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L’énergie éolienne : polluante et négligeable, elle produit 0 % des besoins mondiaux

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L’énergie éolienne ! On serait tenté de croire qu’elle représente aujourd’hui une part importante des besoins énergétiques mondiaux. D’ailleurs les turbines sont partout dans nos paysages d’Europe, et on n’imagine pas de réclame pour la production « propre » et « verte » d’électricité sans une image de leurs ailes géantes. Polluantes visuellement, on tente justement de nous vendre leur image « éco-responsable » pour faire avaler la pilule. Mais en réalité, affirme Matt Ridley dans The Spectator, elles sont tout aussi polluantes selon l’acception habituelle du terme. Et leur production énergétique, à l’échelle du monde, est négligeable : en ordre de grandeur, elles assurent 0 % des besoins mondiaux.
 
Le vicomte Matt Ridley, cinquième du nom, est un journaliste britannique bien connu pour ses convictions conservatrices, son soutien au Brexit et ses articles sur la science. Libertaire, évolutionniste, membre de l’Association britannique humaniste, on ne peut le soupçonner de rejet de la science moderne. Climatosceptique « modéré », il est de ceux qui pensent que l’augmentation des émissions de CO2 est réelle tout comme le réchauffement, et que cette augmentation est d’origine anthropique. Mais il la voit comme favorable à la terre et à l’homme du fait de l’effet fertilisant du dioxyde de carbone.
 

L’énergie éolienne a un impact négligeable : elle répond à 0 % des besoins mondiaux

 
Pour ce qui est de l’énergie renouvelable, il s’y oppose dans la mesure de son inefficacité et de ses effets néfastes sur la nature. « Nous devons d’urgence abandonner la posture écologique pour investir dans le gaz et le nucléaire » : le sous-titre de sa tribune dans le Spectator est sans ambiguïté.
 
Matt Ridley s’irrite d’emblée du dernier rapport du Global Wind Energy Council qui multiplie les cocoricos globalistes. Les partisans de l’éolien se réjouissent de voir « la prolifération de l’énergie éolienne sur le marché global de l’énergie se poursuivre à une cadence effrénée » : cela a représenté, en 2016, 54 gigawatts supplémentaires d’énergie « propre » sur le marché mondial.
 
La réalité ? Ridley la présente sous forme de devinette. Non sans donner d’abord un indice : la « contribution » de l’énergie éolienne, « est encore, après des décennies – non, des siècles – de développement, insignifiante jusqu’à être dénuée de toute pertinence ». « Au nombre entier le plus proche, quel est le pourcentage de la consommation énergétique mondiale fournie par l’énergie éolienne en 2014, la dernière année pour laquelle nous disposons de chiffres fiables ? Etait-ce 20 %, 10 %, 5 % ? Aucun de ces trois : c’était 0 %. Cela veut dire qu’au nombre entier le plus proche il n’y a toujours pas d’énergie éolienne sur terre. »
 
Même si l’on y ajoute l’énergie photovoltaïque, le pourcentage reste en deçà de 1. Ou pour être plus précis : l’énergie éolienne a fourni 0,46 % de la consommation énergétique globale en 2014, tandis que les énergies solaire et marémotrice ont ensemble donné 0,35 %. « Il faut se rappeler que nous parlons d’énergie totale, pas seulement électricité, celle-ci constituant moins du cinquième de l’ensemble de l’énergie finale : le reste est constitué par les carburants solides, gazeux et liquides qui font le gros du travail pour le chauffage, le transport et l’industrie », précise l’auteur.
 

