Avec LFI, les mots et le ridicule tuent

LFI mots ridicule tuent
 

La rhétorique sans surprise de LFI visant à inverser la responsabilité de la mort de Quentin Deranque et l’imputer à « l’extrême droite » ou au « fascisme » a fini par apparaître dans toute son horreur et son cynisme à une majorité des Français, et même des hommes politiques. L’importance des mots utilisés pour discréditer les uns et innocenter les autres est reconnue. L’antifascisme et la Jeune Garde tuent parce qu’ils ont placé sur le front de leurs ennemis l’étiquette qui désigne celui qui la porte à l’opprobre et à la mort. Il reste cependant à analyser deux discours particulièrement odieux et mortels dans leur ridicule, celui de Mathilde Panot, chef du groupe LFI à l’Assemblée, et celui de Sophia Chikirou, compagne de Jean-Luc Mélenchon et candidate de LFI aux municipales de Paris.

 

Chikirou ridicule avec ses mots qui tuent

Sophia Chikirou, Kabyle née en Haute Savoie en 1979, a tapé dans l’œil de Jean-Luc Mélenchon voilà une dizaine d’années pour former avec lui selon Le Figaro « un couple politique et conjugal », mais pas « au sens fiscal du terme », précise le patron de LFI. C’est à cette situation qu’elle a dû son ascension à LFI et son influence. Elle est en pointe dans la contre-attaque menée par son mouvement. On lui doit notamment une tirade surréaliste, flambant d’indignation jouée et de haine véritable, où elle traite notamment les journalistes qui ne sont pas d’accord avec elle de « nazis à petits pieds » ou « à petit pied », la prononciation ne permettant pas plus de précision. L’effet de ridicule est saisissant, on imagine des nazis chaussant du 36, alors que l’expression française est « au petit pied », elle signifie en petit, au rabais. L’une des figures de LFI montre ici, avec son sectarisme, son ignardise profonde. Mais on doit lui pardonner : notre confrère Le Monde, sans doute pour lui éviter des moqueries, a transcrit de son côté : « aux petits pieds », où l’on retombe sur des SS aux pieds atrophiés. Il ne semble pas connaître lui non plus le sens des mots « au petit pied ». Tel est aujourd’hui le niveau du débat politique en France.

 

« Autodéfense » : Panot, poids lourd de LFI, falsifie les mots

Mathilde Panot, à côté, paraît une théoricienne. Invitée par les Quatre Vérités, elle s’est d’abord félicitée de la loi sur l’euthanasie : « Je suis fière que La France insoumise et Jean-Luc Mélenchon portent cette revendication aux côtés d’associations engagées depuis des années. Nous nous inscrivons dans une continuité : celle des combats pour de nouveaux droits, comme celui de l’interruption volontaire de grossesse, dont l’inscription dans la Constitution a constitué une avancée historique. Je crois que nous vivons un moment important de progrès humaniste pour notre pays. » Puis, sur le meurtre de Quentin, elle a menti en affirmant « qu’un seul ancien collaborateur de Raphaël Arnault est concerné » : ils sont trois. Elle s’est ensuite dite « fière de compter Raphaël Arnault dans (son) groupe parlementaire ». Elle a enfin martelé que « la Jeune Garde a toujours revendiqué une doctrine claire : celle de l’autodéfense populaire, et uniquement cela ». Il y a deux mots dans Autodéfense populaire. Les deux mentent et l’un tue en plus. La Jeune Garde n’a rien de populaire, composée de fils de cols blancs bobos. Autodéfense signifie pour Panot que le fascisme est une attaque contre la société, qu’on doit éliminer par tous les moyens (« no limit ») : coller l’étiquette fasciste sur l’adversaire est pour l’antifa autoproclamé un permis de le tuer. L’autodéfense est un mot qui inverse la réalité et qui tue.

 

Pauline Mille