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Staline jouit d’une popularité grandissante en Russie

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Un sondage réalisé par l’institut Levada, non-gouvernemental, en Russie révèle la popularité grandissante de Joseph Staline dans le pays : elle serait trois fois plus importante qu’en 1990. La question posée était celle de la personnalité préférée des sondés parmi les acteurs de la révolution bolchevique de 1917. Si en 1990, Staline remportait 8 % des voix, cette proportion est passée à 24 % lorsque la même question a été posée en mars de cette année.
 
Cela correspond sans doute au moins pour partie à l’image favorable de Staline véhiculée par les médias officiels.
 
Un deuxième sondage réalisé également au mois de mars à propos de la seule perception de la personnalité de Staline lui aura été encore plus favorable : 54 % des sondés, une majorité absolue, ont affirmé avoir une attitude positive à son égard. 32 % ont répondu qu’il leur était « indifférent » et 14 % étaient sans opinion. Et seuls 17 % de l’échantillon ont affiché une opinion négative.
 

La Russie garde un bon souvenir de Staline : il s’améliore même !

 
Plus curieusement encore, la majorité des sondés ont reconnu que la « politique radicale » de Staline avait fait des millions de victimes parmi des citoyens soviétiques innocents, ainsi que des violations massives des droits de l’homme. Les deux tiers étaient d’accord pour dire que Staline était « un tyran » et la moitié, environ, pour qualifier les purges staliniennes de crimes.
 
Plus d’un sondé sur quatre (26 %) pense cependant que cette répression avait été rendue nécessaires par le contexte politique et qu’il faut les justifier dans une perspective historique.
 
Quoi qu’il en soit, malgré les millions de morts de la persécution communiste stalinienne, malgré le souvenir de 70 ans de totalitarisme dur, de pénurie, de gabegie, de privilèges exorbitants pour la Nomenklatura, les 24 % d’opinions du premier sondage affirment explicitement une « sympathie » préférentielle à l’égard du petit père des peuples. Ce n’est pas rien, d’autant que Lénine, plafonnant à 67 % dans le même sondage en 1990, atteint toujours les 26 %. Un sondé sur deux affiche donc sa sympathie pour les deux acteurs les plus emblématiques du communisme en Russie.
 

La popularité grandissante de Staline, soutenue par le pouvoir

 
Le tsar Nicolas II ne recueille que 16 % des votes pour la « personnalité préférée » : c’est exactement le score atteint par celui que Bernard Antony surnomme « le démoniaque Fouquier-Tinville de Lénine », Félix Dzerjinski…
 
De deux choses l’une : soit nombre de sondés sont beaucoup trop jeunes pour connaître la réalité de l’horreur marxiste-léniniste, ce qui est somme toute probable 100 ans après, mais alors le mythe communiste continue d’être enseigné et de se propager. Soit la situation aujourd’hui en Russie est perçue par une majorité de ceux qui ont connu ou entendu parler de la vie avant la chute de l’URSS comme dégradée par rapport au temps du communisme, ce qui les rend réceptifs à la force d’attraction exercée par un Lénine, un Staline, et même un Dzerjinski, avec le raffinements de cruauté qu’il sut imposer dès les débuts de la Tchéka.
 

La révolution bolchevique, une chance pour la Russie ?

 
Mais dans le même temps, 42 % des sondés ont déclaré que la chute de la monarchie russe à la suite de la « révolution bourgeoise » (sic) de 1917 aura été une « perte très substantielle ». Ils n’étaient que 11 % à répondre en ce sens en 1990.
 
Près de la moitié des sondés, 49 %, estiment cependant que la Révolution d’Octobre a joué un « rôle positif » dans l’histoire, contre 30 % qui voient ce rôle comme « négatif » et 21 % qui ont jugé la question « trop difficile », pour reprendre les mots de la source officielle russe rt.com.
 
Plus d’un Russe sur trois – 36 % – juge même que cette révolution a donné à la Russie une importante impulsion pour son développement social et économique ; un sur deux était même prêt à affirmer que le développement du pays après 1917 s’est fait en accord avec les caractéristiques et les traditions du peuple russe, dans la continuité du passé.
 

Anne Dolhein