Michel Platini, l’un de nos meilleurs joueurs de football, l’a présidée naguère : l’UEFA, Union des associations européennes de football, est le « machin » qui administre ce sport en Europe et participe à la FIFA, la Fédération internationale de football association. Elle regroupe 55 associations nationales, organise des championnats, édicte les règlements. En somme c’est la police européenne du foot. Comme telle, elle vient de prendre deux sanctions aussi significatives que loufoques. La première condamne le LOSC, le Lille Olympique Sporting Club, à 17.500 euros d’amende pour une image de Jeanne d’Arc assortie de la phrase « French never die ». L’Etoile rouge de Belgrade a dû, de même, verser 40.000 euros à l’UEFA pour avoir affiché une icône du Christ et ce texte « Que notre foi nous conduise à la victoire ». Dans les deux cas l’UEFA a justifié l’amende par le terme « animation inappropriée ». Elle interdit le Christ et Jeanne d’Arc, impose son jugement moral et religieux au football, dont elle fait un instrument de gouvernement politique.
L’UEFA laisse le Christ et Jeanne d’Arc interdits
Ils parlent de « tifo ». En Italie, on nomme tifosi ceux que nous appelons supporteurs, les gens enthousiastes qui soutiennent un sportif ou un club – et le diminutif tifo désigne les « animations visuelles » auxquelles se livrent ces supporteurs durant un match. L’UEFA n’a pas aimé le tifo des Serbes déployant une gigantesque icône du Christ pendant un match contre Lille. Cela peut « porter atteinte à la réputation du football » ! L’histoire ne précise pas comment. Les Serbes jugent la chose un peu forte. De même, un peu plus tôt, l’UEFA n’avait-elle pas apprécié le tifo de Lille lors de la réception du club anglais Aston Villa le 12 mars. L’amende pour Jeanne d’Arc, son épée et la légende « les Français ne meurent jamais » a été elle aussi significative. Les deux clubs ont également été punis pour des jets de canette, de fumigènes, etc., et c’est normal. Mais en quoi Jeanne d’Arc et le Christ gênent-ils l’UEFA ? En quoi la concernent-ils ?
L’arc-en-ciel prend le pouvoir politique dans et par le sport
Si l’UEFA entend régir la vie morale, politique, religieuse, des tifosi, elle a de quoi faire. On aimerait par exemple que les « incidents » qui gâchent la plupart des grands matches de championnat d’Europe ou de Ligue des champions fassent l’objet d’une surveillance plus stricte. Que les commerces et les passants soient protégés des violences. Que les bandes de jeunes qui en profitent pour racketter les spectateurs soient condamnés. Mais rien de tel : l’UEFA n’est sensible qu’au Christ et à Jeanne d’Arc. Voilà maintenant plusieurs décennies qu’on a abandonné au sport le soin de porter un message politique (« antiraciste », « anti-homophobe », etc.) qui s’est manifesté par des laïus avant les matches de Coupe du monde ou par des genoux en terre contre ceci ou cela. Aujourd’hui, de dérive en dérive, l’arc-en-ciel a pris le pouvoir dans le sport et l’exerce à travers le sport.











