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Macron galère, Orban triomphe : ça s’appelle la démocratie

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Après huit ans de pouvoir, le premier ministre hongrois Viktor Orban triomphe aux législatives. Onze mois après son élection Emmanuel Macron est en galère, à la SNCF, à l’Assemblée, dans les ZAD, à l’université. En démocratie, mieux vaut finalement écouter le peuple.
 
Emmanuel Macron est un immense dirigeant international qui fait honneur à la France : il broie la main de Trump, fait la leçon à Poutine et, plus difficile encore, la bise à Merkel. Pourtant il est dans une galère noire. Air France a rejoint la SNCF dans la grève, les routiers parlent de le faire. A l’inverse de Pénélope, les Zadistes reconstruisent le jour les barricades que les gendarmes démolissent la nuit. Des étudiants occupent leurs facs avec l’aide de gentils migrants qu’ils y invitent. Bref, toute la France de gauche joue à mai 68. A faire une révolution de carnaval sans situation ni parti révolutionnaire, sans raison surtout.
 

Macron-la-galère joue à juin 68

 
Face à cela, Macron n’a pas un caractère à se faire du tracas. Il galère, mais il a dans sa tête un coup d’avance. Lui joue déjà à juin 68 : il attend que la mise en scène des chienlits accumulées suscite une grande colère dans le marais, engendrant ainsi une marée rose horizon (quelle couleur donner à ce déversoir de toutes les peurs, illusions et facilités, qu’est le macronisme ?).
 
Et puis il voit plus loin, notre phare de la pensée du Touquet, beaucoup plus loin que le bout de son Cap Griz Nez. Il se réjouit du débat à l’Assemblée nationale. Il jubile sous les insultes de la France insoumise. Ce mauvais de Mélenchon ne tient pas la distance mais là, les conflits sociaux captent à nouveau l’attention du public. Alexis Corbière est en transe. A propos du statut de la SNCF et de la dette, on retombe dans des discours marxistes antédiluviens, et l’attention est opportunément détournée. La révolution d’aujourd’hui est sociétale on le sait, l’Est et l’Ouest ayant fusionné dans le libéral-socialisme. Mais avec son kit de réformes, Macron brouille l’écoute, il fait oublier aux Français leurs véritables maux et la vraie menace. Elle est démographique et spirituelle, et elle s’aggrave.
 

La démocratie c’est la démocratie : les Français boudent qui les opprime

 
Macron accélère le grand remplacement ethnique par l’articulation du regroupement familial et du droit d’asile (les faux réfugiés, faux mineurs, ayant le droit de recruter à l’étranger de faux membres de leur famille), et le grand remplacement moral et religieux par l’accueil de l’islam d’une part, l’alignement de la loi morale de l’autre, sur l’humanisme maçon, pour l’euthanasie par exemple, voir le cas Lambert.
 
Cependant les Français demeurent majoritaires en France, et ils renâclent. Macron-la-galère en souffre ; il fait bien le job pourtant. Le général Von Stülpnagel se plaignait aussi, pendant la guerre ; c’était un bon gouverneur militaire allemand, mais les Français ne l’aimaient pas. C’est comme ça. Si l’on veut être aimé d’un peuple, il faut le satisfaire. Viktor Orban l’a compris, c’est pour cela qu’il triomphe.
 

Forte participation électorale et triomphe d’Orban

 
Pas d’usure du pouvoir pour Orban, depuis huit ans qu’il est premier ministre. Par rapport aux élections de 2014, son parti, le FIDESZ progresse en voix et conquiert les deux tiers des sièges, 134 sur 199. Le PS régresse à vingt sièges, et à part les huit sièges des écologistes et les neuf du parti social européiste, il n’y a quasiment plus rien à gauche. Le principal opposant au « national-conservateur » Orban est le Jobik, 26 sièges, « ultra-nationaliste », parfois décrit comme fasciste et même comme proche des néo-nazis. On relève que ce parti, qui fut jadis le partenaire de Jean-Marie Le Pen, avait mis de l’eau dans son vin pour profiter de la vague populiste montante. Une stratégie de dédiabolisation à contretemps : c’est Orban, en se radicalisant, en se trumpisant, qui a ramassé la mise. Il est à noter aussi que la participation, traditionnellement basse en Hongrie, a bondi de sept points en quatre ans pour atteindre près de septante pour cent. C’est dire que la population s’est mobilisée (« extraordinairement », selon notre confrère le Monde) pour répondre à la question qui lui était posée. 
 

Les Hongrois plébiscitent Orban : mais qui est Orban ?

 
D’un côté l’union européenne, les ONG et fondations de George Soros, qui garde la nationalité hongroise, les médias internationaux, décrivaient Orban en monsieur qui a établi un système de clientèle voisin de la corruption, et qui menace les libertés politiques. De l’autre, Orban dénonçait les dangers de l’invasion, la tyrannie bruxelloise et mondialiste. Les Hongrois ont tranché sans ambiguïté. Telle est la démocratie.
 
Reste maintenant à savoir ce que vaut Orban et ce que dit sa victoire. Certains notent justement qu’Orban est un politicien démagogue, affilié au parlement européen, dont le chef, l’Allemand Weber, l’a félicité. Il avait promis le rétablissement de la peine de mort mais a reculé sous la pression de Bruxelles. Ils rappellent qu’il a commencé libéral. Et que, s’il combat l’invasion de l’islam, il a préconisé la création d’une armée européenne pour l’empêcher. En somme, ce « nationaliste » ne serait-il pas utilisé pour hâter l’Europe fédérale ?
 

Galère mondialiste ou triomphe de la grâce de Dieu ? 

 
Sans doute faut-il être attentif aux tours et détours du mondialisme, à ses processus, sa dialectique, mais on ne doit pas croire qu’il gagne à tout coup, cela serait désespérant. L’ennemi peut commettre des fautes, le peuple et l’esprit se montrer trop forts pour lui. C’est pour cela qu’il est très difficile d’évaluer l’effet d’un Trump, d’un Orban, et même d’un Poutine.
 
Orban a commencé libéral ? Pie IX aussi. L’expérience et la grâce peuvent éclairer et convertir. L’exclamation d’Orban lors des résultats : « Soli Deo Gloria » a sonné comme une trompette. Croit-on que cela soit de la pure comédie ? Et puis libéral signifiait aussi à l’époque opposé à l’URSS. Aujourd’hui Orban et la Hongrie s’opposent à l’URSSB de Bruxelles et de Soros. L’exhortation du dissident russe Boukovski aux parlementaires européens en 2005 reste plus que jamais d’actualité : « J’ai vécu votre futur, et ça n’a pas marché ! » Le triomphe d’Orban signifie que les Hongrois n’acceptent pas leur disparition programmée. La galère de Macron montre que les Français eux aussi regimbent mais que, trahis par leurs élites, ils orientent mal leur colère. En Hongrie la démocratie fonctionne, en France, non.
 

Pauline Mille