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POLICIER/WESTERN
Wind River ♥♥

 
Wind River, soit la Rivière du Vent, est un bon film policier américain. Wind River s’inscrit dans un contexte actuel. Il s’intéresse en particulier au drame sociétal aussi réel qu’occulté des très nombreuses jeunes femmes amérindiennes battues ou assassinées dans les Réserves. Il y a dans cette fiction une dimension militante sur ce sujet tabou – car l’évoquer ne serait-il pas déjà « raciste » ?-, revendiquée dans les crédits de fin. Le film décrit un contexte indien très particulier, celui des paysages hivernaux des montagnes du Wyoming, aussi froides que neigeuses et dépeuplées, et intègre une histoire de vengeance – la traque d’un assassin. Il se situe donc à la limite du western. Les Réserves sont en principe auto-administrées par les Amérindiens, ce qui implique des complexités juridiques considérables, de manière générale ou pour traiter en particulier des questions de police ou justice. Le film possède un aspect quasi-documentaire sur ces sujets, mais sans trop insister, pour ne pas perdre le spectateur.
 
Une jeune Amérindienne est trouvé morte par un garde-chasse. Elle est morte de froid, mais elle avait été visiblement effroyablement torturée et violée auparavant. En obtenant malgré tout une classification du décès en « meurtre », une enquêtrice du FBI parvient à poursuivre son travail, en bénéficiant des moyens scientifiques bien plus développés que ceux de la police de la Réserve. Laissée à ses seules ressources, cette dernière n’aurait jamais arrêté les meurtriers. La policière du FBI, basée à Las Vegas, habituée à un environnement urbain et chaud qui n’a strictement rien à voir avec les montagnes neigeuses et froides du Wyoming, fait donc appel à la coopération du garde-chasse, qui comprend lui l’environnement, comme la culture amérindienne spécifique. Le duo d’êtres forts différents, sinon que tout oppose, mais qui parvient malgré tout à travailler ensemble, et même à développer une amitié amoureuse, est à l’évidence tout sauf neuf. Mais, force est de constater qu’il fonctionne parfaitement durant Wind River. Surtout, les personnages secondaires possèdent eux aussi un minimum de densité et d’existence, l’une des caractéristiques essentielles des bons films.
 

Wind River, un film réussi qui se distingue par son cadre original

 
L’intrigue policière est bien construite. Les enquêteurs partent d’abord sur des fausses-pistes, soupçonnant par exemple d’abord la bande de drogués locaux, capables du pire, avant de trouver la bonne. Ils réussissent à reconstituer les faits, qui sont alors montrés. L’épisode est aussi sordide que violent, et pour cette raison nous déconseillons donc Wind River aux âmes sensibles. La vengeance finale peut se discuter moralement, car la justice ne doit pas être privée ; mais aux Etats-Unis un assassin, et un assassin particulièrement odieux, sans aucune excuse, aurait été de toute façon condamné et exécuté.
 
Les amateurs de policiers ou de westerns devraient apprécier Wind River, réussi, et qui se distingue par son cadre original.
 

Hector JOVIEN

 
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