Secours catholique : des Français de plus en plus pauvres

Secours catholique Français plus pauvres
 
On ne cache plus la misère. Elle s’étale de plus en plus au grand jour. Dépassant le cadre du clochard de quartier, mémoire folklorique du coin de la rue, elle n’atteint plus seulement quelques individus esseulés que la foule ignore ; elle frappe, ici et là, à notre porte, des couples, des familles entières. La radioscopie que le Secours catholique vient d’en donner dans son rapport annuel (pour 2014), publié ce 5 novembre, est accablante, qui montre, à l’hiver de l’année 2015, des Français de plus en plus pauvres.
 
Il y a longtemps que l’on n’a plus « son » pauvre, l’homme (le plus fréquemment) pour lequel, autrefois, on préparait une petite piécette avant de sortir ; ou même, pour les plus familiers, qui se permettait, chapeau à la main, de venir tirer régulièrement la sonnette de votre domicile. Ce pauvre-là, mon Dieu, faisait un peu partie de la famille. Les enfants le connaissaient, et ne manquaient pas de le saluer, lorsqu’ils venaient à le croiser…
 
Le pauvre de l’an 2015 est d’autant plus pauvre qu’il est devenu anonyme. Effet notamment de la multiplication de la pauvreté. Les mains qui se tendent sont devenues si nombreuses que le bourgeois généreux, espèce en voie de raréfaction, a appris à compter. Le don n’est plus tout à fait gratuit quand il devient l’objet d’une comptabilité…
 

Le rapport du Secours catholique sur la pauvreté en France

 
Le Secours catholique montre aujourd’hui – mais une fois de plus… – l’accentuation de la très grande pauvreté en France. La crise, prétendument jugulée, n’en a pas fini de descendre les couches sociales de notre pays. Le grand dénuement, celui qui affecte véritablement la vie quotidienne, touche de plus en plus de monde. Et les chiffres sont terribles.
 
Les bénévoles du Secours catholiques ont rencontré l’année dernière 591.200 familles ou personnes seules vivants dans une extrême pauvreté, soit un niveau de vie médian de 535 euros par mois – quand le seuil de pauvreté est de 1.000 euros…
 
La plupart de ces personnes, de ces familles, parmi les plus pauvres de la population française, ont un niveau de vie inférieur au seuil de pauvreté le plus bas, fixé par l’Insee à 40 % du niveau de vie médian des Français, soit 667 euros. Un niveau de vie qui, en 2014, concernait 2,1 millions de personnes.
 
Autre chiffre important, la part des étrangers parmi ces plus pauvres : 33,6 %, alors qu’elle n’était que de 20 % en 2000. Une proportion que la crise migratoire, et le défaut de réponse politique, vont malheureusement aggraver pour l’exercice 2015.
 
Plus grave encore, cet afflux va augmenter le nombre de pauvres, et faire chuter, sans doute aucun, leur niveau de vie déjà si misérable.
 

Les Français de plus en plus pauvres – et pas seulement les pauvres

 
Il y a une autre raison à ce triste constat. Si le bourgeois ne met plus aussi facilement la main à la poche, c’est que celle-ci n’est plus si confortablement garnie qu’elle a pu l’être. La classe moyenne s’appauvrit elle aussi, frappée de plein fouet par la politique économique de François Hollande.
 
On lui reconnaîtra au moins le mérite de ne pas nous avoir pris en traître, puisqu’il avait prévenu qu’il détestait les riches.
 
Il y a toutefois un souci. Le président normal estime le seuil de la richesse à 4.000 euros, somme que les sociologues attribuent plutôt à la classe moyenne. En s’en prenant à cette catégorie, le mal-être qui en a résulté a, par à-coup malheureux, atteint les pauvres.
 
En définitive, les seuls que François Hollande n’a pas trop atteint, malgré moulinet et rodomontades, ce sont les plus riches.
 
« Les pauvres, vous en aurez toujours parmi vous. » Cette affirmation du Christ se voulait d’une part établir un parallèle entre les plus petits de nos frères et le Christ ; et assurer les autres qu’ils trouveraient toujours à exercer la charité.
 
Avec leur lecture décalée, laïque de l’Evangile, les socialistes y ont apparemment lu un appel à en augmenter le nombre…
 

François le Luc