Des congrégations de sœurs attaquent New York sur le suicide assisté

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C’était inévitable et la France va avoir les yeux tournés vers New York car son propre avenir s’y joue sans doute : plusieurs congrégations de sœurs catholiques ont attaqué la ville de New York car la ville a fait passer une loi particulièrement sauvage et coercitive sur le suicide assisté. Un peu sur le modèle du texte mal fichu qui va être examiné par notre Conseil constitutionnel, les établissements catholiques ne peuvent faire valoir leur objection de conscience. Plusieurs institutions catholiques ont réagi sur le plan judiciaire et un premier procès va situer les enjeux et les forces dans de premier bas de fer.

 

Les sœurs défendent leur conscience et la vie

Quatre congrégations de bonnes sœurs et plusieurs responsables catholiques de la Santé attaquent la ville de New York à propos de sa loi sur le suicide assisté. L’affaire dite « des sœurs carmélites pour les personnes âgées et les infirmes contre James » est portée devant une cour fédérale, afin qu’elle interdise la loi avant qu’elle ne prenne effet, ce qui est prévu pour le cinq août. Selon le texte incriminé, les professionnels de santé qui refusent de participer au suicide assisté d’un patient en raison de leur foi encourent des amendes, des sanctions professionnelles et des peines pénales. Toutes se sentent meurtries dans leur « vocation », car elles ont toujours aidé les vieux à vivre « leurs derniers jours en paix ». En les soignant « comme si c’était le Christ lui-même ». Tous ont émis la ferme volonté de continuer leur mission « quoi qu’il en coûte ».

 

Quatre congrégations attaquent New York

Depuis toujours, ces professionnels s’interdisent d’administrer des médicaments létaux, d’orienter leurs patients pour s’en procurer, et de faciliter le suicide de quelque manière que ce soit. Or l’aide médicale à mourir de New York (New York’s Medical Aid in Dying Act, MAID) les y oblige désormais. En dépit de la loi fédérale qui interdit de discriminer les objecteurs de conscience, MAID leur donne le choix entre la sanction et la soumission. L’association Beckett qui regroupe les plaignants a saisi la cour pour faire cesser le scandale. Outre les Carmélites, elle représente les Dominicaines, les Bénédictines, les Petites Sœurs des Pauvres et l’évêque de Rockville Centre, John O. Barres.

 

Le suicide assisté, faute morale, crime anticonstitutionnel

Celui-ci s’est montré très ferme : « Nous ne nous soumettrons jamais à la culture de mort de New York. Le suicide assisté est une grave faute morale qui place les plus âgés, les handicapés, ceux qui soufflent de maladie mentale ou émotionnelle dans une situation où ils risquent la manipulation et les abus. Le Christ, notre divin médecin, nous dit d’accompagner les malades et les mourants avec compassion, de ne pas les abandonner à la mort. La Cour devrait protéger cette mission millénaire. » Le principal avocat de Beckett, qui en est aussi le président, Mark Rienzi, est à cet égard optimiste. Pour lui la loi de New York enrôle les nonnes dans « le culte du suicide sous peine d’amendes écrasantes et de ruine professionnelle. C’est à la fois déraisonnable et inconstitutionnel. Nous avons confiance, la cour fédérale va y mettre le holà ».

 

Pauline Mille