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Steve Bannon à l’offensive contre la trahison de Trump par les sénateurs républicains, leur chef McConnell en tête

Steve Bannon contre républicains trahissent Trump McConnell
 
Déçus de l’incapacité des sénateurs républicains à faire passer des lois nouvelles d’envergure, les donateurs du Grand Old Party se rapprochent de Steve Bannon pour influer sur les prochaines élections de mi-mandat. Un signe de l’extrême tension qui traverse le parti du président alors que l’adoption de son programme paraît à l’arrêt. Bannon, patron du site d’information Breitbart.news et ancien conseiller stratégique à la Maison Blanche au début de la présidence Trump, a rencontré d’importants donateurs du parti républicain qui, comme lui, n’en peuvent plus de voir le Sénat bloquer l’adoption des lois emblématiques du mandat : sur la suppression et le remplacement de l’Obamacare, système obligatoire d’assurance maladie très critiqué par l’électorat, sur la réforme de la fiscalité ou sur le financement de la construction du mur sur la frontière avec le Mexique. Une vraie trahison.
 

L’offensive de Steve Bannon : faire financer les opposants au chef des Républicains au Sénat, McConnell

 
La première étape de cette contre-offensive pourrait consister, pour les donateurs, à soutenir la campagne de Bannon contre le patron du groupe sénatorial républicain – majoritaire – Mitch McConnell, qui avait en particulier violemment contesté le décret pris par Trump pour limiter l’accès aux Etats-Unis des ressortissants de pays hostiles, la plupart à majorité musulmane. Bannon s’apprête à soutenir, pour les sénatoriales de 2018, plusieurs concurrents des sortants, susceptibles de débloquer le programme du président Donald Trump. Andy Surabian, conseiller à la Great American Alliance, qui avait réuni 30 millions de dollars pour le financement de la campagne présidentielle de Donald Trump, et ancien conseiller à la Maison Blanche, a déclaré à Breitbart vouloir « construire une vaste coalition anti-establishment afin de transfuser du sang neuf et des idées neuves » dans le parti républicain. Une urgence, estime-t-il, car « la seule chose que les caciques du parti ont réussi à faire, c’est de prouver au peuple américain qu’ils ne représentent pas ses intérêts ». Il précise : « Le groupe de candidats que nous avons l’intention d’aider en 2018 ont tous en commun de considérer que le nouveau parti républicain doit être fort dans sa doctrine et agressif dans sa tactique ».
 

Patron de Home Depot, Bernie Marcus dénonce les retards du Sénat

 
Bannon a rencontré le cofondateur de la chaîne de magasins Home Depot, Bernie Marcus, qui s’est plaint du manque de retour sur investissement après son aide lors des sénatoriales de 2016, soit 2 millions de dollars pour un groupe aligné sur Mitch McConnell, et des dizaines de milliers de dollars au Comité national républicain du Sénat. Et cela, s’indigne-t-il, pour voir la Haute assemblée échouer régulièrement à entériner les lois portées par le Président. Mitch McConnell s’est d’ailleurs récemment plié à la pression populaire en décidant d’étendre les séances du Sénat aux vendredis voire aux fins de semaines pour traiter le programme présidentiel.
 
Parmi les autres interlocuteurs de Bannon on relève John Childs, capital-risqueur qui a donné 400.000 dollars pour la réélection de McConnell en 2014 ; Susan Gore, patronne de Gore-Tex et soutien réputé des idées libertariennes ; Sheldon Adelson, un des principaux donateurs du parti républicain, ou encore Eric Crown, financeur historique du GOP pour les sénatoriales.
 
Or ces grands noms ont leurs exigences. Bernie Marcus a ainsi conditionné son soutien à des résultats en matière législative avant la fin de cette année. Un de ses conseillers prévient : « Comme beaucoup d’autres donateurs, M. Marcus envisagera de nouveaux moyens pour résorber l’embouteillage législatif (au Sénat) s’il perdure, y compris ceux proposés par M. Bannon et d’autres ». Interrogé sur l’éventualité de soutenir, lors des primaires, des challengers contre les sortants, le conseiller a répondu : « Tirez-en vos propres conclusions. »
 

Steve Bannon défie Mitch McConnell : « On va te couper l’oxygène »

 
Steve Bannon a lancé un défi à McConnel la semaine dernière : « Oui, Mitch, les donateurs ne sont vraiment pas contents. Ils t’ont tous abandonné. On va te couper l’arrivée d’oxygène, Mitch, OK ? L’argent n’est pas courageux, mais l’argent est utile, OK ? » Illustrant ce mouvement, le cas de Foster Friess, que Bannon a aussi rencontré. Ce gros investisseur du Wyoming est tellement déçu des élus républicains qu’il envisage de se présenter aux primaires contre le sénateur sortant John Barrasso.
 
Ce mois-ci toujours, Bannon a rencontré Dan Eberhart, un patron du secteur de l’énergie, lors d’une réunion des donateurs à Washington. « Extrêmement déçu face à tout ça », Eberhart a cessé de contribuer au financement du parti républicain. Bannon lui a présenté sa stratégie pour aider de nouveaux candidats opposés à la reconduction de Mitch McConnell à la tête du groupe sénatorial.
 

Contre ces Républicains qui s’emploient à la trahison de Trump

 
Nick Ayers, chef de cabinet du vice-président Mike Pence, a confié à un groupe de donateurs qu’il serait opportun de suspendre leurs financements au parti et de l’attribuer aux concurrents des sortants aux primaires, dans le cas où le Congrès échoue à adopter le programme présidentiel. « Imaginez, a-t-il dit, ce qui pourrait se passer si notre parti tout entier se réunissait ; si nous arrivions à purger la poignée de gens qui continuent à s’employer à sa défaite. »
 
Louis Dejoy, un dirigeant d’entreprise de Caroline du Nord, qui avait donné 30.000 dollars au parti en 2017, confie que même s’il ne compte pas financer les concurrents des sortants, le groupe des donateurs du parti républicain en a assez de l’attitude du Congrès. Il dit : « En levant de l’argent, j’entends la déception de tout le monde. Tout le monde sait que l’argent se perd dans les sables. »
 

Matthieu Lenoir