La Phrase : « Sur CNews le ministre Jean-Pierre Farandou parle de “fête du travail” au sujet du 1er mai, reprenant les mêmes éléments de langage que Pétain et Vichy »

CNews Farandou fête travail
 

Comme son camarade Raphaël Arnault, qui se compare à Missak Manouchian, le député insoumis Thomas Portes est un révolutionnaire de stricte obédience marxiste. Il reproche au ministre du Travail un vocabulaire vichyste et lui préfère la dénomination de fête internationale des droits des travailleurs. Il affirme dans un français directement transcrit du KAPITAL : « Le 1er mai comme jour férié a été gagné dans le sang par les travailleuses et travailleurs de ce pays. » En réalité, il n’a pas bien revu son cours d’histoire sociale. La première mention moderne d’une fête du travail figure dans le calendrier républicain lancé en 1793 par Fabre d’Eglantine, qui la fixait au troisième jour des sans-culottides. Saint Just la célébra le premier pluviôse, i.e. le 20 janvier. En 1889, à l’occasion des cent ans de la Révolution française, la deuxième Internationale socialiste se réunissait à Paris et, sur la proposition de Jules Guesde, patron du Parti ouvrier, fit du 1er mai 1889 une journée de manifestations internationale. Jules Guesde utilisa dès 1890 le terme « fête du travail ». En 1919, le Sénat bleu horizon ratifia l’un des principaux objectifs des luttes sociales, la journée de huit heures, et fit du Premier mai 1919 une journée chômée. Cependant, pour qu’une journée annuelle célébrant le travail et les travailleurs soit instituée, et chômée, il faudrait attendre, non le Front populaire, mais l’Etat Français. René Belin, syndicaliste communiste de la CGT déçu devenu ministre du Travail de Philippe Pétain, instituait par la loi du 24 avril le Premier mai « fête du travail et de la concorde sociale ». Quant au muguet, c’est une tradition des forts des Halles de porter un brin à l’Elysée le Premier mai. Thomas Porte a pourtant raison sur un point. Le ministre Farandou, qui n’a pas réussi à nous réconcilier avec la SNCF quand il la dirigeait, voudrait que le Premier mai soit une fête de la « réconciliation, de la concorde ». Comme à l’origine. A LFI, on est contre la collaboration des classes et la paix dans les entreprises. On veut la lutte, on veut du sang – et on y arrive, voyez le meurtre du jeune Deranque.