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L’Afrique de l’Ouest veut interdire le voile islamique intégral

Afrique interdire voile islamique intégral

Des femmes portant le niqab, voile intégral, sur un marché à Abidjan, en Côte d’Ivoire.


 
Afin de lutter contre les attentats kamikazes commis notamment par des femmes, voire de toutes jeunes filles, plusieurs chefs d’Etat de l’Afrique de l’Ouest prétendre aujourd’hui répondre au terrorisme en envisageant d’interdire le port du voile islamique intégral. Une prétention qui n’a pas été sans provoquer un tollé quasi généralisé.
 

Interdire le voile islamique intégral pour lutter contre le terrorisme

 
Ce jeudi, les dirigeants d’Afrique de l’Ouest se sont donc entendus pour « interdire », dans la mesure du possible, le voile islamique intégral dans leurs pays respectifs, afin de mieux lutter contre la multiplication des attentats terroristes. Afin d’être tout à la fois plus précis et prendre moins de risques, ils ont été invités très exactement à prendre des mesures pour « interdire (…) tous les vêtements qui rendent impossible l’identification d’une personne », a déclaré le président de la Commission économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao), Kadré Desiré Ouédraogo, à l’issue d’un sommet de deux jours à Abuja, la capitale du Nigeria. Bref ! d’agir « en prenant en compte leur propre situation et leur environnement culturel ».
 
Certains pays d’Afrique centrale, comme le Tchad, le Niger ou le Cameroun, ont déjà pris des décisions de ce genre en interdisant le voile intégral sur l’ensemble de leur territoire, à la suite d’attaques kamikazes.
 
Mais ce n’est pas toujours si simple, et les membres de la Cédéao en sont bien conscients. Ainsi, au Sénégal, le débat a-t-il provoqué un tollé, au point que le chef de l’Etat, Macky Sall, a dû promettre qu’aucune loi ne serait votée sans l’organisation d’un débat interne au pays.
 

Les dirigeants d’Afrique de l’Ouest pris entre deux problèmes

 
Pourtant, l’aggravation de la situation contraint les dirigeants à agir. « Certains ports vestimentaires qui rendent impossible l’identification des personnes concernées peuvent considérablement gêner la conduite d’actions préventives de préservation de la sécurité des personnes et des biens », notent en effet les quinze dirigeants de la Cédéao.
 
Les terroristes de Boko Haram se sont fait une spécialité de ces attentats kamikazes par le biais de femmes, d’adolescentes, voire d’enfants, qui ignorent souvent porter des explosifs, lesquels sont souvent déclenchés à distance.
 
Mais ce n’est évidemment pas la lutte contre Boko Haram qui heurte les populations de ces pays. Le point d’achoppement, c’est l’islam. Le voile intégrale est un vêtement religieux ; c’est également un vêtement à usage terroriste. La confusion entre religion et terrorisme est donc en quelque sorte la conclusion des décisions que prendront ces dirigeants politiques, et ce d’autant plus que les terroristes, en Afrique, comme partout ailleurs, se revendiquent de l’islam.
 

François le Luc