fbpx

Antonin Scalia, doyen de la Cour suprême des Etats-Unis, défend la Constitution et dénonce le gouvernement des juges

gouvernement juges Antonin Scalia Cour suprême Etats-Unis Constitution
 
A l’occasion de l’anniversaire de l’adoption de la Constitution des Etats-Unis, le 17 septembre dernier, le juge doyen de la Cour suprême a dénoncé le gouvernement des juges mis en place par cette institution devenue totalitaire. Antonin Scalia intervenait devant l’université Rhodes de Memphis. Dénonçant une Cour suprême devenue folle, il s’en est pris aux juges qui interprètent la Constitution comme un document « vivant » à qui on peut faire dire tout et n’importe quoi en la faisant évoluer en fonction de l’idéologie dominante.
 
Antonin Scalia s’est notamment attardé sur le prétendu « mariage » homosexuel, qui relève d’une question morale et éthique qui n’a rien à voir avec la loi.
 
Pour lui, la décision de la Cour suprême d’imposer le « mariage » homosexuel à tous les Etats américains en dépit de l’avis des représentants du peuple relève de « l’extension la plus inimaginable du champ de compétence d’une Cour suprême qui ne fait que ce qu’elle veut ».
 
« Dire que la Constitution exige sa reconnaissance, alors qu’elle est contraire aux croyances religieuses d’un grand nombre de nos concitoyens… je ne sais pas comment on peut en arriver à de telles extrémités », a commenté Antonin Scalia. « Je m’inquiète d’une Cour qui va dans cette direction », a-t-il encore affirmé.
 

Antonin Scalia accuse la Cour suprême de réviser la Constitution au service de l’idéologie dominante

 
Scalia se décrit lui-même comme un « originaliste », défendant l’interprétation de la Constitution selon la volonté originelle de ceux qui l’ont ratifiée en 1787 : il l’a toujours interprétée, lui-même, de façon stricte.
 
« Ce n’est pas une question de mentalité. Il s’agit de voir ce que les mots voulaient dire pour les gens qui ont ratifié la déclaration des droits, puis la Constitution », avait déclaré Scalia dans un entretien accordé à 60 Minutes en 2008.
 
Lors de sa récente intervention, Scalia a clairement exprimé son avis sur ceux qui considèrent la Constitution comme un texte « vivant » dont l’interprétation pourrait changer selon l’époque : ceux-là « n’adhèrent pas au texte, ils agissent en hommes politiques. Ils n’interprètent pas la Constitution. Ils en écrivent une nouvelles, ils la révisent ».
 
Scalia est également revenu sur les questions éthiques dont se mêle sans cesse la Cour suprême pour mieux imposer certaines pratiques à la population : « Qu’est-ce qui m’a rendu apte, dans ce que j’ai appris à la faculté de droit de Harvard, à me prononcer à propos de questions aussi profondément morales et éthiques, comme celles de savoir s’il doit exister un droit à l’avortement, un droit au mariage homosexuel, un droit au suicide ? Cela n’a rien à voir avec la loi. Même la faculté de droit de Yale n’enseigne pas de telles choses. »
 

Le gouvernement des juges dénoncé par Antonin Scalia, doyen de la Cour suprême des Etats-Unis

 
Quant aux juges de la Cour suprême, a poursuivi Antonin Scalia, ils sont « terriblement non-représentatifs de notre pays ». Ces juges qui se permettent d’outrepasser les décisions des représentants élus par le peuple ont une bien étrange conception de la démocratie.
 
Antonin Scalia fait partie des quatre juges qui ont refusé la décision de la Cour suprême des Etats-Unis d’imposer le « mariage homosexuel » à tout le pays. A cette occasion, il a commenté ce refus, après avoir précisé que la décision elle-même n’avait que peu d’importance pour lui : ce qui le gêne le plus, c’est la manière dont elle a été imposée – par le gouvernement des juges, dirions-nous. Son opinion dissidente affirmait :
 
«  Ce qui compte le plus, c’est qui me dirige. La décision de ce jour affirme que mon Dirigeant, et le Dirigeant de 320 millions d’Américains, n’est autre que la majorité des neuf juges de la Cour suprême. L’opinion qui s’est imposée ici constitue l’extension la plus large – et même la plus large que l’on puisse imaginer – du pouvoir revendiqué par la Cour suprême de créer des “libertés” que la Constitution et ses amendements omettent de mentionner. Cette pratique qui consiste en une révision constitutionnelle par un comité non élu de neuf personnes, toujours accompagnée de louanges à la liberté, vole au peuple sa liberté la plus importante garantie par la déclaration d’indépendance, conquise lors de la Révolution de 1776 : la liberté de se gouverner lui-même. »
 
« Un système de gouvernement qui soumet le peuple à un comité de neuf juges non élus ne mérite pas d’être appelé une démocratie », concluait-il.
 
A l’aune du vocabulaire moderne, c’est donc une dictature…
 

Béatrice Romée