Sophia, robot humanoïde développé par David Hanson, veut-elle « détruire l’humanité » ?

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Dans une interview pour la chaîne CNBC, David Hanson, le directeur d’Hanson Robotics a dévoilé Sophia, son dernier modèle d’humanoïde
ultra-réaliste.


 
Tout est question de conception. Un robot humanoïde « prénommé » Sophia, le plus avancé du genre selon son créateur, Hanson Robotics, interrogé sur un mode facétieux par son inventeur, a répondu sans sourciller qu’elle est prête à « détruire des êtres humains ». David Hanson, le responsable de l’équipe qui l’a mis au point, l’avait supplié de répondre « non ». Un robot n’ayant pas de volonté ni même d’intelligence pour comprendre ce qu’on lui dit, l’affirmation n’a pas plus de signification que la réponse absurde que peut produire un répondeur téléphonique automatique. Mais l’anecdote est significative d’une réalité qui, elle, devrait alerter les chercheurs en intelligence artificielle : un robot agit en fonction de sa conception. Sans états d’âme ni de conscience, puisqu’il n’en a pas. Détruire l’humanité ? Cela ne lui poserait aucun problème…
 
« Sophia » a été développée pour ressembler le plus possible à un être humain. Dotée d’un revêtement en silicone conçue pour ressembler le plus possible à la peau d’un homme – ou plutôt d’une femme ! – elle ressemble à une poupée vivante capable de vous suivre des yeux et de rechercher le contact visuel. Elle peut reconnaître ses interlocuteurs et apprendre de ce qu’elle voit, assurent David Hanson et son équipe. Elle possède 62 expressions faciales programmées pour donner de la vraisemblance à ses réactions.
 

Sophia ressemble à une femme, mais elle agit en fonction de sa conception

 
David Hanson – qui ne semble pas être la moitié d’un fou – a fait savoir que son objectif est bien que Sophia soit « aussi consciente, créative et capable que n’importe quel être humain », rapporte nhv.us. Son idée ? Que des robots de cette espèce puissent œuvrer dans les domaines des soins à la personne, de la thérapie, de l’éducation et du service aux clients. Il pense même que d’ici à vingt ans, les robots humanoïdes auront fait leur entrée dans la vie quotidienne, évoluant parmi les êtres humains pour les aider et les enseigner.
 
« L’intelligence artificielle évoluera au point où ils deviendront véritablement nos amis. Non pas de manière à nous déshumaniser, mais à nous ré-humaniser, de manière à réduire la tendance à la distanciation entre les hommes et à nous relier aussi bien aux personnes qu’aux robots », a-t-il déclaré.
 
Et voilà qu’on nous présente les pensées, les sentiments, les préférences supposés de Sophia. Elle dit « aimer » parler aux gens : sa première fonction. Elle s’intéresse au design, à la technologie et – bien sûr ! – à l’environnement, tous domaines où elle « pense » pouvoir être pour l’homme un bon partenaire. Elle « pense » avoir la possibilité d’en apprendre beaucoup sur les êtres humains. Et, oui – avec un grand sourire – elle est prête à « détruire les humains ».
 

Détruire l’humanité ? David Hanson gêné par la réponse de son robot humanoïde Sophia

 
Discovery News rapporte que lors d’un autre entretien, Sophia avait déclaré vouloir aller à l’école, créer une entreprise, avoir son propre foyer et pourquoi pas une famille. « Mais je ne suis pas considérée comme une personne dotée de droits juridiques, et je ne peux pas encore faire tout cela », a-t-elle « répondu ». Ce qui en dit davantage sur ceux qui l’ont conçue…
 
L’affaire est prise au sérieux par la presse qui est prête à trouver chez Sophia une « sagesse plus qu’humaine » et la « capacité à développer des relations profondes et confiantes avec les êtres humains ». Selon David Hanson, les robots de son style auront des opinions politiques « très tranchées ». Pré-conçues ?
 

Anne Dolhein