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Quatre ans après les révélations d’Edward Snowden sur la NSA, WikiLeaks publie une série de documents sur la surveillance de masse en Russie

WikiLeaks surveillance masse Russie
 
Il ne s’agit pour le moment que d’une première série de 34 documents, tous en langue russe sauf un selon le journal italien La Repubblica qui est, aux côtés du français Médiapart, partenaire médiatique pour ce nouveau chapitre des Spy Files de WikiLeaks consacré à la surveillance de masse de ses citoyens par la Russie. A en croire les documents révélés le 19 septembre par WikiLeaks qui lèvent le voile sur la coopération étroite entre l’importante société de télécommunications Peter-Service basée à Saint Pétersbourg et les services de l’État russe, il semblerait qu’en s’enfuyant en Russie le pauvre Edward Snowden soit tombé de Charybde en Scylla.
 

WikiLeaks et les Spy Files Russia

 
Comme tous les opérateurs de télécommunications en Russie, Peter-Service doit installer des systèmes SORM qui permettent l’interception des communications téléphoniques fixes et mobiles et des communications sur Internet, y compris, depuis 2014, en ce qui concerne les médias sociaux et l’inspection des paquets de données en profondeur. Les données et métadonnées ainsi collectées par les opérateurs doivent être stockées pour une durée de trois ans pour permettre aux services de l’Etat d’y accéder à distance au moyen d’un protocole spécial. On notera au passage que la CEDH a jugé en 2015 la loi russe sur les équipements SORM contraire à la Convention européenne des droits de l’homme. « Les infrastructures SORM sont développées et déployées en Russie dans le cadre d’une coopération étroite entre le FSB, le ministre de l’Intérieur russe et les entreprises de surveillance russes », écrit WikiLeaks dans son introduction à sa nouvelle série Spy Files Russia, en précisant que les équipements SORM sont fournis par le FSB, c’est-à-dire l’ancien KGB.
 

En Russie, l’opérateur de télécommunications Peter-Service propose aux autorités d’aller encore plus loin en matière de surveillance de masse

 
Mais à la différence d’un opérateur normal, la compagnie de télécommunications Peter-Service ne se contente pas d’appliquer la loi, qui en Russie ne fait déjà quasiment pas de distinction entre les écoutes légales et la surveillance de masse réalisée par les agences de renseignement sans mandat judiciaire. Peter-Service cherche au contraire à renforcer son partenariat avec les autorités russes, en leur proposant des solutions de surveillance extrêmement poussées en termes de capacités d’exploitation des données collectées sur les communications téléphoniques et Internet réalisées dans l’ensemble de la Russie.
 
Les 34 documents de base déclinés en différentes versions (soit 209 documents en tout) divulgués mardi par WikiLeaks couvrent une période qui s’étend de 2007 à juin 2015. Ces révélations décevront sans doute plus d’un admirateur de Vladimir Poutine et de la Russie au sein des droites nationales européennes.
 

Olivier Bault