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Selon des sondages, la confiance des Français dans les médias officiels croît, et décroît dans Internet : le système sécurise sa propagande

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La comparaison de sondages analogues d’année en année le montre : la confiance des Français dans les médias officiels, en chute depuis 2015, remonte, alors que l’information alternative d’Internet rebute. Grâce à Macron et la chasse au fake news, le système sécurise sa propagande.
 
Rien ne change dans le dernier baromètre Kantar mesurant chaque année la confiance des Français dans les médias. Comme en 2015, 2016 et 2017, l’édition 2018 place en tête la radio (56 % des Français lui font confiance), suivie de la presse, dite écrite comme un tube est creux à l’intérieur, par pléonasme (52 %) et de la télévision (48 %). Comme tous les ans, cette dernière est ressentie comme le média des vieux. Comme tous les ans, la confiance envers Internet vient loin derrière (25 % des Français seulement lui font confiance). Mais la différence cette année, c’est la tendance : la confiance dans les médias officiels ne cessait de baisser, elle remonte ; et inversement la confiance dans internet, qui croissait, baisse.
 

Confiance des Français dans les médias officiels : incompréhensible

 
En 2017, une énorme majorité de Français disait rechercher « une information vérifiée », et rejetait pour cela les médias officiels, presse, radio et télévision. En 2018, 90 % des Français recherchent toujours cette même « information vérifiée », et la cote des trois médias officiels remonte pourtant de 8, 4, et 7 %. Autre paradoxe, la confiance dans les journalistes ne croît pas : plus des deux tiers des Français les jugent dépendants du pouvoir politique et un peu moins des puissances d’argent.
 
Alors, comment expliquer le regain de confiance mesuré pour les médias officiels ? En gardant en tête deux autres chiffres. D’abord, 76 % des Français sont satisfaits de la façon dont les grands médias ont traité la campagne présidentielle (alors que ce fut un modèle de manipulation). Ensuite la confiance des Français pour internet baisse. 26 % des Français lui faisaient confiance l’an dernier, 25 % aujourd’hui. C’est une baisse limitée (4 %), mais c’est son interprétation qui donne la clef du sondage Kantar.
 

Le système discrédite internet grâce aux « fake news »

 
Jusqu’à présent, la part des Français qui s’informe par internet ne cessait de croître, et la courbe de confiance en internet comparée à la courbe de confiance dans les médias officiels suivait une évolution favorable. Il y a cette année un renversement de tendance consécutif à la campagne présidentielle, à l’élection d’Emmanuel Macron et à la chasse lancée par celui-ci contre les « Fake news ». Les médias alternatifs et une partie des médias officiels ont relevé avec lucidité le caractère liberticide des lois prévues par Macron contre les « fake news » et la difficulté de définir ces fausses nouvelles. Il n’empêche que l’action du président de la république est un double succès. D’abord, selon un sondage Odoxa-Dentsu pour franceinfo et Le Figaro, 79 % des Français sont favorables à son projet de loi. Ensuite, surtout, grâce au battage mené autour des « fake news », le système a sécurisé à peu de frais les vecteurs de sa propagande que sont les médias officiels : l’information alternative d’internet est discréditée par les « fake news » qu’elle est censée propager (Kantar relève en prime que les moins éduqués s’y abreuvent sans pouvoir citer la source de leur information).
 

Face à la vague populiste, le système sécurise sa propagande

 
C’est un résultat importantissime pour le système. De nombreux confrères, dont La Croix, font état de l’opinion qu’ils sont chargés de propager, selon laquelle les « réseaux sociaux » et autres sites alternatifs sur internet auraient créé un « climat de confusion » dans l’information. Notamment lors de l’élection de Trump et pour le Brexit. En somme, il est plus que suggéré qu’internet (manipulé par Poutine) et ses « fake news » seraient responsables de la désastreuse poussée du populisme. Il y a quelque chose de vrai dans ce grossier mensonge : c’est en effet la réinfosphère qui permet la prise de conscience dite populiste.
 
C’est pourquoi, devant la vague populiste qui le menace, le système a décidé de modifier sa communication. D’abord en mettant en avant dans les pays développés (France, Canada, Autriche) une promotion de nouveaux dirigeants, ce que le Courrier International exprime par « Place aux jeunes ! » Ensuite en sécurisant son réseau de propagande, id est les médias officiels. Macron, avec sa loi sur les « fake news », est au confluent de ces deux stratégies de com, et les sondages de cette semaine sont là pour indiquer et renforcer la réussite de cette NEP (nouvelle économie de la propagande).
 

Macron et le pape sécurisent Internet en toute confiance

 
Le président de la république, en bon mondialiste, ne travaille pas seul. Il vient de recevoir l’appui très remarquable du pape François. Celui-ci s’est livré à une sortie contre les « fake news », allant jusqu’à dire que le discours du « serpent à Eve » était la première d’entre elles. Entendez-moi bien, je trouve louable que le Saint Père condamne le mensonge et son père, mais il me semble imprudent de sa part de s’aventurer dans le domaine qui n’est pas le sien, le journalisme, de vouloir faire des journalistes « les gardiens des nouvelles » et de définir les « fake news » comme celles « qui portent à controverse ». En bon jésuite, François sait ce qu’est la propagande et n’ignore donc pas que le message que le grand public retiendra est que les « fake news » sont mauvaises, et cela justifiera le système quand il prétendra les combattre, par tous les moyens, soit la loi soit la pédagogie.
 
88 % des Français sont persuadés qu’il faut instituer une « éducation aux médias ». Ce qui en soit est une fort bonne chose. Comment ne pas applaudir un Eric Scherer, directeur de la prospective et de l’innovation à France Télévision, lorsqu’il affirme « vital de renforcer l’esprit critique des citoyens et du public » et qu’il souhaite apprendre « à détecter l’origine d’une image », ou « se familiariser avec l’idée que toutes les paroles n’ont pas la même valeur, ou que la viralité n’est pas forcément la preuve de la véracité ». Mais cet enseignement spécialisé viendrait en aval d’un enseignement général favorisant l’esprit critique, ce que ne dispense nullement l’Éducation nationale. Dans l’état actuel des institutions et des mentalités, toute pédagogie, comme toute loi, ne saurait qu’aller dans un sens toujours plus politiquement correct.
 

Les sondages montrent des Français soumis aux médias officiels

 
Nous avons analysé le caractère totalitaire du projet de Macron sur les « fake news », nous en avons relevé les côtés absurde et liberticide, mais peut-être y avons-nous trop insisté : pour établir son totalitarisme, le système a moins besoin, dans la passe de grogne qu’il suscite, de mettre au goulag moral ses opposants, que de ré-aiguiller vers le bercail de sa propagande le vulgum pecus des citoyens soumis.
 
De ce point de vue, le succès est total. Non seulement la confiance dans les médias officiels revient, mais encore l’intérêt pour la politique décroît, le sondage Kantar le montre clairement, chez les plus jeunes surtout. Il y a ici un glissement parallèle de l’État et de la société. De même que l’État se défait de ses fonctions régaliennes traditionnelles pour en acquérir d’autre (par exemple l’écologie), de même la société se dégage-t-elle de la politique pour investir d’autres centres d’intérêt (diététique, santé, météo). Grâce à sa propagande sécurisée, le système mène à sa guise des peuples d’ilotes ivres.
 

Pauline Mille