Le 21 septembre 2007, Sarkozy régnant depuis quelques mois, son Premier ministre François Fillon déclarait l’Etat « en faillite » : François Bayrou, alors dans l’opposition, relevait cet « aveu estomaquant », reprochant au Sarthois d’avoir « creusé le déficit » par des dégrèvements fiscaux. Hier soir, le même Bayrou, Premier ministre provisoire, tentant sur TFI une pédagogie de la vérité pour persuader les Français que la situation financière est très grave, a rappelé que la France est championne à la fois de la dette (deuxième d’Europe derrière la Grèce), et de l’impôt (première d’Europe pour les prélèvements obligatoires). Mais il a « oublié » une donnée dans son constat : la dépense publique, extraordinairement forte en temps de paix. Pourquoi ? Parce qu’il n’a pas voulu nommer la cause de l’impasse actuelle : le socialisme. De même dans sa récente recension (assez courageuse) des actes qui ont creusé la dette, en a-t-il oublié trois, l’immigration, la transition énergétique, et le financement des mille insanités morales qui concourent à la transition LGBTQ. Pourquoi ? Parce qu’il n’a pas voulu préciser la couleur de notre socialisme, le type exact de cancer dont souffre notre société : le socialisme arc-en-ciel.
Dette, impôt, et le troisième élément : la dépense publique
François Bayrou a eu raison, dans son exercice de vérité, de citer en même temps l’impôt et la dette : c’est la concomitance de leurs niveaux très hauts qui ôte toute marge de manœuvre au pays et le rapproche de la faillite. Les Etats-Unis, par exemple, ont une dette publique plus élevée, exprimée en pourcentage du PIB (122 %), que celle de la France (113 %), mais leur taux de prélèvements obligatoires est inférieur à 30 % quand le nôtre est de plus de 40 % (il dépassait 45 % récemment). Il y a donc très peu à racler dans la poche des Français, même s’ils étaient d’accord pour payer. Mais pour que le public comprenne bien dans quel piège la France s’est fourrée, François Bayrou aurait dû fournir une troisième donnée, la dépense publique. C’est là que la France cartonne vraiment, deuxième du monde devant la Finlande : 57,1 % du PIB, c’est à dire de la richesse nationale, sont distribués par l’Etat. Par comparaison, Cuba n’atteint que 49,8 %, la Grèce 48 %, les Etats-Unis 39,7 %, l’Irlande 22,3 % et la Russie 35 % en moyenne entre 2011 et 2021. En tête de la dette, de l’impôt et de la dépense publique, la France, on peut le conclure sans risque, est le pays le plus socialiste du monde. Il taxe à mort pour redistribuer, et au bout du compte, ça lui coûte très cher. D’autant plus cher que l’Etat s’est habitué à emprunter au temps où les taux d’intérêt étaient très bas et qu’ils remontent aujourd’hui à mesure même que le pays est en difficulté : le Portugal et la Grèce, qui ont déjà commencé à réduire leurs dépenses publiques, empruntent à meilleur marché que la France.
François Bayrou dit une part de vérité sur une longue incurie
François Bayrou a eu le grand mérite lors de la conférence de presse où il a engagé la responsabilité de son gouvernement de rappeler que la dette ne sort pas de nulle part. C’est le fruit d’une longue erreur à laquelle presque tous les gouvernements (y compris ceux qu’il a soutenus) ont participé depuis 1981, le dernier budget en équilibre ayant été présenté par Raymond Barre, mais non exécuté. Cette plongée vers le socialisme, François Bayrou a eu raison de dire que personne ne l’a vraiment freinée et que tous en ont profité. « Cette dette colossale a été année après année consommée en dépenses courantes et protection de nos concitoyens. Je pense au covid, aux retraités pour quelques 600 milliards, aux consommateurs en TVA réduites, aux fonctionnaires en salaires, aux assurés sociaux massivement, aux entreprises en baisses de charges. » Cette phrase, qui comporte des manques et l’on va y venir, décrit assez justement la complicité des masses attirées par l’Etat nounou, des patrons avachis dans un capitalisme de connivence, de fonctionnaires et d’idéologues entêtés dans un socialisme inviable à la fin. L’Etat a materné les Français, mais c’est une mère indigne, il les a menés à l’impasse : car le socialisme, on le sait depuis l’URSS, n’est pas soutenable, ce n’est pas un mode de développement durable, l’impasse de la dette le rappelle.
