Des milliers de chrétiens s’opposent à la messe noire sataniste dans le Kansas

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La leçon est belle. En ce vendredi de carême 28 mars, des milliers de chrétiens se sont retrouvés au Capitole de l’Etat du Kansas pour veiller et prier. Le groupe « Satanic Grotto » devait, en effet, réaliser une messe noire sur les marches de la rotonde, avec l’autorisation du gouverneur très démocrate Laura Kelly. Chapelets, chants et slogans ont couvert les vociférations, tandis que les deux églises à proximité se remplissaient de fidèles…

L’appel de Mgr Naumann que Jeanne Smits avait relayé, a été entendu et suivi. L’archevêque de Kansas City avait convoqué pour le jour J une heure d’adoration eucharistique, à l’issue de laquelle il a célébré une messe. Il avait également reconsacré le Kansas au Cœur Sacré de Jésus par le Cœur Immaculé de Marie, le 25 mars.

Un beau témoignage de foi, à l’heure où, même parmi les chrétiens, la présence vivante du Christ dans l’Eucharistie est souvent relativisée. Quand la foi est grande, elle n’est pas pusillanime : cet épisode s’est soldé par un début d’affrontement au sein même du Capitole, car le chef du groupe a fini par se faire prendre et son hostie, et son livre rituel avant de se faire arrêter…

 

La messe noire : un « acte méprisable de sectarisme anti-catholique »

Il faut dire que « Satanic Grotto », mené par Michael Stewart, entendait mener sa « Dédicace du Capitole à Satan », en réclamant la séparation de l’Eglise et de l’Etat et la fin du « favoritisme » envers les chrétiens. « Nous célébrerons des rites de la Messe noire et nous nous livrerons à des blasphèmes sacrilèges. Dieu tombera et le Kansas sera englouti par la flamme noire de Lucifer », pouvait-on lire sur sa page Facebook.

Le diocèse nourrissait de sérieux doutes quant aux espèces utilisées pour la messe noire annoncée, des vols ayant été commis au sein du diocèse. C’est ce qui a motivé l’archevêque catholique Joseph Naumann à poursuivre les dirigeants du groupe, le 14 mars, devant le tribunal, les accusant d’avoir eu recours à « vol, fraude, tromperie, appropriation illicite ou autre forme de détournement » pour obtenir l’hostie et le vin consacrés, selon The New York Post.

« Les hosties et le vin consacrés sont en réalité le corps, le sang, l’âme et la divinité de Jésus-Christ », peut-on lire dans le dossier de Naumann, expliquant que de tels objets sacrés ne pouvaient tomber entre les mains des satanistes que par une intention diabolique. Le sataniste Stewart a rétorqué, lui, qu’il les avait achetés en ligne…

L’affaire prenant tellement d’ampleur, les législateurs de l’Etat ont pris une décision mitigée : le projet a été confirmé au nom de la liberté d’expression garantie par le Premier Amendement, mais le gouverneur Laura Kelly a ordonné que le rituel ait lieu à l’extérieur du Capitole, parce que le projet restait « offensant » et « déplaisant ».

Autrement dit, une messe noire, à savoir une profanation de la Sainte Eucharistie aurait bien lieu, sur le terrain même d’un édifice public politique.

 

Au Kansas, des milliers de chrétiens se pressent pour défendre leur foi

Le mouvement de foi qui s’ensuivit toucha jusqu’au collège bénédictin d’Atchison, au Kansas, qui annonça qu’il consacrerait des Heures Saintes et des Rosaires pour réparer et convertir. La Société américaine pour la défense de la Tradition, de la Famille et de la Propriété (TFP) lança une pétition et organisa pour le jour même du blasphème, un rassemblement de prière devant le Capitole.

Ce vendredi 28 mars, des milliers de personnes avaient accouru de tout l’Etat pour faire barrage au scandale. Alors que les satanistes « injuriaient et blasphémaient sans relâche », les catholiques leur répliquaient « le Christ est Roi », récitant les quinze mystères du Saint Rosaire, selon TFP. Et dans les deux églises catholiques à proximité, une messe était célébrée dans une nef comble. Tandis que dans toutes les églises du Kansas, des heures d’adoration étaient organisées.

Comme l’écrit pour Breitbart l’avocat pro-vie Tommy Valentine, « la soi-disant messe noire s’est terminée dans un murmure… »

Alors que le chef sataniste tentait de profaner une hostie en la foulant aux pieds, un homme s’est jeté par terre et l’a consommée, avant de se mettre les poings sur la tête pour se protéger des coups violents qu’on lui donnait. Michael Stewart entra ensuite dans le Capitole pour dédier le bâtiment au diable, ce que la police lui avait interdit : un autre jeune homme s’empara du livret de rituel du sataniste qui, devenu violent, se fit aussitôt plaquer au sol et arrêter par la police.

Evidemment, les remarques ont fusé : était-ce seulement une hostie ? Etait-elle vraiment consacrée ? Le fait est qu’on ne peut pas toujours le savoir, et qu’en l’absence de certitude, la perspective de la profanation du Dieu vivant foulé aux pieds doit néanmoins balayer toutes les hésitations et pousser au geste avec ces mots : « Si Vous êtes présent, je Vous reçois et Vous adore… » Qu’on se permette de se demander quel catholique lambda, en France, se jetterait pour consommer à même le sol une hostie peut-être consacrée…

 

La culture de mort est sataniste

Encore une fois, les satanistes ne sont pas des athées qui valorisent l’émancipation de l’individu, comme ils se plaisent à le dire, surfant sur les idéologies progressistes qui occupent le devant de la scène. Ils sont juste foncièrement contre Dieu, incarnant le « Non Serviam » originel.

Et ce n’est pas pour rien qu’ils se focalisent tout particulièrement sur l’avortement. La Conférence catholique du Kansas l’a noté : le chef de « Satanic Grotto » avait déclaré qu’il annulerait l’événement blasphématoire si la conférence pro-vie cessait ses efforts pour faire adopter des politiques publiques respectueuses de la vie. « Ce n’est pas une coïncidence si ceux qui œuvrent pour le Malin détestent notre plaidoyer pour la vie », a déclaré le directeur de la Conférence.

Comme le rappelait Mgr Naumann, alors qu’il officiait dans l’église en face du Capitole, ils « présentent leur militantisme en faveur de l’avortement comme une religion factice afin de pouvoir prétendre que leurs droits religieux sont bafoués par toute tentative de protection des enfants à naître et de leurs mères ». Mais le satanisme est une anti-religion et ne veut voir le règne de cette culture de mort que parce qu’elle s’oppose rigoureusement au plan de Dieu. Singer l’Eglise avec ses rites et ses prêtres en œuvrant pour les objectifs rigoureusement inverses : tel est son ADN depuis l’origine.

Le gouverneur du Kansas, Laura Kelly, fervente partisane de l’avortement, devrait s’en persuader. Comme elle devrait se persuader qu’à l’inverse, la prière peut tout !

 

Clémentine Jallais