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Obama visite une mosquée : « L’islam a toujours fait partie de l’Amérique »

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Mercredi, Barack Obama a visité, pour la première fois de tout son mandat, une mosquée élevée sur le sol américain, dans le centre islamique du Maryland, près de Baltimore. Il a serré des mains, discuté avec les représentants religieux, félicité même chaudement la première athlète voilée qui défendra les couleurs des Etats-Unis (!) aux Jeux Olympiques de Rio… Il a surtout prononcé un discours fort de soutien radical à la communauté, contre « la rhétorique haineuse » qui selon lui n’a rien à faire avec l’Amérique historique et ses valeurs originelles. Plus qu’une simple défense de la liberté de culte, il a défendu une promotion de l’islam, faisant fi de tous les combats dont ne se prévaut pas la religion de Mahomet, comme l’égalité des sexes…
 
A neuf mois de la présidentielle, le geste est lourd de symbolique : c’est comme ça que les États-Unis doivent évoluer, pas dans un autre sens – surtout pas dans celui de Donald Trump.
 

A la mosquée, contre « la perception extrêmement déformée » de l’islam

 
Les Américains musulmans, Obama les écoutait déjà – il les recevait à la Maison Blanche. Mais cette visite de Baltimore est la plus grande manifestation publique de soutien à leur communauté. Et son sens est avant tout politique, puisque dirigée contre la rhétorique anti-musulmane et anti-réfugiés, « inquiétante », qui revient sans cesse dans la campagne des républicains – Donald Trump en est la meilleure illustration, qui a récemment appelé à interdire à tous les musulmans d’entrer aux États-Unis…
 
Obama a dénoncé « une rhétorique inexcusable » – le mot est pesé : on n’a pas le droit de penser ainsi. Il ne faut pas faire d’amalgames entre « une petite fraction de musulmans qui propagent une vision pervertie de l’islam » et « une écrasante majorité des musulmans du monde qui voient leur religion comme une source de paix »… Du même métal que son discours du Caire, en juin 2009, mais sur le sol des Etats-Unis – un autre poids.
 
« A travers l’ensemble du monde islamique, les voix influentes devraient en permanence s’exprimer ».
 

« Vous appartenez aussi à l’Amérique » Obama

 
Obama fait plus que de « l’anti-Trump ». Il en appelle aux valeurs de l’Amérique et à son histoire native. Il revint – il l’a déjà fait – sur Thomas Jefferson et ses statuts de la Virginie pour la consécration de la liberté religieuse, entre autres celle des musulmans d’Amérique. « Jefferson et John Adams avaient leurs propres copies du Coran (…) Benjamin Franklin a même écrit que si le Mufti de Constantinople envoyait un missionnaire pour prêcher, il trouverait une chaire à son service… »
 
Les plus anciennes mosquées sont là pour témoigner de cette présence historique, pour attester que « l’islam a toujours fait partie de l’Amérique »…
 
Et l’essence de sa foi est la même que celle de beaucoup d’autres, à savoir « la compassion, la miséricorde, la justice et la charité » (!) : une religion de paix comme celle des chrétiens – et la convergence fut appuyée par Obama. Une attaque contre elle est donc une attaque contre toutes nos religions… Le raccourci est fort.
 

Infériorité de la femme, poursuite des homosexuels… les valeurs des Etats-Unis ?!

 
Le porte-parole de la Maison-Blanche, Josh Earnest, a cloué au pilori cette tactique cynique de la stigmatisation de l’islam, qui « s’oppose exactement aux valeurs américaines ».
 
Mais, à l’inverse, est-ce que l’islam, lui, défend toutes les valeurs américaines ?! Quid de l’infériorité des femmes par rapport aux hommes ? Les petites filles avec les petits garçons devant Obama, à la mosquée de Baltimore, c’était juste pour les photos : la gent féminine n’a en théorie pas le droit de rentrer dans la mosquée et doit se contenter du sous-sol où elle écoute les sermons du vendredi par les canalisations… une situation en accord exact avec son statut inférieur.
 
Et quid des attaques en règle des homosexuels ? Il se trouve que le propre professeur de religion de la Société islamique de Baltimore, Yaseen Shaikh, est un virulent opposant à la cause LGBT. Dans une vidéo postée sur Youtube, en 2013, alors qu’il officiait dans une mosquée à Londres, il parle de l’homosexualité comme d’« un acte immoral, un acte honteux, un acte méprisable : il est haram, il est interdit dans l’islam, complètement, absolument, de par le Coran, les Hadith et le consensus des savants depuis le début de l’islam ». Il y dénonçait un lobby « extrêmement puissant » qui, partout, impose sa représentation…
 
L’organe de presse américain Breitbart rappelait même que le prédécesseur de Shaikh avait la réputation de tolérer les attentats suicides et avait des liens avérés avec des groupes radicaux… Selon le Coran, c’est bien connu, la valeur de la vie des êtres humains n’est pas égale.
 
Quelles remarquables contradictions pour le très gauchiste Obama !
 

La sacro-sainte égalité américaine prend un coup dans l’aile – gauche.

 
Son geste, au contraire, occulte sciemment les grandes lignes de la Constitution et de la Justice américaines – la Maison Blanche se félicitait encore, il y a quelques jours, de ses efforts pour hausser les salaires féminins… La sacro-sainte égalité américaine en prend un coup dans l’aile – gauche. Il y a là quelque chose de frappant.
 
A l’islam, mercredi, Obama a apporté une caution américaine de très mauvais aloi. Comme un accord tacite qui, pour les réformateurs musulmans américains rêvant de révolutionner le statut féminin, relève d’un coup bas incompréhensif.
 
Mais pour Obama, l’urgent et l’essentiel est d’aller contre le climat ambiant islamophobe qui pèse sur le pays : selon un dernier sondage, près de la moitié des Américains pensent qu’au moins certains musulmans américains sont anti-américains.
 
Qu’importe si le gros de la communauté musulmane américaine n’a salué son discours que du mot-dièse « TooLateObama »… Qu’importe si cette dernière ne représente qu’un seul 1% de la population totale des États-Unis… L’islam semble devoir avoir plus de droits que les autres religions.
 

Clémentine Jallais