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Le revenu universel, expérimenté par Julien Bayou (EELV) et louangé à Davos, ou le retour de l’Etat-providence socialiste

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L’Etat-providence socialiste revient sous la pression de l’automatisation à outrance et la volonté de contrôle des foules. Il est désormais incarné par l’idée de « revenu universel ». Cette utopie égalitariste poursuit l’entreprise socialiste, dégageant la technocratie scientiste de toute responsabilité dans la dépossession de ce qui offre à l’homme sa dignité, son indépendance et sa créativité : le travail. Un projet largement évoquée au Forum économique mondial de Davos, cerveau de la globalisation, et expérimentée en France par l’agitateur gauchiste d’EELV Julien Bayou.
 

Julien Bayou (EELV) récolte des sommes redistribuées pendant un an par tirage au sort

 
En France, l’association MonRevenuDeBase a lancé une campagne de « financement participatif » pour financer des personnes tirées au sort. Trois se sont déjà vues attribuer un « revenu de base » pour un an. C’est Julien Bayou, d’Europe-Ecologie les Verts (EELV), qui a créé l’association, laboratoire bisounours d’une entreprise qu’il espère voir devenir planétaire. Elle offrira mille euros par mois pendant un an à une personne majeure chaque fois que la collecte aura atteint 12.000 euros. Non point imaginer une activité offrant du travail et plaider pour l’allègement des charges record qui pèsent sur l’activité en France. Non, répartir les bonnes œuvres en maintenant les bénéficiaires dans leur statut de quémandeur. Et cela « sans contrepartie », insiste Bayou, rayant ainsi d’un trait de plume l’essence même de la valeur d’échange.
 
Au jour du premier tirage au sort, 80.000 personnes avaient tenté leur chance. La campagne a permis de réunir 36.000 euros. Si M. Bayou souligne qu’une « personne en France sur cinq cents » s’étant portée candidate, on déduit du résultat que la collecte a permis d’en nourrir une sur… 26.666. Selon une enquête d’une chercheuse au J-PAL, laboratoire de recherche sur la pauvreté, parmi les 80.000 participants, une majorité sont de jeunes actifs qui veulent arrondir leurs fins de mois. Ou, vu sous un autre angle, récupérer les sommes que le système prélève sur le résultat de leur activité pour un service public en sous-productivité notoire.
 

A Davos, Christopher Pissarides, prix Nobel, se fait l’avocat frénétique de la redistribution par le revenu universel

 
Cette « expérimentation », à visée bien plus politique que caritative, s’inscrit dans un mouvement venu de haut. En janvier dernier à Davos, Sir Christopher Pissarides, économiste nobellisé et professeur à la gauchisante London School of Economics, vantait le revenu universel. « Le gâteau devient de plus en plus gros et il n’existe aucune garantie que chacun puisse en bénéficier si nous laissons le marché agir seul », avait-il larmoyé, passant par profits et pertes le poids gigantesque du financement des… Etats-providence sur le travail. Et de détailler : « Nous devons donc développer un nouveau système de redistribution, de nouvelles politiques qui redistribueront obligatoirement en prenant à ceux que le marché aura favorisés pour donner à ceux que le marché aura oubliés ». Soulignons-le, M. Pissarides ne parle jamais de mérite mais de « marché ».
 
L’Etat-providence saigne les classes moyennes, la « bourgeoisie » de Marx, au profit d’un appareil d’Etat démesuré et sous-productif, comme en témoigne en France le coût de gestion des assurances sociales, où l’absentéisme est considérable. Soignant le mal par le mal, Pissarides poursuit : « Le revenu universel est l’une des solutions, si nous savons l’instaurer sans supprimer les incitations au travail aux niveaux inférieurs. » Là est toute la question, car l’automatisation des tâches humaines s’opère à partir des fonctions les plus simples. Au point qu’à Davos certains ont soutenu qu’il était possible de détacher du travail la motivation financière, car « l’on peut travailler juste parce que l’on aime ça, pas seulement parce que l’on veut gagner de l’argent pour survivre ». Un discours copié-collé de ceux tenus par la nomenklatura communiste qui affichait les photographies des ouvriers méritants dans les salles de repos tout en les payant avec une monnaie qui n’achetait rien.
 

Steve Fuller contre « une vieille idée socialiste de l’Etat-providence » et préfère monétiser les données personnelles

 
Récemment le professeur Steve Fuller, qui détient la chaire Auguste Comte d’épistémologie sociale à l’Université de Warwick, a débattu du revenu universel à Budapest, lors de rencontres sur « le futur », avec l’économiste hongrois Zoltan Pogasta. Ce dernier s’est dit favorable à ce système de « filet social total » face à l’automatisation du travail. Pour Pogasta, le revenu universel peut offrir aux citoyens « de meilleures conditions, inatteignables par la protection sociale actuelle » qui lie les aides aux cotisations et aux conditions personnelles.
 
A l’opposé, Steve Fuller a dit son complet désaccord : « Le revenu universel de base est une idée qui pouvait avoir un sens par le passé, quand on voulait construire un Etat fort contrôlant la population et prenant les décisions pour elle. » Or, poursuit Fuller, « ce revenu universel est vicié à la base, c’est une vieille idée socialiste de l’Etat-providence », et non celle d’un Etat arbitre. A l’opposé de l’interventionnisme socialiste, Fuller suggère par exemple une monétarisation des masses de données recueillies sur les citoyens : « Nous pourrions dire à Google, Facebook et ces multinationales opulentes : que les gens qui leur “offrent” des données personnelles pour gonfler leurs profits soient rémunérés. » En un mot, que l’Etat et ses fonctionnaires ne se mêlent pas de gérer l’argent à la place des familles et des entreprises mais qu’ils fassent régner la justice pour que celui qui prend paie et que celui qui offre soit rémunéré. Ce débat a été repris sur le site du Forum économique mondial. Mais c’est encore une proposition qui permettrait d’augmenter la surveillance, en incitant les internautes à partager tous les détails de leur vie privée, de leurs préférences et de leurs achats en échange de rémunération. Pas forcément une bonne nouvelle…
 

Matthieu Lenoir