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Tactique du totalitarisme : l’Europe pour l’autonomie en Lombardie-Vénétie, contre l’indépendance en Catalogne 

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Contre l’Etat-Nation, l’Europe de Bruxelles encourage les régions, notamment la Lombardie-Vénétie qui vient de voter, à l’autonomie. Pourtant elle s’oppose à l’indépendance de la Catalogne. Secoué par la poussée des populismes, le totalitarisme mondialiste adapte sa tactique au cas par cas.
 
La Catalogne est le pays des banques et du politiquement correct. Peu avant les attentats islamistes qui l’ont ensanglantée, elle avait manifesté en masse pour accueillir plus de migrants, et Barcelone, sa capitale, est un nid de bobos gauchistes et de féministes frénétiques. On pouvait donc s’attendre à ce que Bruxelles soutienne, discrètement ou non, le processus d’indépendance lancé par Carles Puigdemont et les indépendantistes catalans, qui aurait eu pour effet de démembrer l’Etat espagnol et de l’affaiblir face à l’Europe des régions. Mais il n’en a rien été. Le sidéral Jean-Claude Juncker lui-même « ne souhaite pas » l’indépendance de la Catalogne. Quant aux banques, elles soutiennent carrément le premier ministre espagnol et le roi Felipe en menaçant de quitter Barcelone en cas d’indépendance, ce qui a permis à Mariano Rajoy de se montrer ferme, d’invoquer l’article 155 de la constitution espagnol, et de menacer l’exécutif catalan de « destitution ».
 

Opposition tactique de l’Europe à l’indépendance de la Catalogne

 
Ce paradoxe est plein d’enseignements. D’abord, le public des spectateurs d’Europe et du monde peut observer comment les institutions démocratiques d’un Etat bloquent une initiative soutenue par un peuple. C’est une pédagogie à toutes fins utiles, si, plus tard, d’autres peuples se rebellaient contre un pouvoir qui les emmène là où ils ne veulent pas aller.
 
Ensuite, surtout, cela montre que le système mondialiste dont l’Europe et les banques sont d’éminents éléments ne souhaite pas l’indépendance de la Catalogne et qu’il prête main forte pour la bloquer à l’Etat espagnol. Stratégiquement, celui-ci est un ennemi de Bruxelles, mais tactiquement, c’est un allié, et cela d’autant plus qu’il est déjà infiltré par le totalitarisme mondialiste : il n’y a qu’à voir, par exemple, la façon dont le gouvernement Rajoy a fait machine arrière sur la question de l’avortement, qu’il s’était engagé à combattre nettement.
 

Le totalitarisme mondial se construit par blocs

 
Pour comprendre la chose, il faut rappeler comment procède et progresse le totalitarisme mondialiste. Il s’est développé peu à peu après la chute du mur de Berlin et le délitement du bloc soviétique, mais il avait commencé à se concevoir dès le milieu des années soixante dans la convergence de l’Est et de l’Ouest : il conjugue donc les moyens de servitude du socialisme et du monde dit libre. Il a défini, pour mieux achever l’asservissement des peuples, des grandes zones « régionales » (en français : continentales). L’Europe en est une, l’Amérique du Nord, la Russie, la Chine, en sont d’autres. Bruxelles a toujours utilisé la tenaille Europe-régions contre les Etats-Nations, encourageant la Bavière et la Paca à avoir leurs « ambassades ». Et, stratégiquement, l’objectif demeure aujourd’hui de satisfaire les revendications localistes et identitaires de dizaines de régions aisément manipulables par Bruxelles, les nations démantelées restant impuissantes fasse à l’Union des Régions Séparatistes Socialistes à Bruxelles, URSS B.
 

La pause tactique de Juncker pour l’Europe

 
Mais actuellement, le mondialisme est un peu dans la mouise. Trump effraye. La crise des migrants ne passe pas hyper-bien. Le Brexit est un casse tête. Et les pays de l’Est ruent dans les brancards, ces odieux pays de l’Est agrariens et xénophobes !  Ca fait beaucoup.  La situation est inflammable. Il y a même un risque que les peuples d’Europe se réveillent. Qu’ils se révoltent. Alors, partout, les docteurs sans frontière du mondialisme cherchent des plans B, des solutions de rechange, des NEP, pour donner un peu de mou aux opinions publiques ici, tempérer là des ardeurs prématurées.
 
