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Histoire de deux voitures à travers le monde : raciste à Charlottesville, folle à la pizzeria de Seine-et-Marne

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Deux meurtres perpétrés à l’aide de voitures, l’un à Charlottesville aux USA, l’autre dans une pizzeria de Seine et Marne, sont utilisés par les médias pour raconter chacun une histoire. Avec une seule morale : le monde blanc et développé est coupable, ceux qui l’attaquent innocents.
 
L’histoire de ce qui s’est passé à Charlottesville telle que les médias la racontent est incompréhensible, et fausse de A à Z. Ce dont on veut nous persuader est très simple : de vilains racistes « suprémacistes blancs » (auquel se seraient joints des identitaires européens, pour faire bon poids) ont répandu la haine dans la ville et l’un d’eux fonçant dans la foule a tué, blessant « des dizaines » de personne. L’odieux Donald Trump a volontairement omis de les condamner, « renvoyant dos à dos » victimes et assassin. Il est donc légitime de les harceler, lui en manifestant, les « racistes », en les dénonçant.
 

L’adjoint au maire de Charlottesville falsifie l’histoire

 
Cette histoire édifiante et triste néglige la réalité observable. Rétablissons d’abord la chronologie. Tout a commencé voilà plusieurs mois lorsque Wes Bellamy, adjoint au maire de Charlottesville, militant noir d’ailleurs auteur de tweets tenus pour racistes et sexistes, a décidé de déboulonner la statue du général Lee, commandant en chef de l’armée confédérée, sudiste.
 
Pourquoi ? Parce qu’il y voit un symbole de l’esclavagisme, dont il estime nécessaire de faire honte aux Blancs. C’est manifester un grand mépris pour l’histoire. Il faut savoir que Lee avait affranchi ses esclaves, n’était pas esclavagiste et se réjouit de l’abolition de l’esclavage. Il faut se rappeler aussi que la cause principale de la guerre de Sécession ne fut pas l’esclavage, mais des raisons monétaires et le refus autoritaire du nord de laisser sortir librement de l’union les Etats qui le désiraient. Il faut enfin ne pas ignorer que des dizaines de milliers de Noirs, libres ou esclaves, combattirent volontairement du côté des confédérés. Subsidiairement, on relèvera que plusieurs milliers de Noirs étaient au début de la guerre de sécession propriétaires d’esclaves.
 

L’adjoint raciste provoque la violence à Charlottesville

 
Tout cela, nos médias l’ignorent ou le cachent parce qu’il faut peindre Lee sous les couleurs du méchant afin que ceux qui honorent sa mémoire puissent être confondus, d’où qu’ils viennent, dans la même tourbe raciste, nazie, « suprémaciste ». Or, c’est une imposture : aux USA et aux Etats-Unis des gens très divers défendent la mémoire du général Lee. C’est Wess Bellamy dans l’affaire qui est l’agresseur et le responsable des violences de Charlottesville. Il l’est d’autant plus qu’il a changé le lieu primitivement prévu pour la manifestation de soutien à Lee, qu’il a autorisé la contremanifestation des Antifa et qu’il n’a pas donné les instructions nécessaires à la police pour séparer les deux masses de manifestants avec efficacité, ce qui a causé des bagarres et pour finir à l’épisode mortel de la voiture dans la foule. J’écris épisode pour ne pas minimiser la chose en parlant d’incident, et parce qu’à ce stade de l’enquête, les autorités de Charlottesville n’ont toujours pas précisé s’il s’agit d’un meurtre ou d’un accident.
 

Trump renvoie dos à dos deux parties douteuses

 
Wess Bellamy ne pouvait ignorer les risques qu’il prenait, car les antifas sont connus pour leur violence, et que le rassemblement Alt-Right (droite alternative), qui organisait la manifestation contre le déboulonnage de la statue de Lee, est une nébuleuse de groupuscules, décrite comme « suprémaciste blanche, sexiste, antisémite », soupçonnée de « néonazisme ». Son patron, qui organisait la journée de protestation, est un avocat braillard et douteux, ancien du parti démocrate, ancien partisan d’Obama, ayant commis des articles en faveur du mouvement « Occupy Wall Street », bref, un agitateur à géométrie variable. La confrontation entre Altright et les Antifas ne pouvait être pacifique.
 
Aussi ne le fut-elle pas. Ce sont les Antifas qui ont pris l’initiative de l’attaque. Avec une brutalité revendiquée. Cela justifie pleinement le commentaire de Donald Trump, condamnant « toutes les violences d’où qu’elles viennent », et, par conséquent, établit la mauvaise foi de ceux qui l’attaquent sur ce point : ils font une récupération politicienne du mort et des blessés de Charlottesville.
 

En Seine et Marne on ignore l’identité du chauffard

 
Parlons maintenant de la voiture numéro deux, celle qui s’est encastrée dans une pizzeria de Seine et Marne. La police, la justice et les médias ne l’ont pas traitée de la même manière que la première. D’abord, autant on a été précis sur l’identité du chauffeur de la voiture de Charlottesville (on sait son nom, et qu’il a été pris « en photo avec des suprémacistes ») autant celui de la voiture de la pizzeria de Seine et Marne est demeuré anonyme. Et pourtant il est identifié par la police puisqu’on sait qu’il a été vigile. Ensuite, à l’inverse, on ignore le mobile du chauffeur de Charlottesville (Il a percuté par l’arrière un véhicule qui en a percuté un autre qui en a percuté un troisième qui a foncé dans foule : pourquoi ? Pour tuer ? Parce qu’il fuyait, apeuré par les antifas ?), alors qu’on connaît celui qui conduisait la voiture de la pizzeria de Seine-et-Marne : « Dépressif », il entendait se « suicider ».
 

