L’université King’s College de Londres envisage de bannir l’hymne national britannique, lié au « nationalisme d’extrême droite »

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L’université et Mahamad Abdullahi.


 
Des discussions formelles sont en cours à la prestigieuse université de King’s College, à Londres, après qu’un responsable du « bien-être des étudiants » a demandé que les cérémonies de remise des diplômes ne soient plus accompagnées de l’interprétation de l’hymne national britannique comme cela se fait traditionnellement. Mahamad Abdullahi, lui-même étudiant dans l’établissement, a fait valoir que le « nationalisme d’extrême droite » est à la hausse et que de le God Save the Queen « est suranné », « un petit peu m… ».
 

Bannir l’hymne britannique au nom des « valeurs globales » ?

 
Abdullahi, qui est le vice-président de l’union des étudiants chargé du bien-être et de la communauté, avait écrit dans un message Facebook : « Dites, les gars, je veux me débarrasser de l’hymne national lors des cérémonies de remise des diplômes parce qu’il est suranné et ne reflète pas les valeurs “globales” qu’épouse l’université ? Dans le contexte d’un nationalisme d’extrême droite croissant à travers l’Europe et de l’héritage de l’Empire britannique, il est un petit peu merdique… A la base, j’enc… l’Etat nation. »
 

L’université de King’s College « alertée » par un grossier message

 
Cela a suffi pour que les autorités universitaires entament des « discussions » à propos du maintien ou non de l’hymne national. Elles ne semblent pas avoir songé un instant à inviter l’étudiant à réviser son vocabulaire ou à s’excuser pour son manque de respect à l’égard de l’histoire et des symboles nationaux.
 
C’est un groupe d’étudiants qui s’est dressé contre les demandes d’Abdullahi en lui demandant de « respecter » les traditions de l’université : « Nous invitons M. Abdullahi à tenir compte des différents points de vue de tous les étudiants à ce propos, et de respecter les traditions de l’université et du pays dans lequel nous faisons nos études », affirme une pétition lancée par un membre de l’association des conservateurs de King’s College, James Findon.
 

L’hymne national britannique : symbole du nationalisme d’extrême droite ?

 
Celui-ci a déclaré à la presse que son université défend certes des « valeurs globales » mais que ses étudiants peuvent être « fiers de leurs racines britanniques traditionnelles tout en célébrant leurs valeurs globales » : « Faire campagne pour enlever un chant de la dernière section de nos cérémonies de fins d’études revient à ignorer les vrais problèmes auxquels les étudiants sont quotidiennement confrontés. » Et de s’émouvoir du nombre de grossièretés accumulées dans le message d’Abdullahi, qui « fait honte » aux étudiants de King’s College.
 
Les responsables de l’établissement se sont au contraire dits « toujours ouverts » aux « retours des étudiants » et assurent que plusieurs aspects de la remise des diplômes sont actuellement en discussion, même si – d’après une déclaration ultérieure – ils ne semblent pas vouloir supprimer l’hymne national.
 
Mais puisqu’ils sont si attentifs au politiquement correct, ils feraient mieux d’envisager une bonne fois pour toutes de remettre à tous les mêmes diplômes, sans exclusion ni discrimination : cela les mettrait à l’abri des accusations de racisme, de nationalisme, de sexisme et d’extrémisme de droite !
 

Anne Dolhein