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Quelle solidarité pour la Pentecôte ?

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La « journée de solidarité » au profit des seniors a rapporté 2,43 milliards d’euros l’année dernière. Une somme importante, mais qui ne motive cependant pas une majorité de Français, qui, cette année encore, ne travaillera pas le lundi de Pentecôte.
 
Créée par la loi du 30 juin 2004, après la canicule meurtrière de 2003, la « journée de solidarité », qui veille à favoriser l’autonomie des personnes âgées ou handicapées, a rapporté depuis dix ans 23,5 milliards d’euros au total.
 
La loi, qui instaure un jour de travail supplémentaire non rémunéré pour les salariés, et, créée une « contribution solidarité autonomie » – la fameuse CSA – ne fait pas obligation, contrairement à ce qui existait lorsqu’elle fut votée, à ce qu’elle se tienne spécifiquement ce jour-là.
 

Lundi de Pentecôte et journée de solidarité

 
L’année dernière, le bénéfice de cette journée de solidarité s’est donc élevé à 2,43 milliards d’euros, et la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie, chargée d’en gérer la recette, a redistribué 1,458 milliard d’euros au bénéfice des personnes âgées, et 972 millions d’euros au bénéfice des personnes handicapées. Pratiquement, cet argent a permis de recruter du personnel pour les maisons de retraite et les structures spécialisées, de financer des heures d’aide à domicile, et des travaux de modernisation ou de reconstruction de maisons de retraite ou d’instituts spécialisés pour personnes handicapées, etc.
 
On notera que, depuis le 1er avril 2013, le bénéfice de cette contribution est étendu aux retraités avec l’entrée en vigueur de la « contribution additionnelle de solidarité pour l’autonomie ».
 
La Caisse estime que, cette année, la journée de solidarité devrait rapporter 2,460 milliards euros.
 
Depuis 2008, cette journée de solidarité s’organise par accord interne à l’entreprise, la solution du lundi de Pentecôte « obligatoire » ayant vite trouvé ses limites. Certains préfèrent désormais opter pour la suppression d’un jour de congé, d’un samedi, ou choisissent de répartir sept heures supplémentaires de travail sur l’année.
 

Prière et gratuité du travail

 
Plusieurs considérations sont généralement retenues contre cette solidarité imposée.
 
De fait, à voir partir les pèlerins, tôt ce samedi matin, sur les routes de Chartres, on peut considérer que la prière qui, pendant ces trois jours spécialement consacrés à l’Esprit Saint, va monter vers le ciel, est une « solidarité » bien plus importante que les sommes accumulées.
Sur un autre point de vue, la gratuité du travail hérisse les esprits. La CFTC estime ainsi que « tout travail mérite salaire », et que l’effort est injustement réparti. Pour cette raison, elle a lancé un mot d’ordre de grève pour couvrir tout salarié du privé obligé de « travailler gratuitement sous prétexte de solidarité », que ce soit le lundi de Pentecôte ou un autre jour.
 

François le Luc