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L’UMP ne parvient pas à endiguer le Front national, admet Juppé

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Alain Juppé est inquiet : l’UMP ne parvient pas à endiguer le Front national. Le maire de Bordeaux, candidat à la primaire de droite pour l’élection présidentielle de 2017, et l’un des principaux rivaux de Nicolas Sarkozy, admet que l’UMP pourrait, de ce fait, devenir une « peau de chagrin ».
 
Dans un entretien accordé vendredi à Sud-Ouest, l’ancien Premier ministre se dit inquiet de la montée du parti présidé par Marine Le Pen : « Nous n’arrivons pas à endiguer ce flux du FN. » Aussi ajoute-t-il : « J’étais très heureux d’entendre, lundi matin, Bruno Le Maire dire que le combat prioritaire était celui contre le FN. S’il l’avait dit dimanche [à l’occasion de l’élection législative partielle dans le Doubs], ça aurait été encore mieux. »
 

Juppé veut unir l’UMP… derrière lui

 
Alain Juppé déplore que le débat entre les deux tendances qui coexistent à l’UMP, l’une allant « plus vers la droite », l’autre vers le « rassemblement », et qui a d’ailleurs sa préférence, n’ait toujours pas été tranché. « Si l’UMP s’enferme entre le FN et un centre à qui elle refuse d’ouvrir la porte, elle est vouée à être réduite à une peau de chagrin », regrette-t-il.
 
Alain Juppé a une raison bien précise de se placer dans la logique du rassemblement : il veut gagner ! La primaire d’abord ; ensuite, on verra bien. « S’il y a 500.000 votants, Nicolas Sarkozy aura toutes ses chances, s’il y en a trois millions, j’aurai toutes mes chances », calcule-t-il.
 

Endiguer le Front national, en endiguant ses rivaux

 
Encore faut-il arriver à convaincre certains réticents de la nécessité d’une primaire. Alain Juppé a donc décidé de se montrer pédagogue : « La montée du FN rend plus nécessaire que jamais l’organisation d’une primaire. Si on va au premier tour de la présidentielle avec un candidat UDI, comme Lagarde l’annonce, Le Maire, Fillon, Sarkozy et moi, Madame Le Pen sera au deuxième tour avec les socialistes. Il nous faut un candidat d’union. C’est acquis, on y travaille. »
 
On y travaille signifie que ce n’est pas réellement acquis, chacun pensant avoir sa carte à jouer. Cela dit, Juppé lui-même admet que les chances de Nicolas Sarkozy sont bien plus grandes…
 
Quoi qu’il en soit, après Cambadélis qui craint la disparition du PS, les propos d’Alain Juppé en disent longs sur la déliquescence de la politique française.