La Catalogne est dans ce dernier cas. Si elle prenait son indépendance maintenant, ça risquerait de faire école. L’interplanétaire Juncker craint l’effet domino : « L’Europe à 28 c’est déjà relativement difficile, mais, à 98, ça me semble impossible ». Dans l’immédiat, d’ailleurs, cela provoquerait des problèmes techniques, juridiques, insolubles, rien que dans la négociation du Brexit (C’est d’ailleurs ce qui a dissuadé Bruxelles d’encourager la sécession de l’Ecosse, qui fut envisagée après le vote du Brexit). Ici, les technocrates de Bruxelles sont rattrapés par leur usine à gaz : même eux n’arriveraient plus à retrouver leurs petits si l’un des Etats partie prenante aux traités était touché par une sécession.
 

Une « bonne » solution : autonomie pour la Lombardie-Vénétie

 
Pour éviter l’éclatement, l’URSSB doit donc marquer une pause. Inventer une sorte de NEP, ou plutôt de NPN, nouvelle politique nationale. D’où le soutien de Bruxelles et des banques à Rajoy. Il faut que le pion Europe demeure debout face aux pions ONU, USA, CEI et Chine. Ainsi le veut l’équilibre mondialiste des puissances.
 
Cela ne modifie pas l’objectif stratégique, qui demeure en Europe le morcellement des Nations. La forme politique idoine, recommandée et appuyée par les élites est l’autonomie la plus ample. Ainsi le referendum sur l’extension de l’autonomie en Lombardie et en Vénétie par la ligue du Nord n’a-t-il pas été interdit, contrairement à ce qui s’est passé en Catalogne. Cela bien qu’il ait été lancé par la Ligue du Nord, qui est cataloguée à l’extrême droite. L’extrême droite, qui sert ordinairement au système d’épouvantail, peut aussi être admise quand elle est utile, de même que les terroristes. Laurent Fabius l’a démontré lorsqu’il était ministre des affaires étrangères. Lors de la révolution de la place Maïdan en Ukraine, il approuvait l’action des miliciens de Praviy Sektor, de même qu’un peu plus tard il salua le « bon boulot Al Nosra en Syrie.
 
Quoi qu’il en soit, l’autonomie poussée en Lombardie et Vénétie, les deux régions les plus actives d’Italie qui produisent à elles seules 30 % du PIB, a été approuvée par plus de neuf votants sur dix. Cela sert de soupape à l’exaspération d’un peuple qui ne supporte plus les migrants, et cela renforce le pion Europe de Bruxelles dans la construction dialectique de la gouvernance mondiale.
 

En Chine, le totalitarisme communiste à l’ancienne

 
Ainsi, tranquillement, le totalitarisme continue-t-il pendant la pause. Avec une grande souplesse tactique. Par exemple, alors que l’émiettement des nations européennes se poursuit en s’adaptant au terrain, dans le bloc Chine, l’heure est plutôt à une concentration quasi jacobine. En ouverture du XIXème congrès du parti communiste chinois (PCC), le président Xi Jinping a fait prévaloir une double hégémonie, la sienne sur la Chine et celle de la Chine sur le reste du monde, dont il a planifié le progrès jusqu’à 2050. Pour « assumer le rôle central dans le monde et mieux contribuer au destin de l’humanité », non content de concentrer dans sa main les pouvoirs de secrétaire général du PC et président de la République, il s’emploie à brider l’influence des pouvoirs « régionaux », c’est-à-dire des pays qui forment l’Empire du Milieu. On voit que le centralisme démocratique, le totalitarisme à l’ancienne du parti communiste n’a pas disparu, et qu’il annonce clairement sa volonté de dominer le monde. Cela provoquera mécaniquement, pour lui faire pièce, une alliance autour des Etats-Unis, et ce processus dialectique fera progresser un peu plus la gouvernance mondiale. La tactique et la stratégie du totalitarisme s’articulent avec une grande élégance.
 

Pauline Mille