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Racisme économique : un fonctionnaire révèle à un homme atteint de trisomie 21 combien il coûte à la société

Trisomique 21 coûte société
 
« Voilà ce que quelqu’un comme vous coûte à la société » – et, indirectement, le peu voire le rien que vous lui rapportez… Le jeune homme atteint de trisomie 21 reçoit les chiffres en pleine figure, jetés par un ponte de l’Institut national néerlandais pour la santé publique et l’environnement (RIVM). Ce clip vidéo néerlandais semble irréel, odieux. Le chercheur n’a pourtant l’air gêné en rien, « protégé » par l’évidence des chiffres et surtout l’état d’esprit qu’il sait dominer : sous le voile d’une société prétendue moderne, humaniste, accueillante et sans violence, celui d’un eugénisme matérialiste à toute épreuve.
 

« On peut donc dire que Sjoerd coûte presque 10 fois plus cher que nous » à la société

 
Le chercheur de l’Institut marque de gros chiffres au tableau, qui s’amoncellent. Puis il demande à Sjoerd :
 
– « Tu veux savoir ce que ça coûte à la nation de soigner quelqu’un atteint de trisomie 21 ? »
 
– Oui, c’est sûr que je veux savoir.
 
– 48.000 euros par an environ
 
– Wow »
 
Le narrateur demande ensuite de comparer ce coût à celui des « personnes normales ». Le chercheur parle de 5.000 euros par an « par personne ». Il ajoute que le coût des personnes atteints de trisomie 21 est « très comparable aux personnes qui restent dans les maisons de soins infirmiers (et) aux patients âgés atteints de démence » qui nécessitent une médicalisation systématisée, « 24 heures de soins, sept jours par semaine ».
 
« C’est plus cher que de simplement prendre une pilule chez le médecin pour guérir » rajoute-t-il.
 

« La fin de la trisomie 21 »

 
Le clip est issu d’une série télévisée intitulée « The Last Downer » (« La fin du syndrome de Down » ou « la fin des trisomiques 21 ») et diffusée aux Pays-Bas en mars dernier. Vraisemblablement produite par un groupe chrétien voulant provoquer un débat sur le sujet, elle tente d’explorer ce que la société perdrait si la trisomie 21 disparaissait (à cause des dépistages et des avortements); elle évoque également les conséquences éthiques, sociales et psychologiques dans le fait d’élever un enfant atteint du syndrome de Down.
 
Certains l’ont critiquée pour sa tendance pro-vie. De fait, cette séquence veut choquer. Elle choque, d’autant plus quand on sait que les recherches et les conclusions du RIVM contribuent largement à la politique gouvernementale, aux Pays-Bas. Mais est-ce différent ailleurs ?
 
C’est la nigériane pro-vie Obianuju Ekeocha qui a remonté ce clip, outrée par tant d’abjection : on dit à ce cher homme à quel point « il est cher »… non pas au cœur de la société à laquelle il appartient, mais au porte-feuille de tous.
 

Les Nazis – dignes précurseurs ?

 
Pourtant, LifeSite le rappelle, qui relaye ce cri du cœur, nihil novi sub sole. « Mettre une étiquette de prix sur les personnes ayant des anomalies génétiques afin qu’elles se sentent comme des fardeaux sans lesquels la société se porterait mieux, n’est pas nouveau ». A l’heure de l’Holocauste nazi, « la solution ultime » a commencé avec l’idée qu’il existe une « vie qui n’est pas digne d’être vécue ».
« Les Allemands faisaient leur propagande dans les films, les journaux et les affiches publiques. Les tests de mathématiques au lycée incluaient des « problèmes » sur le coût de la prise en charge et de la réhabilitation des malades et des infirmes ». Par exemple, un problème demandait combien de nouvelles unités de logement pourraient être construites et combien de prêts d’allocation de mariage pourraient être accordés sans le coût dépensé par l’État pour le soin « des estropiés, des criminels et des aliénés »…
 
Robert P. George, professeur à Princeton a répondu à Obianuju Ekeocha que ce clip qui cherchait à établir le prix d’un être humain reflétait tout ce que les Néerlandais ont combattu, de fait, pendant la Seconde Guerre mondiale.
 

Un génocide ciblé – un racisme économique

 
Que l’Institut néerlandais propose au jeune Sjoerd un suicide assisté ne choquerait pas davantage – c’est la logique du raisonnement, pour ceux qui ont échappé au tri de départ qui sévit dans tous les pays dits développés. En France, 96 % des enfants diagnostiqués trisomiques sont déjà avortés. Récemment, l’Islande s’est tout bonnement vantée d’avoir « complètement éliminé » le syndrome…
 
M. Ben Achour, expert au Comité des droits de l’homme à l’ONU, l’a confirmé : il faut éliminer avant la naissance, les personnes trisomiques. Et les dépistages sont de plus en plus fiables – et remboursés.
 
Et pourtant, paradoxalement, la couverture médiatique des trisomiques n’a jamais été aussi forte, semble-t-il. On vient de célébrer la victoire de Miss Minnesota 2018, aux États-Unis, une jeune femme de 22 ans atteinte du syndrome. Le mannequin Amanda Booth pose en couverture du Vogue néerlandais en compagnie de Micah, son jeune fils, lui aussi atteint. La marque de jouets Hop’Toys met en vente des poupons porteurs de trisomie 21, pour « introduire naturellement la notion de handicap »… De nombreux clips inondent régulièrement la toile, comme ceux, magnifiques, de la Fondation Jérôme Lejeune.
 
Curieusement, cela permet aussi a contrario aux tenants de cette politique gravement eugéniste de se disculper de toute discrimination. Alors qu’elle avance. Pas vraiment voilée. Si peu voilée qu’on balance sans sourciller à la tête d’un malade ce qu’il coûte à la société, les raisons qui font que sa vie ne vaut pas la peine, pour les autres, d’être vécue – quelle immonde présomption.
 

Clémentine Jallais