Syrie, Russie, etc. : la liberté de pensée des parlementaires

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La visite de quatre parlementaires français en Syrie, où trois d’entre eux ont rencontré Bachar al Assad mardi dernier, est « une faute morale », compte-tenu de la responsabilité du régime dans le conflit qui ravage ce pays depuis quatre ans. Tel est l’avis de Manuel Valls, qui redécouvre tout à coup la possibilité d’une morale, contre la liberté de pensée, bien dans la logique affichée contre les élus français depuis quelques semaines.
 
Depuis Manille, François Hollande a renchéri sur les propos de son premier ministre, en condamnant cette rencontre avec un « dictateur », et en invitant les partis politiques, à savoir notamment le Parti socialiste, auxquels appartiennent ces élus, à les sanctionner pour leur initiative. « Je pense que je ne pourrai que les encourager, mais je n’en ai pas la qualité », a-t-il conclu. Mais de qui se moque donc le président de la République ? Il est bien temps d’admettre ne pas voir la qualité pour ce faire, lorsque l’on vient justement de pousser les responsables des partis français en ce sens !
 

Pas de déplacements possibles en Syrie, Russie, etc.

 
Quoi qu’il en soit, le déplacement des quatre élus PS, UMP et UDI fait grand bruit, tant il constitue une ligne de fracture avec la position officielle de la diplomatie française qui a rompu tout contact avec le régime syrien en mars 2012. Il y a plus cependant. Ce voyage est contraire à la vision restrictive de la démocratie vue par Hollande qui n’admet plus qu’une seule tête, la sienne, et s’oppose frontalement à toute expression d’indépendance des élus et des citoyens. Avec François Hollande, ce n’est plus seulement le contesté sur le plan historique « l’Etat, c’est moi ». C’est devenu tout simplement, tout tyranniquement : « La France, c’est moi ! »
 
Le point de vue diplomatique est une chose. Mais, du point de vue politique, qui ne voit que Damas, aujourd’hui, est le rempart principal à l’Etat islamique ? S’il y a « faute morale » d’un côté, il y a certainement inconséquence politique du côté de l’exécutif français…
 
« Ils ne sont pas allés rencontrer n’importe qui, ils sont allés rencontrer Bachar al Assad, responsable de plusieurs dizaines de milliers de morts », pérore Manuel Valls. Et le socialisme, lui, est responsable de combien de millions de morts ?
 

Plus de liberté de pensée et d’agir pour les parlementaires

 
La délégation parlementaire était composée du député PS de Haute-Garonne et président du groupe d’amitié France-Syrie à l’Assemblée nationale, Gérard Bapt, du député UMP des Yvelines Jacques Myard, du sénateur UMP de Savoie et président du groupe d’amitié France-Syrie au Sénat Jean-Pierre Vial, ainsi que du sénateur UDI de la Mayenne François Zocchetto.
 
Bien que Gérard Bapt, pour se conformer à la ligne diplomatique française, n’ait pas participé à la rencontre avec Bachar al Assad, et ait précisé que, en outre, les autorités françaises avaient été mises au courant de ce déplacement, le premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis a indiqué qu’il serait tout de même sanctionné.
 
Jacques Myard a, de son côté, justifié ce déplacement en affirmant qu’il n’était pas possible de régler la guerre civile sans parler avec Damas. Il a ajouté que de nombreux élus jugeaient nécessaire d’adapter la politique française. Mais le totalitarisme démocratique n’a que faire de considérations politiques…
 
Les parlementaires en cause ont cependant été défendu par le président UMP du Sénat, Gérard Larcher, lui-même en déplacement en Russie où il a été reçu par Vladimir Poutine : « Il n’y a pas à excuser, les parlementaires sont des gens libres. »
 
On peut s’attendre, face à de telles oppositions, à quelques explications de gravures…