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“Fake news” autour du tueur de Parkland en Floride affirmant qu’il avait des liens avec les nationalistes blancs

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Aucune vérification. Aucune certitude. Pourtant, les gros médias américains n’ont pas hésité une seconde avant de diffuser la soi-disant « information » selon laquelle le tueur Nikolas Cruz de Floride avait des liens avec un groupe de nationalistes blancs américains. La rumeur s’est déjà durablement installée dans les médias, parcourant les réseaux sociaux comme un feu de brousse alors même qu’elle a fait l’objet d’un démenti que peu de gens ont pris la peine de répercuter. Les 17 morts de l’école secondaire Marjory Stoneman Douglas de Parkland sont ainsi instrumentalisés au service d’une “fake news” caractérisée.
 
Tout est parti d’un coup de fil par lequel le leader du groupe nationaliste Republic of Florida, Jordan Jereb, a fait savoir à l’Anti-Defamation League (B’nai Brith) que Cruise faisait partie de sa formation et participe même à ces exercices paramilitaires. Aussitôt, l’Associated Press faisait partir un tweet annonçant : « Le leader d’un groupe nationaliste blanc a confirmé que le suspect de la fusillade à l’école de Floride était un membre de son organisation. »
 

Les liens de Nikolas Cruz avec les nationalistes blancs : “fake news”

 
A peine quelques minutes plus tard, un second tweet de l’AP rediffusait l’allégation, mais cette fois de manière beaucoup plus neutre : « Le leader d’un groupe nationaliste blanc affirme que… » Et il renvoyait à une dépêche dans laquelle un membre des forces de l’ordre affirmait qu’il n’avait aucune connaissance de liens entre Cruz et ledit groupe nationaliste.
 
Le premier tweet a été rediffusé plus de 40.000 fois et « aimé » plus de 50.000 fois, tandis que la mise au point n’a bénéficié que de 8.000 retweets.
 
On s’interroge désormais sur le rôle de « trolls » dans cette affaire : de mauvais plaisantins comme cet internaute anonyme qui a été contacté très rapidement par le média ABC News après qu’il eut dit sur le ton de la blague, sur un réseau social, qu’il connaissait le tueur. Ses copains l’encourageaient en lui disant que c’était une occasion en or… Ses échanges avec ABC ont été brusquement interrompus par la mise en ligne d’un dessin humoristique raciste de la part de cet utilisateur de 4chan. Selon Politico, c’est ce fait qui a poussé d’autres trolls de formations néo-nazis à faire circuler la fausse information à propos des liens politiques de Nikolas Cruz avec l’alt-right. Tout cela avec la complicité imprudente plutôt que délibérée des gros médias comme ABC qui n’ont pas hésité à contacter les groupes en question.
 

Le tueur de Parkland en Floride et ses victimes instrumentalisés par la grande presse

 
Jordan Jereb devait déclarer plus tard que ses propos sur Cruz étaient le résultat d’un « malentendu » et qu’il avait fait l’objet d’un canular.
 
Cette affaire est révélatrice du fonctionnement actuel des médias : elle montre comment se propagent les rumeurs qui plaisent aux médias de gauche et qui continue de survivre malgré des démentis en bonne et due forme. Tout cela facilite d’ailleurs le discours sur le contrôle des armes à feu aux Etats-Unis.
 
Elle montre aussi comment, à l’ère d’Internet où il importe d’être le premier à diffuser une nouvelle, les journalistes ne font plus leur travail de vérification quand ils pensent tenir une bonne info.
 

Anne Dolhein