A Haarlem, le cardinal Burke honore la Vierge Marie en tant que Corédemptrice

Burke Vierge Marie Corédemptrice
 

Lors de sa visite aux Pays-Bas pour célébrer la messe du premier samedi du mois et donner un éclat particulier à cette dévotion grâce à une procession dans les rues d’Amsterdam et une récitation publique du rosaire, le cardinal Raymond Burke a également donné une conférence à Haarlem, après y avoir célébré la messe et les vêpres pontificales en la cathédrale de Haarlem-Amsterdam à l’invitation de l’évêque du lieu, Mgr Johannes Hendriks. A cette occasion, le cardinal américain a fortement rappelé le titre par lequel la Vierge Marie est traditionnellement honorée, celui de Corédemptrice.

On sait que ce titre a été jugé « inopportun » par le Dicastère pour la doctrine de la foi, même si, devant l’indignation de nombreux catholiques, le cardinal Fernández, son préfet, a reconnu qu’il est autorisé pour la dévotion privée, pourvu qu’il soit donné selon le sens « traditionnel et subordonné de l’expression », ce qui ne pose évidemment aucune difficulté, puisque l’Eglise n’a jamais proclamé la divinité de Marie et que son action de Corédemptrice exprime sa participation – absolument unique – à l’œuvre de salut du Rédempteur, sans confusion. Avoir ôté ce titre des textes et des prières officielles et liturgiques de l’Eglise se révèle ainsi pour le moins absurde.

 

Pour le cardinal Burke, Marie est Corédemptrice

C’est sans la moindre polémique que le cardinal Burke a déclaré : « La Bienheureuse Vierge Marie est Corédemptrice, c’est-à-dire qu’elle participe à l’œuvre salvifique de Notre-Seigneur d’une manière unique. »

Il a placé cette vérité dans le cadre du message de Fatima qui appelle justement les fidèles à œuvrer, par la prière, la réparation et la pénitence, au salut des hommes, et ce particulièrement par la dévotion des premiers samedis dont il a rappelé les conditions. Il a notamment évoqué le second message prononcé à leur sujet par l’Enfant Jésus que sœur Lucie avait vu en vision à côté du Cœur Immaculé de Marie le 15 février 1926, alors que l’aînée des voyants faisait remarquer que cette dévotion – qui de fait n’était pas une innovation – ne manquait pas dans le monde :

« C’est vrai, ma fille, que beaucoup d’âmes les commencent, mais peu les mènent à bien, et celles qui les mènent à bien le font pour recevoir les grâces promises. Il me plairait davantage qu’elles prient cinq dizaines avec ferveur et dans l’intention de faire réparation au Cœur de leur Mère céleste, plutôt que de prier quinze dizaines d’une manière tiède et indifférente. »

Le cardinal a voulu souligner dans l’insistance de Notre Dame sur cette dévotion « une merveilleuse expression de son amour maternel inébranlable », définie comme « le chemin de la libération de la rébellion contre Dieu, qui est un péché grave dont le fruit est la mort éternelle ».

 

A Haarlem, le cardinal Burke a expliqué la dévotion des premiers samedis

Et d’ajouter :

« Par la dévotion au Cœur douloureux et immaculé de Marie, en particulier la dévotion des premiers samedis, la promesse de Notre Seigneur faite par l’intermédiaire du prophète Isaïe s’accomplit : “Car comme la terre fait éclore ses germes, et comme un jardin fait germer ses semences, ainsi le Seigneur Yahweh fera germer la justice, et la louange devant toutes les nations.” Elle s’est accomplie tout d’abord, et de la manière la plus parfaite qui soit, dans la vie de la Bienheureuse Vierge Marie par sa coopération irremplaçable au mystère de l’Incarnation rédemptrice. Elle doit s’accomplir dans chacune de nos vies en tant que collaborateurs de la Vierge Mère de Dieu dans l’œuvre de la Rédemption de son Fils divin. »

S’appuyant sur la lettre de saint Paul aux Colossiens (« Maintenant je suis plein de joie dans mes souffrances pour vous, et ce qui manque aux souffrances du Christ en ma propre chair, je l’achève pour son corps, qui est l’Eglise »), le cardinal Burke a rappelé :

