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La pédale en révolution : à la Vuelta, plus de femmes pour embrasser les vainqueurs

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C’est une véritable révolution pour les amateurs de cyclisme et les fous de pédale : les organisateurs du tour d’Espagne, la Vuelta, pensent à supprimer les jeunes femmes chargées d’embrasser les vainqueurs à chaque étape. Ou de les remplacer par des « stewards ». Ainsi le veut le dogme antisexiste.
 
Vous pensiez que les malheureux qui restent trois semaines sur leur bécane à pousser toute la journée sur leurs pédales, ne prenant pas le temps de faire pipi, mangeant leur salade de riz en surveillant les gravillons, le nez dans le guidon et les dents serrés au point qu’il faut les masser trois heures le soir pour que leurs muscles se relâchent, vous pensiez que ces malheureux ont bien le droit, lorsqu’ils gagnent une étape, d’embrasser la jolie fille qui leur tend un bouquet de fleur ? Eh bien, vous êtes d’infâmes réactionnaires limite nauséabonds, et les organisateurs de la Vuelta vont mettre de l’ordre dans ce folklore d’un autre âge.
 

Embrasser ou non les vainqueurs : Révolution sous un crâne

 
Un comité d’experts vient en effet de se pencher avec la gravité qui convient sur le problème. Javier Guillen, le directeur d’Unipublic, l’entreprise qui organise la Vuelta, a réuni les journalistes sportifs à Almeria pour leur dire : « Nous débattons pour savoir s’il doit y avoir baiser ou non, nous n’allons pas l’interdire parce que nous sommes dans une société occidentale (…) mais nous envisageons (….) de ne pas recommander deux baisers sur les joues du coureur ». Ce garçon est un modèle de perfection politiquement correct. Il est pénétré de droits de l’homme jusqu’au bout des ongles : il n’interdit rien, au nom de la liberté, mais il ne recommande pas (et c’est lui qui paie), au nom du droit des femmes et du respect des revendications des associations féministes. Le man spreading doit s’arrêter aux joues des hôtesses de la Vuelta, et les jeunes femmes cesser d’être la récompense des valeureux guerriers de la pédale.
 

Au-delà de la Vuelta, le droit des femmes

 
L’excellent Javier Guillen s’inspire de ce qui se passe en Australie, pays anglo-saxon, phare et pionnier en matière de droits humains. Le Down Under, qui réglemente le cyclisme australien, a décidé de remplacer les jeunes femmes qui remettent le bouquet de fleur aux vainqueurs par des adolescents, eux-mêmes fervents pratiquants de la pédale.
 
Là-bas, c’est le gouvernement qui a lancé le mouvement. En mars 2016, il avait demandé, dans un autre sport, la F1, qu’il n’y ait plus « d’hôtesses » sur le circuit automobile de l’Adelaid 500. Cela, pour « inciter les filles et les jeunes femmes qui viennent voir les courses automobiles à devenir pilotes, mécaniciennes, ou ingénieures », selon les mots de Leon Bignelli, ministre australien des sports. Nous sommes là dans un processus mondial visant à casser les « stéréotypes sexistes ». Sans rire.
 

Adolescence, pédale et bouquets de fleurs

 
L’Espagne cherche toutefois une voie moins radicale que l’australienne. La Vuelta sera le lieu d’expérimentation de la mixité et de la parité. Javier Guillen l’a expliqué : « S’il faut embaucher un steward pour éviter le débat et combler un certain manque dans notre politique, nous le ferons, nous alternerons la remise du prix entre hôtesses et steward ». Mais comme la parité ne règnera pas dans le peloton, cela risque d’affecter le moral et les résultats de artistes de la pédale. Les vainqueurs vont-ils se raser en fonction des jours ? Y aura-t-il parfois du mou dans le sprint ? On essaie d’en rire, mais le totalitarisme cucul et puritain qu’installe peu à peu une révolution subreptice est proprement frigorifiant.
 

Pauline Mille