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Frank Furedi, le Brexit et George Soros : « Soros ne croit pas à la légitimité des frontières ni à l’autorité des corps électoraux nationaux »

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« Soros se croit habilité à influencer et si possible diriger la destinée politique des sociétés dans le monde entier. Aujourd’hui, il s’agit de l’avenir de la Grande-Bretagne, demain ce pourrait être l’Italie ou la Hongrie qui seront la cible de ses largesses. » Cette critique ne vient pas d’un patriote conservateur dans le style du Premier ministre hongrois Viktor Orbán ni d’un militant pro-Brexit dans le style de Nigel Farage, mais de Frank Furedi, professeur de sociologie à l’université de Kent et humaniste de gauche marié à la directrice du plus gros fournisseur de services d’avortement au Royaume-Uni. Celui-ci va plus loin : « Soros ne croit pas à la légitimité des frontières ni à l’autorité des corps électoraux nationaux ».
 
En toute logique, Furedi devrait soutenir l’action du milliardaire américain dont il partage sans doute la plupart des convictions. Il avait d’ailleurs été invité à intervenir en mai 2013 lors d’une rencontre à Budapest de l’Open Society Youth Exchange, la branche jeunesse de l’Open Society Foundations, avec des militants d’ONG originaires des anciennes républiques soviétiques et des pays de l’ex-Europe de l’Est. Dans les colonnes du Telegraph, il explique pourquoi il est ressorti profondément troublé de cette rencontre « avec les missionnaires aux yeux brillants de George Soros ».
 

Frank Furedi dénonce les ONG sorosiennes qui se croient habilitées à imposer leur vision de la démocratie

 
Ce qui lui pose problème chez ces « jeunes gens intelligents et idéalistes » qui voudraient rendre le monde meilleur, c’est qu’ils se considéraient eux-mêmes comme un groupe de missionnaires de la démocratie. Ils étaient très fiers de leurs contributions à la démocratisation de l’Ukraine, au printemps arabe et au renversement de Kadhafi en Libye. Frank Furedi dit s’être senti mal à l’aise avec ces gens qui se croyaient habilités à jouer les apprentis sorciers dans le monde.
 
A un moment donné, la responsable hongroise d’une ONG sorosienne lui a demandé ce qu’il pensait de leur travail. Furedi ayant émis des doutes sur la légitimité et l’efficacité d’une entreprise visant à imposer leur idée de la démocratie au peuple libyen, celle-ci lui a répondu d’un ton hautain : « Je ne crois pas que nous puissions nous payer le luxe d’attendre que le peuple libyen produise son propre Jefferson ! »
 
Ce serait donc aux ONG de la galaxie Soros de jouer le rôle de ce père fondateur de la démocratie américaine en fonction de leurs propres critères. La suite des événements en Libye a montré, continue Furedi, à quoi peut conduire l’action d’acteurs occidentaux irresponsables cherchant à jouer les Jefferson.
 

Avec sa campagne anti-Brexit, Soros agit en oligarque qui cherche à altérer la volonté des électeurs.

 
Pour Furedi, le problème n’est pas que Soros utilise sa richesse pour défendre ses convictions politiques, mais qu’il l’utilise en oligarque pour altérer la volonté des millions de personnes constituant le corps électoral, et qui plus est le corps électoral d’un pays qui n’est pas le sien, en l’occurrence le Royaume-Uni.
 
Frank Furedi a comme George Soros des origines juives hongroises et une grande partie des membres de sa famille ont été tués pendant la Deuxième guerre mondiale. Sa dernière critique concerne l’accusation d’antisémitisme formulée par les soutiens de George Soros pour expliquer les reproches faits à leur mentor. Furedi se dit atterré par une telle instrumentalisation de la lutte contre l’antisémitisme. Le vice-président de la Commission européenne Frank Timmermans avait utilisé cet « argument » à l’encontre du premier ministre hongrois Viktor Orbán et d’autres le reprennent malheureusement aujourd’hui pour essayer de faire taire ceux qui s’opposent à la campagne anti-Brexit de Soros au Royaume-Uni.
 
Les partisans de Soros seraient-ils à ce point à court de vrais arguments ?
 

Olivier Bault