Les 3.000 laïcs du Vatican se plaignent de leur travail

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L’Etat du Vatican (Cité plus Castelgandolfo) emploie de nombreux laïcs, ceux de la Cité du Vatican, agents de sécurité, personnels des musées et des palais apostoliques, personnel de maintenance, employés du gouvernorat, les agents de la Curie et ceux des organismes qui « rendent différents services nécessaires ou utiles au souverain pontife, à la Curie, à l’Eglise universelle, et d’une certaine façon, sont liées au Siège apostolique » (Archives secrètes vaticanes, Bibliothèque apostolique vaticane, académies pontificales, Typographie polyglotte vaticane, éditions et Librairie vaticane, quotidiens, dont L’Osservatore Romano, Radio-Vatican et le Centre de Télévision du Vatican), sans oublier la fabrique de Saint Pierre : en tout, trois mille hommes et femmes. Un seul syndicat les représente, l’Association des employés laïcs du Vatican (ADLV), qui compte 850 membres, reconnu par le Saint Siège depuis 1993. Or une enquête en ligne a été menée entre le 15 décembre 2025 et le 7 janvier 2026 sur « un échantillon aussi diversifié que possible, provenant de différents dicastères et organismes du Vatican », précise l’ADLV dans son communiqué. Il en ressort une insatisfaction globale des fonctionnaires du Saint-Siège.

Le sondage a révélé notamment un « fossé » entre les employés et les dirigeants, ressenti par 73,9 % des personnes interrogées. Un quart d’entre elles « affirment qu’il n’est pas possible de dialoguer de manière libre et sincère avec leurs responsables ». Les sondés déplorent « une baisse de la qualité du travail et des formations », et 79 % d’entre eux pointent du doigt un manque d’investissement dans la formation du personnel. Plus de 56 % déclarent avoir subi des injustices et des vexations de la part de leur responsable. Et 73,4 % constatent « des favoritismes, des disparités de traitement » ou encore une « insécurité » quant à la protection de leurs droits. L’organisme appelle à examiner ces faits, rappelant que le harcèlement moral n’est pas encore reconnu comme infraction au Vatican. Trois quarts des sondés (75,8 %) ne se sentent pas valorisés et 73 % déplorent « un blocage de leur progression de carrière ». Le gel de la prime à l’ancienneté – auparavant automatique tous les deux ans – voulu par le pape François pour combler le déficit structurel du Saint-Siège est dénoncé comme « injuste ». En général, les réformes effectuées sous François, qui ont délégué un grand pouvoir au secrétariat pour l’Economie, sont mal perçues : 68 % des personnes interrogées estiment qu’elles ont provoqué des fermetures et des restrictions. Enfin, beaucoup dénoncent une atteinte à leurs droits dans le récent règlement, qui facilite les licenciements. L’Etat patron, ce n’est décidément pas la joie.