. Selon un sondage BMG publié samedi dernier par le Daily Mail, pas moins de 96 % des interrogés estiment « inefficace » l’opération « Prevent Strategy » dévoilée en juin 2011.
 
« Prevent Strategy » est censé répondre au « défi idéologique du terrorisme » et à la menace de ceux qui en font la promotion. Son objectif officiel était également « d’empêcher que des personnes soient embrigadées dans le terrorisme et assurer qu’elles reçoivent conseil et soutien appropriés », et de « travailler avec les secteurs et les institutions qui présentent des risques de radicalisation ».
 
Ses modes opératoires ont été revus l’an dernier.
 

« Prevent Strategy » : une stratégie inefficace contre la radicalisation, dit un sondage

 
Mais à supposer que les Britanniques y aient cru, ils sont aujourd’hui persuadés en masse que cela n’a servi à rien. Les sondeurs ont trouvé leur quasi unanimité suspecte, tant et si bien qu’ils ont refait le sondage avec un autre panel – rien n’y a fait, le résultat restait désespérément voisin de 100 %.
 
Il faut dire qu’aux termes du sondage 19 % des 1.511 adultes sondés n’étaient même pas au courant du fait que le gouvernement avait mis en place une stratégie anti-radicalisation active. Commentaire de Michael Turner, directeur de la recherche de BMG : « Le gouvernement se débrouille mal à l’évidence pour communiquer sur les éventuels succès de sa stratégie au public. »
 
C’est gentil. Il est à craindre en effet que le « public » n’ait que trop d’informations par ailleurs qui le feraient sourire, désabusé, devant de telles annonces. On a appris ainsi que les fonctionnaires de « Prevent Strategy » connaissaient le risque posé par Junead Khan, un camionneur de 25 ans de Luton convaincu d’avoir voulu commettre un attentat contre une station de personnel militaire américain au Royaume-Uni, mais qu’aucune action concrète n’a été entreprise en sa direction au cours de l’année qui a précédé son arrestation.
 

96 % des Britanniques ne font pas confiance au gouvernement du Royaume-Uni

 
Khan avait été signalé comme ayant participé à des causeries « extrémistes » à Luton. « Prevent » avait certes tenté de l’approcher, sans succès. L’islamiste s’était moqué ouvertement des approches d’un responsable du groupe lors de conversations en ligne. Comme l’a expliqué le chef du commandement antiterroriste de la Police métropolitaine : « Le programme Prevent requiert de l’individu qu’il s’engage (dans le dialogue). Il suppose qu’on soit prêt à coopérer, or il refusé. Il a totalement refusé de s’engager. »
 
Avec des programmes comme cela, on se demande comment 4 % des sondés puissent juger que l’action du gouvernement britannique contre la radicalisation est efficace ! S’agit-il de radicaux ?
 

Anne Dolhein