Les appels et mots d’ordre du syndicat de l’agitation ont bien été entendus avant la journée d’action scolaire du 13 octobre. Bien que, en nombre, les émeutes reculent (96,5 % des établissements étaient ouverts), les violences s’intensifient. Selon le ministre, au moins huit employés de l’Education nationale ont été blessés lundi 12. Sans compter le clou de la journée : à Aubagne, dans les Bouches-du-Rhône, un proviseur du collège Lakanal et une enseignante ont été plombés au fusil de chasse. Voilà une manière singulière de lutter contre l’absence de personnel. Mais l’élève auteur des coups de feu étant un collégien de 14 ans, la chose n’entre pas dans les violences lycéennes. Ses parents ont été placés en garde à vue pour détention d’armes, lui-même pour « tentatives d’assassinat ». Des milliers de fouilles systématiques ont été menées à l’entrée des collèges depuis janvier, mais le collégien avait astucieusement dissimulé son fusil dans un étui à guitare. Ce qui a conduit le ministre de l’Intérieur à estimer que « cet acte a été manifestement préparé ». Les lycéens sont plus spontanés. Au lycée Emile Dubois, ils ont jeté une poubelle pour exprimer leurs légitimes revendications. Elle est tombée, exprès ou non, l’enquête le dira, sur le proviseur, une femme. Elle est tombée et, comme elle tentait de se relever, les jeunes lui ont jeté des œufs pour fêter ça. 90 % d’entre eux auront le bac, afin de bien commencer dans la vie.