Le socialisme accroît l’impôt sans réduire la dette
Un coup d’œil à la dette française depuis 1815 est instructif. La guerre de 1870 contre la Prusse a l’a fait passer de 50 à 80 % du PIB, puis la Troisième République, mettant la main sur l’instruction et l’hôpital pour en chasser l’Eglise, a fait bondir la dépense publique et la dette, tout en lançant l’impôt sur le revenu. Les deux guerres mondiales, ayant épuisé le bas de laine des Français, atteignirent des sommets de dette, mais, malgré des guerres de décolonisation fort dispendieuses, la dette publique française décrut très vite pour atteindre 13,5 % en 1969, 14,5 % en 1974 à l’arrivée de Giscard à l’Elysée, et, malgré le choc pétrolier, elle ne dépassait pas 20 % du PIB à son départ. C’est la « relance » socialiste de François Mitterrand qui va donner le branle à une dérive continue de la dette, « droite » et « gauche » y contribuant chacune à sa manière. L’Etat et les collectivités locales, montées en puissance depuis la loi Defferre de décentralisation de 1981, dépensent, pour satisfaire tant leurs clientèles que leurs obsessions idéologiques. Le peuple français sous perfusion d’argent public prend l’habitude d’être assisté, infantilisé, et pour finir tyrannisé. Il est entré par la dette, l’impôt et la dépense publique, sous la domination du socialisme arc-en-ciel. Car pour la première fois en deux siècles, la dette atteint en temps de paix le niveau du temps de guerre, et cela a été fait volontairement – par exemple quand Emmanuel Macron a déclaré la guerre au covid « quoi qu’il en coûte ».
Le socialisme, moyen d’imposer le totalitarisme arc-en-ciel
C’est là qu’il faut examiner les oublis de Bayrou avec soin. Il n’a pas dit toute la vérité sur les origines de la dette. Il n’a pas rappelé l’incidence sur les finances publiques de l’immigration, de la transition énergétique et de la révolution LGBT. Il a oublié les trois folies liées de l’arc-en-ciel. Il n’a pas voulu reconnaître que le socialisme qui nous ruine, nous taxe et nous endette n’est pas n’importe quel socialisme, c’est le socialisme mondialiste arc-en-ciel. Et c’est pourtant capital. Car le socialisme mondialiste, qui se conjugue sans état d’âme avec les profits de la haute finance, est le moyen d’une révolution morale, politique et spirituelle. Si les Français n’étaient pas abêtis, asservis par un inextricable réseau d’aides, subventions et taxes, ils n’auraient pas accepté les politiques arc-en-ciel qu’on leur impose, en matière de mœurs, d’écologisme ou d’immigration. Il ne faut pas s’y tromper. Tout le monde sait que le socialisme est ruineux et non durable. Aujourd’hui, la dette qu’il a constituée est instrumentalisée pour continuer d’asservir les Français. Soit qu’on la mutualise à terme pour créer « plus d’Europe », c’est-à-dire plus de mondialisme bruxellois, soit qu’on fasse appel au père fouettard FMI pour assainir les comptes.
La vérité sur la clientèle des propagandistes arc-en-ciel
Un moratoire sur le socialisme ne signifie donc pas la fin de l’arc-en-ciel. Le socialisme n’étant pas soutenable, il est probable qu’on va revenir, partiellement, à la réalité économique, aux frais des Français bien sûr. Mais la révolution idéologique ne va pas s’arrêter pour autant. Avec les milliards de la dette, le système s’est constitué, par ses millions de fonctionnaires, notamment ceux de l’Education nationale, avec ses associations politisées qu’il subventionne, par ses médias et ses permanents politiques de la culture (Jack Lang, qui fut super ministre de la Culture et de l’Education nationale aura été le grand précurseur de l’arc-en-ciel), une clientèle, et une clientèle de propagandistes. Plus nombreuse que feue l’armée rouge, l’armée arc-en-ciel, qui survivra aux vicissitudes du socialisme, pourra continuer à diffuser son poison spirituel. Telle est la triste vérité, que n’a pas su dire Bayrou : c’est sur ce plan, politique et spirituel, que doit se mener le combat essentiel.