Polluante, l’énergie éolienne l’est par l’emprise et la fabrication des turbines

 
Il précise également que ces chiffres ne sont pas difficiles à trouver, même s’ils ne figurent pas de manière visible dans les rapports sur les énergies « non fiables » que sont l’énergie solaire et éolienne. « L’entourloupe consiste à se cacher derrière l’affirmation selon laquelle près de 14 % de l’énergie mondiale est renouvelable, en laissant croire qu’il s’agit de l’éolien et du photovoltaïque. En réalité elle provient dans son immense majorité – les trois quarts – de la biomasse (le bois surtout) et une très grande proportion de celle-ci est constituée par la “ biomasse traditionnelle” : les bâtons, les bûches et les excréments brûlés par les pauvres dans leur maison pour faire la cuisine. Ces gens ont besoin de cette énergie, mais ils la paient au prix fort en termes de problèmes de santé provoqués par l’inhalation des fumées », souligne Viscount Ridley.
 
« Même dans les pays riches où l’on joue avec l’éolien et le solaire subventionnés, une part importante de l’énergie renouvelable provient du bois et de l’eau, les renouvelables “fiables” », précise-t-il.
 
Mais en attendant, les besoins énergétiques du monde ne font que croître sur un rythme soutenu : 2 % par an depuis près de 40 ans, soit une augmentation de près de 2.000 térawatt-heure de 2013 à 2014.
 

L’éolien ne peut même pas répondre au seul accroissement des besoins énergétiques

 
« Si les éoliennes devaient répondre à cette croissance de la demande, rien de plus, combien faudrait-il en construire chaque année ? La réponse est : près de 350.000, puisqu’une turbine de 2 mégawatt peut produire environ 0,005 térawatt-heure par an. Cela représente une fois et demie le nombre total de turbines construites dans le monde depuis que les gouvernements ont commencé à déverser des fonds des consommateurs dans cette soi-disant industrie au début des années 2000 », souligne Matt Ridley.
 
« Cela représenterait une emprise au sol équivalent à la taille des îles britanniques, Irlande comprise. Tous les ans. Si l’on maintenant ce rythme pendant 50 ans, nous aurions recouvert chaque kilomètre carré d’une zone terrestre de la taille de la Russie de parcs éoliens. Et rappelez-vous : cela ne servirait qu’à assurer les demandes nouvelles en énergie, et pas du tout à remplacer l’importante production énergétique actuelle provenant des énergies fossiles qui assurent actuellement 80 % des besoins mondiaux. »
 
L’efficacité des éoliennes semble être arrivée à sa limite et il s’agit en outre d’une énergie fatale, c’est-à-dire dépendant des conditions climatiques et d’une source en soi faible et inefficace – le vent – que l’homme a cessé de l’utiliser pour ses besoins critiques depuis très longtemps. « Pour d’excellentes raisons. »
 

Couvrir un territoire grand comme la Russie d’éoliennes d’ici à 2067…

 
La construction d’éoliennes elle-même est polluante : elle requiert d’importantes quantités de métaux rares minés en Mongolie intérieure au prix de rejets toxiques et radioactifs massifs : « Parler d’énergie propre, c’est une mauvaise blague et les ministres qui la font devraient avoir honte à chaque fois qu’ils prononcent ces mots », s’irrite Matt Ridley.
 
Vient ensuite l’impact de leurs matériaux : acier et béton en quantité massive viennent s’ajouter aux lames en fibre de verre. « Les éoliennes ont besoin d’environ 200 fois plus de matériaux par unité de capacité qu’une turbine à gaz à cycle combiné moderne. Si nous devons construire 350.000 éoliennes par an (ou un nombre plus petit de turbines plus grandes) simplement pour rester à la hauteur de la croissante demande d’énergie, cela exigera 50 millions de tonnes de charbons par an. Soit environ la moitié du charbon dur extrait en Union européenne chaque année », constate le journaliste.
 
Autrement dit, avoir recours à l’énergie éolienne revient à « ruiner la planète ». Ridley propose d’avoir recours plutôt au gaz naturel, dont les réserves sont faramineuses et les émissions carbone modestes, ainsi qu’au nucléaire qui pourra prendre fortement le relais dès la deuxième moitié du XXIe siècle. « Tout le reste n’est qu’activité de déplacement politique, une politique qui est en réalité contre-productive en tant que politique, et – c’est le pire – qui spolie honteusement les pauvres pour rendre les riches encore plus riches. »
 

Anne Dolhein