Les Eglises de France lancent un label Eglise verte

France label Eglise verte

Église Ste Croix, de St Dalmas Valdeblore


 

Ils sont tous là : l’Eglise catholique à travers la Conférence des évêques de France, la Fédération protestante de France, le Conseil des Eglises chrétiennes en France, le secours catholique, le CCFD, l’Assemblées des évêques orthodoxes de France. Dans un « œcuménisme » désormais classique dans le domaine du climat et de la lutte pour la « Planète », les chrétiens de France ont lancé un label Eglise verte qui récompense les paroisses et autres groupements religieux chrétiens « écoresponsables ».
 
Qui dit label dit diagnostic. De fait, ceux qui veulent participer doivent remplir un « simple questionnaire » permettant de jauger leur conformité avec les exigences du nouveau « syllabus » du respect de la planète.
 
Parle-t-on des fleurs, des animaux, de la création ? Certains dimanches leur sont-ils dédiés ? Sont-ils évoqués au catéchisme, pendant les homélies, plusieurs fois par an au moins ? Y a-t-il des cantiques, des prières, des gestes et des signes au cours des offices pour « évoquer la création » ? En parle-t-on dans les bulletins paroissiaux ? Prie-t-on « pour les enjeux d’écologie locaux » ? Et le questionnaire s’achève : « Avez-vous réalisé autre chose dans le domaine spirituel que vous souhaitez nous dire ici ? »
 

Le label Eglise verte pour récompenser l’écoresponsabilité

 
Attention, il ne s’agit pas de rogations, ces jours traditionnels de jeûne et de pénitence pour supplier Dieu de pourvoir aux besoins de l’humanité en bénissant les récoltes. La suite le montre : on est invité à calculer son empreinte carbone à travers la consommation des bâtiments de culte et des logements de fonction, à mesurer la part d’énergies renouvelables utilisées, à visiter la chaudière et à déterminer son efficacité énergétique, à remplir d’interminables formulaires pour déterminer l’équipement d’isolation dont bénéficient fenêtres, murs et plafonds. Les chandeliers fonctionnent-ils aux lampes LED ? Récupère-t-on l’eau de pluie pour faire fonctionner les toilettes ? Et celles-ci sont-elles équipées de papier recyclé ?
 
Cela continue, inlassablement : encourage-t-on la marche et le vélo pour le paroissien (vu la moyenne d’âge croissante, ce n’est sans doute pas une sinécure), incite-t-on au recyclage ou à l’interrogation sur l’empreinte écologique personnelle ? Encourage-t-on le paroissien à « réduire l’usage des mails et autres surconsommations du Web, surtout des stockages importants sur les data centers » ?
 
Oui, c’est de ce niveau-là. Il serait peut-être temps d’isoler les vitraux du Moyen Age dans nos cathédrales !
 

Prêcher sur la nature et visiter des fermes bio au caté

 
Ou – plus enthousiasmant – de couper les micros, de sortir les ornements anciens pour éviter la surconsommation d’aubes en polyester, de prêcher contre la contraception hormonale qui pollue les cours d’eau… Non, rien de tout cela, les listes sont parfaitement en adéquation avec la nouvelle moralité qui exige de tout sacrifier à la planète – au détriment de Dieu et de l’homme qui sont les vrais sujets du culte chrétien.
 
L’initiative a été officiellement lancée samedi par les évêques catholiques de France qui soutiennent donc de toute leur autorité ce gadget destiné à sensibiliser notamment les paroisses et à les inciter à faire tous les ans leurs bilans en vue d’une progression continue non pas vers le bien et le vrai, mais vers l’écoresponsabilité telle qu’elle a été révélée par la COP 21. « Parce que nous avons conscience que c’est en nous convertissant ensemble que nous arriverons à bâtir ce monde plus juste et écologique nécessaire à la survie de l’humanité », proclame le site Eglise verte.
 

L’Eglise de France se met à la conversion écologique version “Laudato si’”

 
Le tout, bien entendu, sous l’égide de Laudato si’. La « conversion écologique » va bon train : comme le raconte La Croix, il y a déjà des paroisses pilotes à Paris où l’on a planté des tomates et installé des récupérateurs d’épluchures – c’est à Saint-Gabriel dans le 20e. Là, le curé – pardon, le père Cherrier – s’efforce d’évoquer des récits bibliques sur les animaux dans ses homélies et les prières universelles (la plaie des sauterelles, peut-être ?). Et les équipes paroissiales ont fait remplacer les gobelets en plastique par des « ecocup ». Au catéchisme, les gamins en attente de Dieu sont emmenés dans des fermes biologiques. Le P. Cherrier rêve de les voir s’accuser un jour de péché de maltraitance de la Terre comme le lui a raconté un collègue au Pérou a propos d’un enfant qu’il avait confessé.
 
Il paraît que tout cela « crée du lien » dans l’église.
 
Et Dieu, dans tout ça ? Le nouveau culte de la Terre veut bien qu’on en parle – comme Premier Jardinier, sans doute. C’est désespérément plat.
 

Jeanne Smits

 
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