« Ce n’est pas que le Sacrifice de Notre Seigneur soit en quoi que ce soit imparfait. Il est parfait et procure la grâce divine et la vie éternelle à tous ceux qui s’unissent à Notre Seigneur dans son Sacrifice. Tout ce qui manque, c’est notre participation de tout cœur au Sacrifice de Notre Seigneur, le fait de prendre chaque jour notre croix et de le suivre. »

 

Le cardinal Burke a montré que Marie Corédemptrice entend nos prières pour les âmes

Ainsi la corédemption concerne chaque baptisé à son niveau :

« Tout comme la Bienheureuse Vierge Marie, Mère de Dieu, participe à l’œuvre de l’Incarnation rédemptrice d’une manière absolument unique, c’est-à-dire en concevant Dieu le Fils dans son sein immaculé sous l’ombre du Saint-Esprit, nous sommes appelés à être des collaborateurs du Christ dans la vérité. Chacun de nous, selon sa vocation et les dons particuliers avec lesquels Dieu l’a appelé à la vie, est appelé à coopérer avec la grâce divine et ainsi à rendre gloire à Dieu et à œuvrer pour le salut du monde. La Bienheureuse Vierge Marie est Corédemptrice, c’est-à-dire qu’elle participe à l’œuvre salvifique de Notre Seigneur d’une manière unique. Nous sommes, en vertu du baptême et de la confirmation, corédempteurs, c’est-à-dire que nous participons à l’œuvre salvifique de Notre Seigneur en sanctifiant la partie de sa vigne qu’Il a confiée à nos soins. »

Et de conclure :

« Comme nous l’enseigne le récit de la découverte de Notre-Seigneur au Temple, la Vierge Mère de Dieu a toujours gardé précieusement dans son cœur le mystère de l’Incarnation rédemptrice. Elle attire maternellement nos cœurs vers son Cœur Immaculé, afin que nous puissions les confier toujours plus parfaitement au Sacré-Cœur de Jésus, en gardant précieusement dans nos cœurs le grand mystère du Christ vivant en nous par la présence du Saint-Esprit. Ainsi, sous la protection maternelle de Notre-Dame, nous rendrons un témoignage puissant au Christ dans le monde, à sa vérité divine et à son amour divin, même au prix de l’indifférence, du ridicule, de l’incompréhension, de la persécution et de la mort. Ainsi, par la grâce de Dieu, par l’intercession de la Mère de Dieu, de saint Joseph, son époux très chaste, et de tous les saints, les maux du temps présent seront surmontés et le monde sera prêt à accueillir l’Epoux lors de Sa venue au Jour du Jugement dernier. »

 

Saint Pérégrin Laziosi, patron des cancéreux

Comme épilogue à sa conférence, le cardinal Burke a évoqué la figure de saint Pérégrin Laziosi, dont la relique a été vénérée à l’issue de l’événement. Ce moine servite du XIVe siècle fut sauvé par miracle de l’amputation de sa jambe atteinte par une « infection cancéreuse » : à la veille de l’opération, il s’endormit d’un sommeil profond au cours duquel il lui sembla voir Jésus descendre de la croix pour toucher sa jambe. Le lendemain, alors que le médecin s’apprêtait à pratiquer l’amputation, il ne trouva aucune trace du cancer.

Qualifiant le cancer de « peste noire de notre époque », le cardinal a commenté :

« Le fléau du cancer semble se propager de plus en plus à notre époque. Invoquons l’intercession de saint Pérégrin Laziosi, en vénérant la relique issue de ses os, en faveur des nombreuses personnes qui souffrent du cancer. Demandons à saint Pérégrin de nous protéger contre toutes les formes de cancer et de guider les médecins et autres professionnels de santé dans la prise en charge des victimes du cancer. Que notre vénération de la relique de saint Pérégrin Laziosi apporte de nombreuses bénédictions à ceux dont nous nous souvenons en vénérant sa relique. »

 

Jeanne Smits