Mais on sait que l’affaire de la pizzeria n’est qu’un « incident »

 
On sait même quel n’est pas son mobile : la « piste terroriste » est « à écarter », selon le procureur. On a trouvé une kalachnikov dans sa voiture et il était bourré de drogue, selon le test qui lui a été appliqué, mais ses propos étaient « incohérents », ce qui a persuadé les enquêteurs qu’il s’agissait bien d’une voiture folle conduite par un « déséquilibré ».
 
Dernier point qui différencie l’histoire des deux voitures : celle de Charlottesville a provoqué une catastrophe mondiale qui fait honte à l’Amérique et à son président, celle de la pizzeria de Seine n’a causé qu’un « incident », pour reprendre le mot du sous-préfet Gérard Branly. Un incident qui va se banaliser : déjà le 13 août à quatre heures du matin, une autre voiture folle a embouti un bar et y a mis le feu. On ne déplore heureusement aucun suicide.
 

Un tournant dans l’histoire des voitures qui percutent les foules

 
L’histoire que nous racontent ces deux voitures est un tournant dans l’histoire des voitures qui percutent des foules. On sait que cette méthode d’assassinat a été inaugurée en Israël par des terroristes palestiniens pour tuer des juifs. Puis elle a été étendue largement, à Nice, à Londres, en Allemagne, aux foules occidentales par des terroristes islamiques. C’était, du point de vue de l’image, hautement dangereux : cela risquait d’assimiler partout dans le monde les voitures folles, les voitures tueuses, à l’islam conquérant. Les voitures de Charlottesville et de la pizzeria de Seine et Marne viennent rectifier cela. La dernière nous apprend que nous ne devons plus faire d’amalgames : toutes les voitures folles ne sont pas islamiques. Celle de Charlottesville permet de tirer des tiroirs du Figaro une statistique de 2015 selon laquelle les extrémistes de droite tueraient plus que les djihadistes aux Etats-Unis. 
 

Dénoncez le raciste que vous reconnaissez !

 
Ne discutons pas de la validité de cette statistique mais constatons qu’elle est précieuse, parce qu’elle enseigne que, dans la plus vieille démocratie du monde, le danger principal pour le citoyen n’est pas l’islam terroriste, c’est l’extrême droite néonazie. Cela justifie la chasse au nazi lancée sur le net. Une chasse concrète appelant à la délation. Logan Smith a lancé dès 2012 un compte Twitter intitulé « Yes, you’re racist » (Oui, vous êtes raciste), qui compte 300.000 followers et sur lequel il vient de poster ceci : « Si vous reconnaissez l’un de ces nazis qui marchent à Charlottesville, envoyez-moi leur nom/profil et je les rendrai célèbres ». En deux jours une dizaine de militants ont ainsi été dénoncés. Plus besoin de police, les militants antiracistes la font.
 

Ne pas confondre voiture folle avec tueurs nazis

 
Notre confrère Le Point s’inquiète à juste titre du caractère immoral et dangereux de cette chasse aux sorcières, mais il omet de noter que ces justiciers d’internet ne sont que le bras armé du consensus politiquement correct qui s’acharne sur Donald Trump et assimile toute critique des provocations « antiracistes » à du nazisme. Un consensus qui a pénétré la conscience ordinaire que l’Occident se fait de lui même.
 
La consultation de certains articles de Wikipedia en anglais est à ce sujet instructive : les articles Black pride, Gaypride, Asian pride décrivent des faits positifs pour célébrer l’identité et l’héritage de certaines communautés, alors que White pride est dénoncée comme le fait de séparatistes néonazis suprémacistes qui manifestent une idéologie raciste. Cette façon de voir les choses, l’histoire des deux voitures de Charlottesville et de la pizzeria de Seine-et-Marne l’enseigne au monde entier. Le Figaro la partage, puisqu’il relève avec horreur que le « sigle des identitaires européens » a été « repéré à Charlottesville ». Les mêmes qui surveillent les migrants défilent à Charlottesville ! Attention, nazis !
 

Des voitures peuvent cacher une idéologie mondialiste

 
Cette vue du monde anime aussi Wess Bellamy et les crétins qui s’acharnent sur les statues de soldats confédérés, tels qu’on peut les observer en Caroline du Nord. La frénésie qui les possède doit être analysée avec sang froid. Il n’est pas rare de voire déboulonner les statues de dictateurs une fois tombée la dictature. Hitler, Mussolini, Lénine, Staline et d’autres ont fait les frais, une fois leur vogue passée, de leur propre culte de la personnalité, dans la violence de peuples qui voulaient oublier à leur propres yeux leur ancienne adulation. Il s’agit pour Lee, vraie gloire militaire de l’Amérique, qui avait participé après la guerre de Sécession au processus de réconciliation nationale et prêté serment à la Constitution, de tout autre chose, qui s’apparente une cérémonie magique. Il ressemble moins à la fureur iconoclaste des Talibans brisant les bouddhas de Bamian qu’au vandalisme de la révolution française : il faut détruire les traces d’une culture et d’une spiritualité haïe. En l’espèce, pour Lee, celle des gloires nationales américaines, afin de lui substituer l’adoration rituelle de l’antiracisme modialiste. A ce propos, des statues de Jeanne d’Arc ont été taguées dans l’Est en mai et juin. Affaire à suivre.
 

Pauline Mille